‹ Leçons sur les maladies du système nerveux v. 1, 1877Chapitre 39 sur 162 · ZONA LIÉ AUX LÉSIONS DE L'ENCÉPHALE · texte numérisé non relu

ZONA LIÉ AUX LÉSIONS DE L'ENCÉPHALE

lysie motrice était survenue à peu près en même temps que l'éruption et se dissipa en même temps qu'elle (1). Chez un enfant observé par le docteur Payne, le zona, qui répondait au trajet des branches superficielles du nerf crural antérieur, se manifesta trois jours après le développement d'une hémiplégie occupant le môme côté du corps que l'éruption (2). Ces faits, qu'on pourrait multiplier, sont, sans aucun doute, fort dignes d'intérêt ; malheureusement, ils n'ont été relatés que d'une façon très-sommaire, et il faut se garder, je crois, d'en tirer des déductions qui seraient peut-être prématurées. Je puis citer, en effet, un cas à beaucoup d'égards analogue aux précédents, que j'ai observé récemment à la Salpétrière, et dans lequel le zona reconnaissait très-vraisemblablement pour cause l'irritation d'un nerf périphérique. L'éruption vésiculeuse siégeait, cette fois encore, au membre inférieur du côté paralysé, où elle suivait la distribution des rameaux superficiels de la'branche cutanée péronière. Elle s'était déclarée d'ailleurs en même temps que l'hémiplégie, et celle-ci, dont le début avait été brusque, se rattachait à la formation, dans l'un des hémisphères cérébraux, d'un foyer de ramollissement, déterminé lui-même par l'oblitération embolique d'une artère cérébrale postérieure. Quant au zona, voici, je pense, suivant quel mécanisme il s'était produit : un rameau artériel spinal (3), issu, sans doute, d'une des artères sacrées latérales, fut trouvé, à l'autopsie, obstrué par un caillot sanguin, et formant un cordon relativement volumineux, accolé à l'une des racines spinales postérieures de la queue de cheval. Il est probable qu'à son passage à travers le trou sacré, cette artériole, distendue à l'excès par le thrombus,

(1) Journal ofcut. med., etc., 69, Erasmus Wilson, 1808, octobre.

(2) Britithmed. Journal, August., 1871.

(3) Un ges rami medulla spinales. Voir R. Ruiinger. — Arterienterztceigvng, indtm Wirbelkanal, etc., in Verbreitnng des symjjathicus, p. 2. Munchen, 1863.

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avait Comprimé soit le ganglion spinal, soit Uîiê bfaACltè d'origine du nerf sciâtique, de manière à en déterminer l'irritation. — Une ulcération végétante, qui siégeait sut Tune des valvules sigmoïdes de l'aorte, parait avoir été le point de départ de tous les accidents que nous vêtions de signaler (1).

(l) Voici d'ailleurs les principaux détails de cette observation, qui offre un bel exemple d'endocardite ulcéreuse, avec embolies multiples et état typhoïde. — Le nommé Lacer..., âgé de 22 ans, soldat, fut admis le 28 décembre 1870, à l'ambulance de la Salpétrière (service des fiévreux). — Il était en proie, paraît-il, à une fièvre intense depuis deux ou trois jours. ■=— Le jour de l'admission, on nota ce qui suit : céphalalgie vive, douleurs de feins, diarrhée. Lé malade ne peut ingérer la moindre quantité de liquide sans êtffc pris de nausées et de vomissements. Peau chaude, pouls trèe-frêqtnrat. On crut qu'il s'agissait là d'une fièvre typhoïde. — Pendant la nuit, délire bruyant. — Le lendemain 29, on constata l'existence d'une hémiplégie à peu près complète du côté gauche. Il n'y a pas de rigidité dans les membres paralysés; paralysie faciale incomplète, également du côté gauche. *- Les yeux sont constamment dirigés vers la droite, et il y a du nystagmus» Pouls 120, temp. rect. 40°, 5. — Sur la poitrine, les avant-bras, les cuisses, la peau présente un grand nombre de petites ecchymoses assez semblables à des piqûres de puces ; — respiration fréquente, râles sibilante dans k poitrine . Ventre ballonné. — Sur la face antéro-externe de la jambe gauche, paralysée, il existe une éruption de zona qui répond exactement à la distribution des rameaux superficiels de la branche cutanée péronière et du nerf musculo-cutané. Un premier groupe de vésicules se voit au-dessus et au-dessous de la rotule; un autre groupe plus nombreux est disposé suivant une ligne verticale qui descend jusqu'au niveau du tiers moyen de la jambe. Un troisième groupe siège au cou-de-pied, en avant et en dedans de la malléole externe. — L'éruption est assez développée. On note qu'il en existait déjà quelques légères traces la veille, c'est-à-dire dès avant le début de l'hémiplégie. — Le 30, l'éruption est en pleine efïïorescence. — ■ Le malade suecombe à quatre heures de l'après-midi.

Autopsie. Une des valvules sigmoïdes de l'aorte est ulcérée et couverte de végétations d'apparence fibrineuse, molles, rougefttreS. Les ganglions dti mésentère sont un peu rouges et tuméfiés, mais il n'existe pas trace d'ulcérations ou d'éruptions dothiénentériques dans l'intestin grêle non plus que dans le gros intestin. — Ecchymoses nombreuses sur les plèvres viscérale et pariétale, le péricarde, le péritoine. La rate et les reins offrent des infarctus à divers degrés de développement. — Hémisphère cérébral du côté droit : sur plusieurs points du lobe occipital, la pie-mère, vivement injectée, présente de larges suffissions sanguines. Le lobe lui-môme est ramolli ft peu près dans toute son étendue ; la substance cérébrale présente la une teinte grisâtre et, en un point, on rencontre au milieu des parties ramollies un épanchement sanguin du volume d'une amande. — L'artère cérébrale postérieure

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On volt que, dans ce caa, la coexistence de l'hémiplégie et de l'éruption vésiculeuse résultait, jusqu'à un certain point, d'une coïncidence forfuite. Quoi qu'il en soit, à défaut du zona, il est d'autres troubles trophiques de la peau, dont l'existence peut être rattachée quelquefois à l'influence d*ttîie lésion encéphalique. C'est un fait qui, je l'espère du moins, sera bientôt mis hors de doute.

Ëschares à détieloppernent rapide : Decubitus actrtus. J'abandonne rapidement les éruptions de l'ataxie locomotrice, qui n'offirent, en somme, qu'un intérêt de second ordre, pour attirer votre attention d'une façon toute spéciale sur une autre affection de la peau, à laquelle revient un rôle très-important dans l'histoire clinique d'un bon nombre de maladies du cerveau et de la moelle épinière.

L'affection cutanée dont je vais vous entretenir, se montre, à l'origine, sous la forme d'une plaque érythémateuse, sur laquelle se développent rapidement des vésicules ou des bulles; elle aboutit fréquemment très-vite à la mortification du derme et des parties sous-jacentes.

fille occupe le siège, le plus habituellement; mais elle peut se développer aussi à peu près indifféremment sur

du même côté est complètement oblitérée par un thrombus. — La moelle éjpimèfe durcie par l'acide chromique et eiaminée à l'aide de coupes minces, dans ses diverses régions, ne présente aucune altération appréciable. — A la queue de cheval, du côté gauche, on trouve accolée à l une des racines spinales postérieures qui donnent origine au plexus sacré, une artériole (rameau spinal, branche de l'artère sacrée latérale), distendue par un caillot sanguin. L'artère oblitérée, dont le volume égale celui dune plume de corbeau, peut être suivie depuis le point où la racine a été coupée, non loin du troa sacré correspondant, jusqu'à la moelle; sur celle-ci, elle peut être suivie encore dans toute l'étendue du rentlement lombaire, où elle remonte le long du sillon médian postérieur, contrairement à la disposition que présente habituellement le plexus artériel spinal postérieur.

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toutes les parties du tronc ou des membres soumis dans le décubitus à une pression quelque peu durable. Une pression des plus légères et de très-courte durée suffit môme pour la faire apparaître dans certains cas. Enfin, il est d'autres cas encore, à la vérité très-exceptionnels, où elle paraît se produire sans l'intervention de la moindre pression ou de toute autre cause occasionnelle du môme genre (1).

C'est là une affection bien différente de toutes les éruptions, d'ailleurs très-variées, que l'on observe si communément au siège, chez les sujets qui, par le fait des maladies les plus diverses, sont condamnés à séjourner au lit pendant un temps très-long. Ces éruptions, tantôt érythémateuses, lickénoïdes. tantôt pustuleuses, ulcéreuses, tantôt papuleuses, ressemblant à s'y méprendre à des plaques muqueuses, sont en général occasionnées par le contact répété et prolongé de substances irritantes telles que les urines ou les matières fécales. Elles peuvent, de même que le déculntus aigu, devenir le point de départ de véritables eschares ; mais ce dernier se sépare nettement des premières par des caractères importants qui sont : en premier lieu, l'apparition, peu de temps après le début de la maladie primitive ou à la suite d'une brusque exacerbation, et, en second lieu, une évolution très-rapide.

En raison de l'intérêt tout particulier qui s'y rattache, l'affection dont il s'agit mérite certainement d'être désignée par une dénomination propre. L'un des rares auteurs qui en aient fait une étude spéciale, M. Samuel, a proposé pour la caractériser, le nom de decubitns acutus, ou autrement dit, eschare à formation rapide (2). Il veut la distinguer ainsi du decubitus chronicus, c'est-à-dire de la nécrose

(0 Brown-Séquard. — Lectures on the central nervous System. PhiUdelp.» 1868, p. 248. — Couyba. — Des troubles tropkiques, etc. Thèse de Paris, 1871, p. 43.

(2) Décubitus. . . . Eschare [Ail. Wundliegen] qui se forme au sacrum et ailleurs, etc. . . . Littré et Robin, Dictionnaire, Paris, 1865.

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