‹ Lecons sur les maladies mentales (volume 2)Chapitre 113 sur 201 · DES FOLIES SYMPATHIQUES. — DES FOLIES GÉNITALES · texte numérisé non relu

DES FOLIES SYMPATHIQUES. — DES FOLIES GÉNITALES

Sommaire. — Corrélation entre le fonctionnement intellectuel et l'état des divers organes. — Influence de la puberté. — Ilébéplirénie. — Influence de l'onanisme et des pertes séminales. — Phénomènes intellectuels chez les masturbaleurs. — Paresse. — Torpeur cérébrale. — Etat d'exaltation et de dépression. — Exaltation morbide du moi. — Démence.

Influence des excès vénériens. — Influence de la continence longtemps prolongée. — Influence des troubles de la menstruation. — Folie périodique. — Influence de la ménopause. — Influence des maladies utérines.

Folie puerpérale. — Quatre formes. — Folie puerpérale proprement dite. Manie puerpérale. — Mélancolie puerpérale. — Troubles physiques. — Folie de la grossesse. — Folie de l'accouchement. — Délire de la la lactation.— Anatomie pathologique. — Traitement. — Etiologie. — Hérédité.

Messieurs,

La doctrine des sympathies est aussi ancienne que la médecine. Les liens intimes qui relient entre eux des viscères souvent fort éloignés et qui les rendent pour ainsi dire réciproquement solidaires, ont été connus et commentés depuis la i)lus haute antiquité; et, do uds joiu's, la théorie des actions réflexes est venue doinier une explication i)lausihlc de ce qui n'était jusqu'alors qu'un fait d'ohservation.

Le chapitre des sympathies est donc l'un des plus importants en pathologie, et les maladies mentales ne font

point exception à cette règle. L'encéphale est de tous les organes celui que les liens les plus intimes unissent aux autres parties du corps. Aussi le travail de la pensée est-il constamment influencé par l'état de santé ou de maladie de nos viscères. L'influence du cerveau sur l'estomac et réciproquement de l'estomac sur le cerveau en offre un exemple familier, et l'immortel ouvrage de Cabanis n'est, en réalité, qu'une longue paraphrase de cette donnée primitive; car, en parlant des rapports du physique et du moral, il entendait évidemment signaler les corrélations entre le fonctionnement intellectuel et le mouvement organique de la vie. Ainsi donc, la doctrine des folies sympathiques n'offre en principe aucune nouveauté. Nous trouvons dans les anciens auteurs de nombreuses observations qui se rapportent à l'influence qu'exercent les diverses maladies de nos organes sur les dérangements de l'esprit. Mais c'est seulement vers la première moitié de notre siècle, à l'occasion des débats soulevés par l'école psychologique allemande, que l'importance des folies sympathiques a été vraiment mise en lumière. Fortement préoccupés de la nécessité d'opposer des arguments positifs aux idées des spiritualistes qui refusaient au corps toute influence sur les maladies de l'esprit, les partisans de l'école somatiquc et surtout Jacobi et Schrôder van der Kolk ont cherché, dans les viscères, les lésions qui leur faisaient défaut dans l'encéphale, et c'est ainsi que de longues et patientes recherches ont créé un trésor de faits qui ont été résumés dans l'excellente thèse de M. Ch. Loiseau.

Parmi les folies dites sympathiques, il en est qui, comme la folie cardiaque, paraissent influer principalement sur la sirculation de l'encéphale. Il en est d'autres qui, comme la folie des phthisiques, peuvent être rapportées à l'in-

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