‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 3)Chapitre 100 sur 275 · DU DÉLIRE AIGU · texte numérisé non relu

DU DÉLIRE AIGU

Sommaire. — Délire aigu , manie suraiguë. — Le délire aigu peut éclater dans le cours de diverses affections aiguës : pneumonie, fièvre typhoïde, typhus pétéchial, état puerpéral. — Il peut être provoqué par le rhumatisme, la goutte, l'abus de l'alcool, de l'opium; par des maladies cérébrales ou spinales. — Délire nerveux des opérés.

Le délire aigu peut éclater en dehors de toute autre maladie. — Ses causes. — Causes prédisposantes. — Causes physiques. — Causes morales.

Symptômes. — Période d'invasion. -— Insomnie. — Perte d'appétit. — Amaigrissement.

Période d'état. —Agitation des plus intenses. — Hallucinations presque toujours terrifiantes.

Troubles de la motilité. — Embarras de la parole. — Exagération des réflexes. — Paralysie des mouvements. — Sitophobie. — Hydrophobio.

Période de dépression. — Somnolence. — Mussitation. — Fuliginosités. — Pétéchies. — Extases. — Phénomènes congestifs. — Altération de la physionomie.

Terminaisons. — Mort ouguérison. — Dans ce dernier cas, récidives fréquentes. — Lésions anatomiques. — Pronostic et traitement.

Messieurs,

C'est à la description de la manie et de l'excitation maniaque que nous avons consacré les leçons précédentes, et nous sommes amené, pour compléter la série, à nous occuper d'une question qui présente avec celles que nous avons étudiées les rapports les plus intimes ; nous voulons parler du délire aigu (1).

(1) Dans l'état actuel de nos connaissances, le délire aigu doit être

304 DES l'-ORMES DU DÉLIRE.

Messieurs, il existe un état des plus violents, un état qui s'accompagne d'un appareil symptomatique des plus graves, et qui présente avec la manie des analogies tellement manifestes, qu'il a été considéré par M. Baillarger comme une manie suraiguë. C'est qu'en effet les troubles intellectuels constituent sinon la totalité, du moins la partie la plus apparente de cet ensemble morbide ; et cependant il n'est pas douteux que bien souvent il échappe au cadre trop étroit des psychoses pour traverser la frontière de l'aliénation mentale et rentrer dans le domaine de la pathologie ordinaire. C'est là, certainement, une des principales difficultés de la question ; c'est assurément l'une des conditions qui ont le plus contribué à l'obscurcir.

On a vu des malades entrer à l'hôpital avec tous les caractères d'une manie des plus prononcées et des plus furieuses, à tel point qu'on songeait à les transférer dans un asile d'aliénés, lorsque bientôt un examen plus a tentif a fait découvrir une pneumonie. Grisolle cite des faits de ce genre dans son Traité de la 'pneumonie ; vous en trouverez également dans deux thèses sur le délire aigu dans cette affection, soutenues par MM. Judée et Moreau.

Il est intéressant de citer la pneumonie, parce qu'elle passe, à tort peut-être, pour le type le plus franc d'une affection organique. Il est curieux de voir une lésion aussi grossièrement matérielle donner lieu à un complexus symptomatique qui rentre, par certains côtés, dans le cadre de l'aliénation mentale.

considéré comme une véritable maladie, comportant des lésions anatomiques bien définies. La place de cet article serait donc ailleurs, car il ne s'agit plus ici d'un état général, tel que la manie et la mélancolie; mais c'est pour nous conformer à l'usage généralement reçu que nous plaçons la description du délire aigu à la suite de la manie et de l'excitation maniaque.

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