‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 3)Chapitre 141 sur 275 · ÉTAT MENTAL DES ÉPILEPTIQUES. SOS · texte numérisé non relu

ÉTAT MENTAL DES ÉPILEPTIQUES. SOS

Nous avons difque la série des phénomènes physiques commençait par l'aura. C'est une sensation étrange que les malades comparent habituellement à un vent froid qui remonterait d'un point déterminé de la périphérie (point de départ) vers le centre. D'autres fois ce sont des fourmillements, des picotements, des brûlures, des sensations viscérales, la nausée par exemple. Enfin, l'aura est souvent accompagnée ou remplacée par des hallucinations. Celles de la vue sont les plus communes. Tel malade aperçoit au moment de l'accès une roue dentée au milieu de laquelle se dresse une figure grimaçante. Tel autre voit une série de paysages riants au moment oii l'attaque va commencer. Chez certains sujets, c'est l'ouïe qui est compromise, ce sont des voix, des bruits étranges qui se font entendre... D'autres malades enfin sont avertis par l'odorat que leur accès va commencer. Je connais un Anglais, depuis longtemps épileptique, chez qui les accès sont toujours précédés par la sensation d'une odeur infecte et que le malade ne peut comparer à rien. C'est une odeur sui generis ; c'est véritablement V odeur d'épilepsie (1).

Il est des sujets chez qui les troubles sensoriels sont remplacés par des troubles locomoteurs. Tel malade, au moment où l'accès commence, court rapidement pendant trente ou quarante pas, puis tombe à terre et s'agite convulsivement. Tel autre va tourner en rond pendant quelques instants, avant le début de l'accès.

Or, ces phénomènes si curieux et si divers'peuvent tous être remplacés par desphénomènes intellectuels. En d'autres termes, s'il existe des prodromes physiques, il en est aussi de psychologiques.

(1) Ce phénomène a été déjà signalé par plusieurs observateurs.

Certains malades deviennent tristes, irritables et querelleurs, quelque temps avant l'explosion de l'accès ou pendant les derniers instants qui le précèdent. C'est une véritable aura intellectuelle. D'autres, au contraire, quelques instants avant d'être frappés, se montrent gais, satisfaits, contents d'eux-mêmes, expansifs et loquaces. D'autres sont déprimés, prostrés, ils s'expriment difficilement; il leur est impossible de penser ; ils éprouvent de l'inquiétude et une perte évidente de la mémoire. 11 est enfin des sujets chez qui de véritables troubles intellectuels se développent avant l'attaque. Ils ont des idées fixes, des conceptions délirantes; ils sont poursuivis par de tristes souvenirs qu'il leur est impossible de maîtriser.

M. Billod rapporte un cas où des accès convulsifs ont été précédés pendant trois jours par une crise de manie aiguë.

On voit quelquefois le sujet, avant de tomber en convulsions, s'agiter avec fureur ; il crie, il vocifère souvent, il prononce avec persistance un mot, un nom, une phrase. Une femme que j'ai vue dans le service de M. Moreau, de Tours, était devenue épileptiqueà la suite d'une émotion vive ; un habitant de son village, qui s'appelait Jean-Louis Philippe, avait assassiné sa femme. Notre malade avait vu le cadavre, et la frayeur qu'elle avait éprouvée avait immédiatement déterminé une crise d'épilepsie, point de départ de sa maladie. Or, toutes les fois qu'une attaque allait se déclarer, elle s'écriait avec un accent d'horreur : «Jean-Louis Philippe ! Jean-Louis Philippe ! Jean-Louis Philippe 1 II a tué sa femme, le bourreau ! » Ce dernier mot était prononcé avec plus d'expression que les autres. Aussitôt après, les convulsions éclataient.

Mais, si le délire peut se montrer avant l'attaque, c'est surtout après l'accès qu'on voit éclater la folie. C'est au

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sortir d'un accès conviilsif que l'épileptique présente les troubles intellectuels les plus marqués. Le fait le plus ordinaire est une hébétude prononcée avec torpeur cérébrale, perte de la mémoire et confusion des idées. Cet état se prolonge quelquefois pendant un jour ou deux. Le plus souvent il se dissipe au bout de quelques heures. Ces troubles rudimentaires peuvent être remplacés par an état de délire qui presque toujours est un délire d'action. Le malade commet, à ce moment, des actes insensés et souvent ridicules. Marcé rapporte l'observation d'une femme qui, au sortir de ses accès, cousait en paquet les draps de son lit, en répétant le mot coche.

C'est surtout à ce moment qu'on voit éclater la fureur épileptique qui, dans son épouvantable gravité, peut ne durer que quelques instants ; mais, pendant ce court espace de temps, on voit souvent se produire le suicide, le meurtre et l'incendie.

On peut citer comme type l'observation rapportée par M. Jules Falret et qui est extraite de la Gazette des tribunaux (1) :

a François L..., vingt ans, cordonnier, était, depuis un grand nombre d'années, sujet à des attaques d'épilepsie. Elle avait commencé par suite d'une chute sur la glace. Les accès, qui d'abord n'étaient suivis que d'une très légère altération de la raison, devinrent plus sérieux et furent accompagnés d'une manie furieuse.

« Il avait servi dans le 5" régiment d'infanterie légère, de 1838 à 1841, et, lorsqu'il sortit du service, il reprit son commerce. Lorsqu'il avait des attaques pendant cette pé-

(1) Jules Falret, Archives générales de médecine 1861, t. p. 466. Extrait de la Cffùef^e des inÔMnaux, 7 janvier 1843.

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riode, il saisissait son marteau, son couteau ou tout autre instrument qu'il avait sous la main, et le brandissait d'une manière menaçante, de façon à s'attirer les railleries de ses camarades.

«Lorsqu'il fut hors du service, il retourna chez lui et se décida à se marier. La cérémonie avec sa fiancée fut fixée au 26 octobre 1841. Le 24, un mal de tête très intense survint et lui parut à lui-même un indice de l'imminence d'une attaque. Il appela un médecin qui l'avait traité anciennement pour cette maladie et lui demanda de le saigner, opération qui lui avait toujours procuré du soulagement. Le médecin refusa, par le motif que ce remède ne devait pas être trop souvent employé. Le 26, quelques heures avant le mariage, il fut saigné par un autre médecin, mais sans aucune diminution de la douleur. Pendant la cérémonie civile et religieuse du mariage, L... était abattu, taciturne ; il ne dit rien en dehors du simple oui. En quittant l'église, il fut saisi d'une douleur atroce de la tête ; elle fut tellement excessive, que, dans la maison de son beau-père, il fut obligé de se mettre au lit. La chambre dans laquelle il se trouvait était voisine de celle où l'on préparait le repas de noce. Là, il fut saisi d'un accès d'épilepsie furieuse, et, tandis que les personnes qui étaient avec lui allaient chercher des cordes pour l'attacher, il se précipita tout nu dans la salle à manger, avec une pelle dont il s'était emparé, poursuivit une femme qui s'enfuit, 'et la renversa parterre, en lui frappant un coup sur la tête. Son beau-père s'interposa ; mais, ainsi que les autres, il fut chassé. Le malade se mit alors^^à terre devant la porte, rongeant la pierre avec ses dents ; enfin il se leva avec un couteau de cordonnier à la main ; il ouvrit la porte de force, s'écriant qu'il voulait les tuer. La première personne qu'il rencontra fut son

beau-père, qu'il tua à l'instant. Cette attaque continuapendant trois jours. Le 28, la raison revient, mais le malade paraissait seulement se rappeler le moment du mariage, et rien de ce qui suivit. Il supposait qu'il avait dormi pendant tout ce temps. Il fut bientôt transporté dans l'asile de Glermont, oîi il se trouve encore. Dans ces conditions, le tuteur de S... s'adressa à la Cour pour obtenir la déclaration de nullité du mariage, par la raison que cet épileptique n'était pas complètement sain d'esprit au moment de la cérémonie, et par conséquent n'était pas apte à donner son consentement. La Cour prononça la nullité du mariage. »

Si nous avons rapporté ce fait, c'est d'abord parce qu'il offre un vrai type de fureur épileptique. C'est ensuite parce qu'il présente un exemple évident de la perte absolue de la mémoire au sortir de l'accès. Ce phénomène n'est pas absolument constant ; il est des sujets qui conservent un souvenir confus de ce qui s'est passé, et Tuke en cite un exemple frappant. Un malade, qui avait grossièrement insulté son médecin pendant un accès de folie épileptique, lui demanda pardon le lendemain de ce qu'il avait fait, en alléguant pour s'excuser le trouble apporté par la maladie dans ses fonctions intellectuelles.

Nous avons dit que le délire peut éclater, soit avant, soit après l'attaque épileptique. M. Billod, cité par M. Falret, rapporte une observation dans laquelle les accès d'épilepsie étaient toujours précédés d'un état mélancolique et suivis d'un état maniaque.

Un ecclésiastique, âgé de cinquante-quatre ans, était épileptique depuis près de vingt ans. Il présentait tous les mois une période marquée par deux ou trois accès épileptiques complets. Chacune de ces périodes était précédée, pen-

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dant huit à dix jours, d'un délire mélancolique, caractérisé surtout par des idées de persécution et par des hallucinations de l'ouïe qui lui faisaient entendre les propos les plus outrageants pour la religion. Mais, à la suite des acci^ dents convulsifs, après quelques jours d'hébétude, il entrait dans une phase de bien-être et de satisfaction indicible; il parlait sans cesse de saguérison, dont il tenait à annoncer l'heureuse nouvelle à son évêque et à sa famille; il voyait diminuer l'intensité de ses hallucinations auditives et pouvait se livrer à ses exercices habituels de piété. Cette période de bien-être durait environ quinze jours ; puis survenait une crise de mélancolie, enfin une nouvelle période convulsive.

Nous allons maintenant étudier les caractères propres du délire épileptique, sans nous préoccuper des relations qu'il présente avec l'état convulsif. On peut admettre, avec M. J. Falret, deux grandes formes de délire épileptique; il leur donne le nom de petit mal et de grand mal intellectuel.

Le petit mal est caractérisé surtout par une grande confusion des idées, par une sorte d'hébétude et une prédominance des mauvais instincts, traversée de temps en temps par des impulsions irrésistibles. Souvent les malades ont une conscience obscure de leur état, sans être pour cela véritablement plus lucides. Ils disent que le mauvais esprit les domine, qu'ils ne sont plus eux-mêmes ; ils éprouvent une grande difficulté à réunir leurs idées et à fixer leur attention ; ils sont en proie à un profond malaise et sont absolument incapables de résister à leurs instincts.

Pinel rapporte l'observation d'une jeune fille qui, dès l'âge de quatre ans, avait des accès d'épilepsie. A l'âge de dix-sept ans, elle entra au service d'un paysan. Ce fut une triste acquisition pour son maître, car elle mit le feu à la

maison deux fois ; mais, la seconde fois, elle donna l'alarme elle-même, ptiis essaya de se pendre. Interrogée sur les motifs de son acte, elle ne put en donner aucun. «J'avais quelque chose en moi, disait-elle, qui me poussait sans cesse à mettre le feu, puis à me détruire. »

Chez certains sujets, il existe au contraire une perte absolue de conscience. Le malade se réveille brusquement et s'étonne le premier de ses propres actions. M. Legrand du Saulle a observé un cas assez curieux de kleptomanie : il s'agit d'un homme qui, trois ou quatre fois par an, éprouvait à l'estomac une sensation étrange, qui se transformait bientôt en une vapeur qui lui montait à la tête. A ce moment, il perdait l'esprit, commettait des vols nombreux, puis se réveillait en prison ; il était tout étonné de voir sortir de ses poches, quand on le fouillait, une quantité d'objets volés dont il lui était impossible d'indiquer la provenance.

D'autres sujets sont pris en pareil cas de la manie des voyages et font, sans savoir pourquoi, des excursions lointaines et prolongées.

Chez plusieurs de ces épileptiques, on voit naître une sorte de délire des persécutions : ils se disent très malheureux; ils ont des ennemis partout; ils sont méchants et rancuniers ; enfin ils subissent des impulsions subites qui les poussent au meurtre, à l'incendie ou au suicide. Une fois lancés, ils agissent avec détermination , frappent à coups redoublés et font plusieurs victimes. C'est là, suivant M. Falret, un trait caractéristique qui peut avoir une véritable importance au point de vue de la médecine légale.

Une fois le crime commis, le malade éprouve souvent une détente : l'état d'oppression intellectuelle oii il se trouvait auparavant s'évanouit tout à coup et il se trouve comme dégrisé ; mais, s'il éprouve à cet égard un grand soulage-

ment, il est stupéfait en présence de l'acte qu'il vient de commettre.

D'autres fois, au contraire, après une action violente, le trouble continue, et le malade court çà et là, sans se rendre compte de ce qu'il vient de faire.

Notons enfin que, comme le fait observer M. Falret, cette forme de délire atteint surtout déjeunes sujets âgés à peine de dix-huit ou vingt ans.

Le grand mal intellectuel on fureur épileptique ressemble la manie aiguë ; mais il est caractérisé surtout par des idées confuses se succédant avec une rapidité extrême et une violence inouïe.

Aussi, le malade s'abandonne-t-il souvent à une loquacité intarissable qui accompagne les actes de violence.

L'un des principaux caractères de ce genre de manie est son invasion brusque, imprévue, et le plus souvent sans prodromes. Quelquefois cependant, le malade donne quelque temps auparavant des signes d'irritabilité.

Un deuxième caractère, et des plus importants, c'est la ressemblance absolue de tous les accès chez le même individu, ressemblance qui s'applique non seulement à l'ensemble, mais aux moindres détails de la crise. Le malade perçoit les mêmes hallucinations, est dominé par les mêmes idées, profère les mêmes paroles, souvent bizarres ou niaises (nous en avons déjà donné des exemples), et se livre aux mêmes violences, de telle sorte que chaque accès semble être la photographie exacte du premier.

Le troisième caractère est la violence extrême de l'accès. La fureur des épileptiques en fait les plus dangereux de tous les malades, et cela surtout quand leur tranquillité apparente a désarmé l'attention de ceux qui les entourent. Qui ne connaît le cas de Godefroy, frappé au cœur par un

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épileptique tranquille avec lequel il s'entretenait paisiblement ?

Un quatrième caractère est la conservation d'une certaine logique dans les idées. Ces malades sont moins incohérents que les maniaques et peuvent quelquefois répondre assez correctement aux questions qui leur sont adressées.

La durée des accès de grand mal intellectuel est en général courte, elle ne dépasse pas habituellement quelques jours : leur cessation est brusque ; le malade se réveille en quelque sorte d'un rêve pénible et revient en quelques heures à la santé ; presque toujours, il a perdu complètement le sentiment de ce qui s'est passé.

Gomme le fait observer M. Falret, il existe entre ces deux formes des rapports étroits ; elles peuvent alterner et se succéder chez le même malade, absolument comme le vertige épileptique et les accès convulsifs.

Mais ce qui est important à noter, c'est que le délire épileptique se produit volontiers après une série d'attaques qui se manifestent après une longue suspension delà maladie. On dirait presque une décharge électrique succédant à une accumulation prolongée de fluide.

11 nous reste à parler de la folie épileptique en dehors des accès. Nous avons surtout envisagé le déhre dans ses rapports avec les crises convulsives, mais il faut savoir qu'il se produit quelquefois longtemps après toute manifestation de ce genre, et lorsque le malade pouvait se croire guéri. Il est surtout une forme d'épilepsie larvée qui mérite de fixer l'attention au point de vue médico-légal : c'est le délire impulsif, qui éclate quelquefois longtemps avant toute attaque d'épilepsie. Nous citerons comme exemple le cas de Thouviot, cet assassin célèbre sur lequel M. Lasègue a pu-

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blié dans les Archives une étude si remarquable. Ce jeune homme, poussé par une impulsion homicide, avait erré pendant plusieurs jours dans les rues de Paris, cherchant à tuer une femme. 11 finit par entrer dans un petit restaurant de la rue Gujas, où il trouva une jeune fille en train d'éplucher des légumes. Saisissant un grand couteau à fromage, il le lui plongea dans le cœur. Après une expertise médico-légale, il fut considéré comme aliéné et transféré à la sûreté de Bicêtre, oîi nous avons eu l'occasion de le voir. Il était alors parfaitement tranquille et réclamait avec insistance sa mise en liberté ; mais, pendant le cours de sa détention, il eut deux attaques d'épilepsie, phénomène qui se produisait pour la première fois dans son histoire et qui éclairait d'une vive lumière les causes du meurtre insensé qu'il avait commis. Il finit par se pendre aux barreaux de sa fenêtre, après avoir longtemps et vainement sollicité sa libération.

Mais ce qui est encore plus important au point de vue théorique et pratique, c'est que le délire peut se transformer en épilepsie. Les crises convulsives peuvent remplacer les troubles intellectuels et s'y substituer complètement. Par contre, l'épilepsie peut à son tour se transformer en délire. Esquirol en rapporte une observation que nous avons déjà citée (p. 51).

En dehors de l'aliénation mentale, les épileptiques ont souvent un caractère des plus vicieux. Ils ont quelquefois un penchant marqué à l'alcoolisme et aux excès vénériens. On rencontre parmi eux des dipsomanes ; enfin plus d'un épileptique qui n'a jamais été fou se conduit avec une brutalité révoltante envers sa femme, ses enfants, ses camarades, et s'abandonne à des colères furibondes, pour les lïjotifsles plus futiles.

Voilà pourquoi, quand un crime est commis par un épileptique qui n'a jamais offert aucun signe d'aliénation mentale, le médecin légiste peut se demander avec raison si le criminel est responsable. En effet, on peut toujours supposer que l'acte incriminé n'a été que la première manifestation d'une folie qui débute, ou le fruit de ce caractère impulsif, brutal et imparfaitement équilibré qui, chez plus d'un épileptique, diminue sensiblement la liberté morale.

Le pronostic de l'épilepsie, au point de vue mental, est incontestablement des plus sombres. Aliénés ou non, ces malades s'acheminent plus ou moins rapidement vers la démence; ils commencent par perdre la mémoire, puis leur portée intellectuelle s'affaiblit ; ils tombent enfin dans l'hébétude la plus complète, et ne se relèvent plus.

11 existe heureusement des exceptions à la règle. Il est des épileptiqaes qui conservent une intelligence quelquefois fort développée pendant une longue carrière. L'histoire en a rapporté de nombreux exemples, et la pratique journalière nous montre souvent des faits à l'appui. Il s'agit surtout alors de sujets dont les accès sont éloignés et peu fréquents et qui sont devenus épileptiques après l'âge de la puberté. Quand la maladie date de l'enfance, l'affaissement intellectuel est à peu près inévitable.

Le traitement des troubles intellectuels chez les épileptiques ne saurait être séparé de celui de l'épilepsie en général. Il estcependant à remarquer que l'usage prolongé du bromure de potassium, qui donne au point de vue des accidents convulsifs d'excellents résultats, peut amener à la longue un amoindrissement sensible des facultés. Nous préférons de beaucoup l'emploi d'un traitement mixte, qui contient à la

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fois plusieurs des remèdes préconisés contre l'épilepsie. Nous associons en général l'oxyde de zinc et la belladone aux bromures alcalins, et les résultats de cette médication nous paraissent bien préférables à ceux qu'on obtient par l'emploi d'un médicament isolé, surtout au point de vue de l'intelligence. En tous cas, il est certain qu'en supprimant les accès convulsifs ou en diminuant leur fréquence, on apporte un soulagement notable aux troubles de l'esprit.

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