PRONOSTIC ET TRAITEMENT. S
qui, pendant un long espace de temps, sera restée calme et normale en apparence, aura tout à coup un accès de délire violent et prolongé, si les décharges convulsives ne sont point venues- la soulager en temps opportun.
Le pronostic de la folie hystérique est relativement favorable. La'guérison survient, d'après M. Moreau (de Tours), dans la moitié des cas. Mais, comme toutes les autres vésanies, elle peut se prolonger indéfiniment et verser enfin dans la démence. 11 est certain que, même en cas de guérison, une attaque prolongée de folie hystérique est presque toujours suivie d'un notable amoindrissement des facultés.
Le traitement de la folie hystérique est le triomphe des bromures alcalins. Les médicaments de cet ordre, qui ont une action si favorable sur tous les accidents de la névrose, triomphent aussi bien souvent du délire lui-même. Les préparations d'opium et surtout les injections hypodermiques de sels de morphine, administrées dans une juste mesure, donnent souvent ici d'excellents résultats. Enfin, l'hydrothérapie rend les plus grands services dans les accidents phrénopathiques de l'hystérie comme dans toutes les autres manifestations de la maladie.
Mais c'est surtout ici que l'isolement des malades et leur dissémination sont absolument indispensables pour leur assurer des chances raisonnables de guérison. Séparée de son milieu habituel, plus d'une hystérique a complètement changé d'allures ; placée en contact avec d'autres personnes atteintes de la même névrose, elle verrait, au contraire, s'exaspérer tous les caractères de la maladie. C'est là, messieurs, le grand inconvénient, le véritable danger des grands services, où, dans un intérêt plus ou moins
scientifique, on accumule un nombre immense de ces névropathes. On s'y livre en grand à la culture de la maladie et de ses manifestations les plus dramatiques, et l'on perd absolument de vue le véritable intérêt des malades, qui, une fois entrées dans ces établissements, peuvent à bon droit abandonner toute espérance.
Nous allons maintenant nous occuper de l'état mental dans quelques autres névroses.
Si l'influence de l'hystérie et de Tépilepsie sur les troubles intellectuels est absolument incontestable et incontestée ; si l'on peut avec raison parler de la folie épileptique et de la folie hystérique^ le rôle de la chorée est beaucoup plus modeste au point de vue psychologique, et la plupart des observateurs sont d'accord pour signaler la rareté des troubles intellectuels chez les choréiques, et pour reconnaître, chez la plupart de ces malades, un état absolument normal des fonctions intellectuelles.
Et cependant il existe ici, comme dans les autres névroses dont nous avons parlé, un tempérament morbide, un caractère éminemment spécial qui marque d'un cachet propre la plupart des choréiques ; et l'on pourrait, en se plaçant à ce point de vue, affirmer, non sans quelque apparence de raison, qu'il n'existe pas un seul choréique dont l'esprit ait complètement échappé aux atteintes de la maladie.
Lorsqu'on assiste aux premiers débuts de la chorée, on voit, surtout chez les jeunes enfants, se développer des changements de caractère. A mesure que l'incoordination du mouvement s'accentue et que la maladresse du sujet devient de plus en plus prononcée, on voit des troubles moraux et des déviations psychologiques se dessiner d'une manière assez nette pour attirer l'attention