‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 3)Chapitre 148 sur 275 · GOITRE EXOPHTHALMIQUE. PARALYSIE AGITANTE · texte numérisé non relu

GOITRE EXOPHTHALMIQUE. PARALYSIE AGITANTE

important. Il n'en est pas moins vrai qu'indépendamment de toute autre névrose, la maladie de Basedow peut incontestablement produire des troubles intellectuels.

La paralysie agitante, à son tour, peut se compliquer de folie. Presque tous les sujets atteints de cette maladie ont un caractère étrange, irritable et difficile. Mais, dans quelques cas qu'il m'a été donné d'observer, il existait un véritable état d'aliénation mentale, accompagné quelquefois d'illusions et d'hallucinations. D'autres observateurs ont confirmé, depuis, cette manière de voir.

Les troubles intellectuels de la paralysie agitante prennent tantôt la forme de la lypémanie ou du délire des per* sécutions, tantôt celle de la stupeur, avec affaissement intellectuel. Ces troubles ne sont pas permanents ; ils paraissent s'exagérer quand les accidents du côté de la sensibilité s'aggravent, et ils tendent, au contraire, à disparaître quand le tremblement diminue ou cesse absolument. Aussi ne sont-ils point fréquents à cette période, oij. la rigidité tend à remplacer la trépidation. En même temps, ils sont susceptibles d'être améliorés par tous les modes de traitement qui peuvent amener une sédation des troubles de la motilité.

Nous avons esquissé les troubles intellectuels qui se produisent dans les principales névroses, et nous croyons utile de faire ressortir, à cette occasion, les rapports intimes qui unissent ces troubles fonctionnels, ces maladies sans lésions, aux troubles psychologiques qui, à leur tour, ne laissent, le plus souvent, aucune trace de leur passage dans les régions intellectuelles de l'encéphale. C'est qu'il existe une connexion intime entre les troubles de la motilité et ceux

de la pensée; il existe incontestablement des états convuisifs de l'intelligence, et l'excitation portée sur un certain ordre de cellules des centres moteurs peut aisément se transporter sur les centres psychiques, et cela presque sans aucune transition. Le lien intime qui unit l'aliénation mentale aux troubles fonctionnels du système nerveux vient évidemment jeter une vive lumière sur le mécanisme qui produit ces états psychologiques et nous console, pour ainsi dire, de l'absence si souvent constatée de lésions anatcmiques positives et précises (1).

Nous allons maintenant aborder l'étude des folies diathésiques, dans lesquelles une disposition générale de l'économie vient manifestement présider aux troubles de l'entendement et fournir une base plus évidemment matérielle aux désordres de l'esprit. Parmi les diathèses qui peuvent se lier à la folie, nous en avons choisi deux : le rhumatisme et la tuberculose, dont les rapports avec l'aliénation mentale feront l'objet de notre prochaine leçon.

(1) Nous avons simplement voulu signaler ici un fait d'observation clinique, sans nous embarquer dans aucune théorie.

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