‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 3)Chapitre 193 sur 275 · FORME PARALYTIQUE. FORME SPINALE · texte numérisé non relu

FORME PARALYTIQUE. FORME SPINALE

lument distinctes, si l'on ne savait point saisir les caractères fondamentaux qui leur sont communs.

1° Pour nous conformer aux règles de la vraie méthode scientifique, et procéder du simple au composé, nous commencerons par l'étude de la forme paralytique , ou paralysie générale dite sans aliénation (Requin et Sandras).

Dans cette forme, les troubles intellectuels ont un t3'-pe absolument effacé. C'est à peine si quelques idées fugitives de grandeur, quelques tendances dépressives ou hypochondriaques se font jour ; mais loin de suivre une évolution progressive, elles semblent avorter pour ainsi dire, et ne dépassent point Tétat rudimentaire. Voilà pourquoi l'on a pensé dans le principe que l'aliénation mentale demeurait étrangère à cette forme de la maladie. On admet universellement aujourd'hui avec MM. Baillarger et Lunier que, pour être latente, l'altération des facultés n'en est pas moins réelle, et que toute paralysie générale sans délire aboutit à la démence. Mais au début tous les côtés brillants du délire des paralytiques font absolument défaut; on ne constate qu'un affaiblissement progressif de la mémoire, une certaine incapacité de travail ; mais le jugement semble rester intact, et l'affaissement intellectuel, dans quelques cas, ne se montre que très tard.

Les troubles de la motilité occupent ici le premier rang ils s'élèvent rapidement au degré le plus prononcé, et l'embarras de la parole, la maladresse des mouvements, la difculté de la marche, ne peuvent laisser aucun doute sur le diagnostic, alors même que l'intelligence paraît rester intacte.

La durée de la maladie est habituellement plus longue dans cette forme, qui prédomine surtout chez le sexe féminin.

2" Nous rapprocherons de ce premier type la forme spi*

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nale ou ascendante, dans laquelle c'est la moelle épinière qui subit les premières atteintes de la maladie.

C'est, le plus souvent, l'ataxie locomotrice, c'est quelquefois, mais plus rarement, la paraplégie qui ouvre la scène ; d'autres fois c'est une amaurose, c'est une sciatique qui paraissent être le point de départ de cette paralysie générale d'origine périphérique. J'ai observé moi-même à l'Hôtel-Dieu une femme chez laquelle la maladie débuta par une excitation génitale absolument extraordinaire; puis survint une paraplégie, enfin la paralysie générale, avec démence, vint terminer la scène. A l'autopsie, outre les lésions cérébrales classiques, nous trouvâmes une myélite parfaitement caractérisée des cordons postérieurs et latéraux .

La première observation authentique de paralysie générale à forme spinale appartient à M. Baillarger. Mais c'est surtout Westphal qui a appelé l'attention sur cette forme de la maladie, étudiée depuis dans un intéressant travail par M. Foville (1). Aujourd'hui cette variété est entrée de plein droit dans le domaine classique.

3° Les deux formes dont il vient d'être question sont plutôt spinales et bulbaires qu'encéphaliques. Nous entrons dans le domaine de la pathologie cérébrale avec la forme congestive, si bien étudiée par M. Baillarger. Elle débute par un vertige, par une perte de connaissance, ou par une excitation violente; c'est alors la manie congestive. Les troubles intellectuels sont ordinairement de courte durée; le rétablissement est rapide, mais, pendant plusieurs années, le malade est exposé à de petites congestions, avec ou sans délire, mais toujours d'une courte durée. Elles sont accompagnées ou suivies d'hémiplégies incomplètes, d'un

(d) Annales médico-psychologiques, 1873, p. 1.

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