MOELLE ÉPINIÈRE
et même donnée générale: c'est la destruction, l'atrophie progressive des éléments nobles, étouffés par l'envahissement incessant d'un tissu d'ordre inférieur ; mais il n'existe aucun caractère spécifique de la paralysie générale, et les altérations dont nous venons de parler ne valent que par leur ensemble.
IV. Lésions diverses. — Occupons-nous maintenant des lésions accessoires de la paralysie générale.
Moelle épinière. Presque toujours altérée, à des degrés divers, comme l'a démontré Westphal, la moelle épinière présente chez les paralytiques généraux une altération granuleuse, dont la signification a été très diversement interprétée. Signalée pour la première fois, dans la maladie qui nous occupe, par Tûrck et Jofi'é, cette lésion a été rencontrée par Westphal chez tous les paralytiques dont il a examiné l'axe médullaire : il en déduit la conclusion que cette altération est constante, et qu'il faut lui attribuer la plupart des troubles de la motilité que l'on observe chez ces malades. Cette opinion, confirmée depuis par les recherches de Weiss et de Sander, a été combattue par Simon, qui fait observer que ces granulations se rencontrent dans la moelle épinière de presque tous les sujets, et notamment chez les phthisiques. Il ajoute que chez bon nombre de paralytiques généraux la proportion de ces éléments ne dépasse pas ce qu'on pourrait appeler Vétat normal.
Après avoir fait la part de l'exagération, il faut reconnaître que la moelle épinière est bien réellement atteinte, sinon chez tous les paralytiques, du moins chez un grand nombre d'entre eux. D'ailleurs les altérations qu'elle présente diffèrent de l'état granuleux. On y rencontre souvent la dégénération grise des cordons postérieurs ou latéraux. La première de ces lésions correspond toujours,
d'après Westphal, aux symptômes de l'ataxie ; la seconde, à ceux de la paraplégie.
On trouve quelquefois des plaques disséminées de sclérose sur le trajet de l'axe spinal.
Quelquefois, au contraire, il existe du ramollissement sur certains points.
Enfin, la substance grise, presque toujours hypérémiée, est quelquefois le siège d'extravasations et même d'hémorrhagies assez abondantes (hématomyélie).
Les méninges spinales peuvent également se trouver lésées; on signale surtout la pachyraéningite interne, avec ou sans hémorrhagie, et les indurations de l'arachnoïde.
Le cervelet, qui, d'après Bayle, ne serait jamais malade, offre au contraire des lésions multiples : on constate souvent à sa surface des adhérences avec la pie-mère ; on y trouve presque toujours une congestion manifeste et un certain degré de ramollissement. Ces lésions prédominent dans l'écorce (Luys).
Le bulbe et les corps olivaires, lorsqu'ils sont altérés, sont plutôt indurés que ramollis.
Les noyaux d'origine des nerfs crâniens sont habituellement respectés. Cependant on a trouvé quelquefois de la sclérose, dont les cellules ganglionnaires sont plus ou moins complètement dégénérées. Le nerf lui-même est quelquefois altéré dans sa partie périphérique.
On a signalé, dans quelques cas, la dégénération grise et l'atrophie du nerf olfactif, du nerf optique, de la cinquième paire et du ganglion deGasser.
Parmi les nerfs périphériques, le sciatique est celui qui présente le plus souvent des lésions de ce genre.
Les ganglions dugrandsympathique,d'aprèsMM. Bonnet et Poincaré, présentent une pigmentation très prononcée,