‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 3)Chapitre 210 sur 275 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

D\me manière habituelle, les soins intelligents ont une influence favorable sur les rémissions et peuvent prolonger sensiblement la durée de l'existence.

Parmi les symptômes qui menacent les malades d'une mort rapide, il faut noter surtout l'excitation, lorsqu'elle persiste et tend à s'aggraver, au lieu de s'éteindre progressivement (1). Les formes dépressives sont moins graves, d'après M. Luys ; cependant les formes démentes primitives avec excitation sont fâcheuses à cause des troubles digestifs et de l'affaiblissement qui les accompagne.

M. Luys considère comme une condition favorable Vam7iésîeqm s'empare souvent d'un paralytique, et qui lui permet de s'acclimater facilement dans un asile, oubliant son existence antérieure et les affections qui s'y rattachent.

Enfin, il est à peine nécessaire de signaler l'extrême gravité de certaines complications, et en particulier des convulsions épileptiformes. Nous avons déjà insisté sur ce point.

Messieurs, il semble au premier abord que le traitement de la paralysie générale soit une entreprise vouée d'avance à un échec certain. On a tant insisté, et avec juste raison, sur l'extrême gravité du pronostic dans cette maladie, que tous les efforts de la médecine semblent frappés d'impuissance ; et l'on admettrait volontiers que le seul résultat des moyens les mieux combinés est d'atténuer les progrès du mal et d'en retarder plus ou moins la terminaison nécessairement fatale.

Nous avons vu cependant que le pronostic, dans certaines conditions, n'est point absolument désespéré. La plupart

(1) Luys, Trailé des maladies mentales, 1881, p. 612,

des observateurs sont disposés à admettre que, dans sa période initiale, la maladie présente encore des chances de guérison, qui diminuent rapidement à mesure que l'évolution morbide se déroule, et disparaissent presque complètement à la période d'état.

Malheureusement, à la première période, le diagnostic est souvent difficile à formuler, et l'on perd un temps précieux avant d'instituer le traitement. On pourrait, sous ce rapport, comparer la paralysie générale à la phthisie pulmonaire, affection qui guérit certainement dans quelques cas, mais qui ne présente guère de chances favorables qu'à l'époque oii le diagnostic est encore incertain. Lorsque toute hésitation a disparu, lorsque les signes de la maladie sont nettement accentués, la guérison est devenue presque impossible.il en est de même pour la paralysie générale.

Mais, avant d'aborder l'étude du traitement de cette maladie, il est deux questions qu'il nous paraît indispensable d'aborder, et qui sont unies par les liens les plus intimes.

Faut -il isoler les malades? En d'autres termes, doit-on les placer dans un établissement spécial?

Lorsque le paralytique général est en liberté, quelles sont les habitudes de vie qui lui conviennent le mieux? Quelle est la ligne de conduite que nous devons lui prescrire ?

Nous allons jeter un coup d'œil rapide sur cette partie du sujet.

Séquestration, — Occupons-nous d'abord de la question, toujours capitale, de la séquestration du malade. Les paralytiques généraux doivent-ils être placés dans des établissements spéciaux, ou bien peuvent-ils rester en liberté, pour subir un traitement à domicile?

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