‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 3)Chapitre 5 sur 275 · ÉPOQUES PRIMITIVES · texte numérisé non relu

ÉPOQUES PRIMITIVES

sentent, je chercherai à vous montrer, par ce coup d'oeil rapide jeté sur le passé, l'étatauquel la science est aujourd'hui parvenue et l'avenir qui lui est probablement réservé.

Dire que la folie est de tous les temps et de tous les siècles, dire que les littératures les plus antiques en rapportent des exemples, et que les livres sacrés de tous les peuples en ont parlé, c'est reconnaître une fois de plus que depuis les premières lueurs de l'histoire la nature humaine n'a point changé, et que, sujette aux mêmes défaillances elle subit toujours le joug des mêmes infirmités.

S'il fallait s'en tenir à ces vérités presque banales, il serait vraiment superflu d'interroger le passé. Mais une donnée fondamentale se dégage de ses enseignements ; elle peut se réduire à cette formule générale : les conceptions dominantes de chaque époque ont marqué leur empreinte sur la théorie et la pratique de la médecine mentale, sur la manière générale de comprendre les maladies psychiques et sur les moyens mis un œuvre pour les guérir.

Toutes les civilisations primitives ont considéré la folie comme un effet immédiat de la colère céleste ; toutes ont eu recours, pour la combattre, aux prières, aux exorcismes, à l'intervention des dieux ; et même au sein des civilisations les plus développées, on rencontre encore les traces évidentes de ces indestructibles tendances de l'esprit humain; elles ont dominé tout le moyen âge, et nous en retrouvons encore les vestiges aujourd'hui.

Et cependant, au cours des siècles, l'expérience accumulait ses trésors, et l'observation, même pratiquée par des esprits superstitieux, rassemblait des notions précieuses et d'une portée véritablement clinique. Tels sont les matériaux qui se trouvaient à la portée des premiers construc-

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