‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 3)Chapitre 64 sur 275 · LÉSIONS DES CELLULES CÉRÉBRALES ET DES MÉNJNGES · texte numérisé non relu

LÉSIONS DES CELLULES CÉRÉBRALES ET DES MÉNJNGES

volution atrophiée. Ces modifications locales, bien décrites par Griesinger, sont plus intéressantes que la diminution générale du poids et du volume de cerveau, sur laquelle Parchappe a surtout insisté.

Ces altérations, il faut bien le dire, appartiennent surtout à la démence, dans laquelle une profonde déchéance de l'encéphale a presque toujours eu le temps de se produire.

Au milieu de ce désastre, les cellules cérébrales ne jouissent d'aucune immunité particulière. On les trouve calcifiées, granuleuses, pigmentées, remplies de corpuscules amyloïdes. Ce sont des cellules idiotes, suivant une expression que nous empruntons à Maudsley, non sans en étendre quelque peu la signification primitive.

L'œdème cérébral se rencontre fréquemment à un léger degré dans les circonstances les plus diverses. On sait que M. Etoc-Demazy en a fait la lésion anatomique de la stupeur, mais rien ne justifie une attribution aussi précise.

Je passe sur les altérations des ventricules, du cervelet, et de quelques parties accessoires de l'encéphale, pour arriver à la pie-rnère, dont les connexions avec la substance corticale sont tellement intimes, qu'en réalité il s'agit d'un seul et même organe.

Les altérations de la pie-mère sont surtout d'ordre vasculaire. On trouve souvent une hypérémie très-intense de cette membrane et de la substance corticale sous-jacente dans la manie exquise et le délire aigu. On voit alors une injection uniforme, très-fine, très-intense, avec des petites apoplexies, des ecchymoses sous-méningées. Il peut exister des adhérences comme dans la paralysie générale, mais ce qui est le plus fréquent, c'est de voir la substance corticale sous-jacente rouge comme dans l'érysipèle, suivant l'ex-

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pression de Foville, ou bien marbrée, tachetée, striée, offrant çà et là des points plus foncés qui sont de petits épanchements sanguins. Enfin, quelquefois il existe de l'encéphalite, mais c'est là une exception et non la règle.

Il est des cas où l'on trouve un état de stase veineuse dans les vaisseaux de la pie-mère devenus variqueux. Ce sont les lésions habituelles du délire cardiaque ; mais on les trouve dans d'autres cas de folie chronique. Dans la démence, au contraire, il existe de l'anémie, de la pâleur des méninges et de la substance corticale. Enfin, la pie-mère peut offrir de l'épaississement, des taches laiteuses et des adhérences chroniques. Mais ces lésions, il faut en convenir, sont un peu banales et n'ont aucun rapport direct avec l'aliénation mentale. L'arachnoïde est presque toujours malade, dans les cas de folie chronique. On la trouve opaque, épaissie, hypertrophiée, quelquefois séparée, quelquefois adhérente à la pie-mère ou à la dure-mère. Elle peut offrir des concrétions ossiformes ; elle est souvent hypérémiée. Enfin, dans cette lésion connue sous le nom de pachyméningile interne dont la fréquence est bien connue chez les alcooliques, mais que Schrœder van der Kolk a décrite chez les aliénés ordinaires, on rencontre souvent des hémorrhagies méningées.

Quant à la dure-mère, elle présente souvent des adhérences avec le crâne, sur lesquelles Esquirol a beaucoup insisté. Elle peut offrir également des hématomes et des adhérences avec l'arachnoïde, mais ces lésions ne paraissent point mériter de retenir longtemps notre attention.

J'arrive maintenant à un point des plus importants ; je veux parler des modifications de la forme et du volume du crâne chez les aliénés. Il ne peut évidemment s'agir ici que d'une prédisposition morbide, car on ne saurait admettre

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