‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 3)Chapitre 87 sur 275 · TRAITEMENT DE LA STLTEUR · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA STLTEUR

lancolie et ces troubles divers qui ne sont qu'une manifestation à un degré infime de ce que nous voyons au suprême degré chez les malades en état de stupeur.

Je m'étais d'abord proposé de réunir ici les indications qui régissent le traitement de la mélancolie et de la stupeur. Mais c'est surtout à cette dernière maladie que devront s'appliquer les considérations qui vont suivre.

Il faut attribuer ici une haute importance au traitement moral ; car, puisque les causes morales ont une influence si profonde sur notre état physique et sur les phénomènes habituels qui se passent dans l'encéphale, il est naturel d'employer ces mêmes moyens pour le rétablissement de la santé. L'importance de ce traitement ne saurait être exagérée, même dans l'état de stupeur. Rappelez-vous d'ailleurs que chez beaucoup de lypémaniaques vos encouragements ont une influence que le malade ressent et s'efforce de dissimuler.

J'ai connu une malade atteinte de mélancolie, qui résistait aux efforts longtemps prolongés de son médecin. Quand celui-ci était parti, elle se mettait à parler de ce qu'il venait de lui dire, mais en ayant soin de recommander aux personnes qui l'entouraient de ne pas l'avouer au docteur. Il ne faut donc pas toujours mesurer les effets obtenus aux effets apparents ; les stupides eux-mêmes ne sont pas insensibles aux impressions morales, comme on pourrait le croire.

Sous ce rapport, on ne saurait exagérer l'influence salutaire de l'isolement. Chez la plupart des malades, l'entourage a une influence déplorable, et il est souvent la cause déterminante de l'accès. Supprimez cet entourage, et vous aurez déjà réaUsé la moitié du traitement. Telle

est la première et la principale utilité delà séquestration dans une maison de santé.

Mais, si l'on s'en tenait à des moyens de cet ordre, on ne remplirait qu'à moitié les indications thérapeutiques ; il faut donc s'attacher aussi aux moyens hygiéniques ; il faut donner à l'individu une nourriture riche en matières protéiqueset l'imposer au besoin par l'introduction delà sonde. On donne alors du bouillon, du vin, et mieux encore des peptones ou des œufs sous forme liquide. Ces détails peuvent sembler minutieux, mais ils n'en ont pas moins une réelle importance.

Restent les moyens médicaux proprement dits. Au point de vue pharmaceutique, les médicaments qu'il faut placer en première ligne, ce sont les calmants. En effet, si la stupeur et la mélancolie sont des phénomènes d'arrêt, rien n^est plus important que d'abolir cet obstacle au fonctionnement cérébral ; à cet égard, il est une série de remèdes qui m'ont toujours rendu de très grands services : ce sont les bromures alcalins; je ne parle pas seulement de lamélan- ,colie, mais aussi de la stupeur. Vousavez là entre les mains un excellent moyen, qui ne me paraît pas suffisamment employé par les médecins aliénistes.

11 est un autre calmant de la plus haute importance : ce sont les bains prolongés, dans lesquels on peut laisser les malades pendant plusieurs heures consécutives. Enfin on peut employer les bains sinapisés (1) et les autres moyens de révulsion cutanée. Les moyens narcotiques propre-

(1) J'ai l'habitude, pour administrer les bains sinapisés, d'introduire de 2 à 3 kilogrammes de farine de moutarde dans un grand bain à 28 degrés centigrades. On y laisse le malade de cinq à dix minutes. Il faut avoir soin de garnir les parties génitales, pour éviter une irritation insupportable.

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