STAHL. 4 S
l'époque d'ingénieuses théories sur la production des maladies mentales.
A ce moment nous voyons apparaître sur la scène un des hommes les plus remarquables que la civilisation moderne ait enfantés ; je veux parler de Stahl.
Certes, les idées de cet illustre médecin sont aux antipodes de toute l'éducation que nous avons reçue, et il faut un violent effort de l'intelligence pour se reporter à un état intellectuel aussi différent du nôtre.
Il le faut pourtant; car, sans cet effort, il serait absolument impossible de comprendre un système qui a, pendant de longues années, joué un rôle immense en psychiatrie, et dont l'influence se fait encore sentir par certains côtés. Je vous demande donc un instant d'attention soutenue, vous promettant, d'ailleurs, de ne pas longtemps abuser de votre complaisance.
Placé en face du problème de la vie, Stahl est frappé d'une idée, que plus tard Bichat devait exprimer dans des termes sinon identiques, du moins fort analogues : l'instabilité des composés organiques en présence des forces du monde physique saisit avant toute chose son imagination, et lui fait envisager la vie comme une résistance perpétuelle à la mort.
La matière n'a pas en soi le principe de la durée; abandonnée à elle-même, elle se désagrège et se transforme. Il faut donc à l'être vivant une force à la fois créatrice et conservatrice, dont les divers organes ne sont en quelque sorte que l'expression particulière.
Cette force, qui domine et gouverne la matière organisée au milieu de ses transformations incessantes, cette force, qui préside à ses évolutions normales, est aussi celle qui rétablit l'équilibre des fonctions quand il est troublé,