‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 4)Chapitre 137 sur 278 · CLASSIFICATION DES MALADIES 5JENTALES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES MALADIES 5JENTALES

catalogue, autant il serait absurde de considérer la rédaction de ce catalogue comme le but suprême de la science et le dernier terme de nos efforts.

D'ailleurs, il faut bien se le rappeler : les genres et les espèces, en pathologie, ne sont fondés que sur le rapprochement de certains faits groupés par leurs analogies, et ce serait une erreur profonde que de leur attribuer la même valeur qu'en histoire naturelle, et de comparer, par exemple, le groupe des névroses à la famille des myrtacées.

Ces principes une fois établis, je me sens plus à l'aise pour aborder le sujet.

Parmi les maladies mentales, il en est un grand nombre qui paraissent ne coïncider avec aucune lésion anatomique appréciable, soit parce que nos moyens d'investigation sont encore trop imparfaits, soit parce qu'il s'agit, en réalité, de lésions fonctionnelles. Je ne veux point rentrer ici dans une discussion qui a été soulevée plus haut (p. 216). Il nous suf^ fîra de dire que ces affections, dont l'existence est incontestable, forment le premier groupe naturel des folies sous le nom de vésanies. On peut prendre pour types de cette classe la folie circulaire et les délires partiels.

En second lieu, et immédiatement après le premier groupe, vient la famille parfaitement naturelle des folies névropathiques. L'hystérie, l'épilepsie, la chorée, le goitre exophlhalmique, la paralysie agitante s'accompagnent souvent d'un état mental particulier. Le malade peut souvent alors franchir les frontières de la raison pour envahir le domaine de la folie. Nous voyons intervenir ici, si je puis ainsi m'exprimer, un élément pondérable, car s'il n'y a point de lésion anatomique bien définie dans les folies névropathiques, du moins elles plongent par leurs racines dans un substratum pathologique dont l'origine est évidem-

CARACTÈRES PHYSIQUES DE l'aLIÉNATION MENTALE. 4o7

ment matérielle. Elles ne relèvent pas de ce qu'on appelait autrefois les maladies de l'esprit.

• Un troisième groupe est formé par les folies diathésiques, dont l'origine se rattache à ces états généraux connus sous les noms de goutte, de rhumatisme, de tuberculose, etc. Ici encore l'élément matériel devient de plus en plus prépondérant ; car, si nous ne connaissons point la nature intime des diathèses, nous leur reconnaissons des conséquences matérielles bien plus nettement définies que celles des névroses. Rattacher la folie aux diathèses, c'est donc la rapprocher de plus en plus des causes vulgaires qui président à l'origine des autres manifestations morbides.

Un quatrième groupe est constitué par les folies sympathiques, 011 la lésion d'un viscère situé en dehors de l'encéphale réagit sur les fonctions de cet organe ; le cerveau n'est point directement lésé ; mais l'influence d'une lésion matérielle de l'organisme vient retentir sur lui.

Un cinquième groupe est formé par les folies toxiques de Morel. Ici l'agent matériel devient de plus en plus ^'isible : c'est un poison qui circule dans toute l'économie, etqui vient affecter le cerveau, comme la plupart des autres organes.

Avec le sixième groupe, nous arrivons aux lésions organiques, parmi lesquelles la paralysie générale occupe la place d'honneur. On peut y joindre l'aphasie, presque toujours consécutive à des lésions matérielles et bien définies, ainsi que la démence hémiplégique et les autres déchéances de l'esprit qui se rattachent aux altérations matérielles de l'encéphale (1).

(1) L'aphasie n'est pas une folie dans le sens ordinaire du mot; mais c'est un trouble psychologique bien défini, qui résulte souvent de lésions matérielles évidentes. G est à ce titre que nous lui accordons une place dans notre tableau.

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