FORME CONGESTIVE. FORME MÉLANCOLIQUE
certain embarras de la parole, et d'un léger affaiblissement de l'intelligence. C'est après plusieurs attaques de ce genre que le malade finit par verser dans la démence paralytique.
C'est là, messieurs, la fameuse folie congestive (1), qui a longtemps troublé les statistiques, et qui est aujourd'hui considérée comme l'une des formes de la paralysie générale. Elle est remarquable surtout par la fréquence des rémissions, et par l'état irréprochable de la santé, pendant les périodes de repos.
4° La paralysie générale comporte toutes les variétés de délire. Mais on peut réunir en un seul groupe toutes les variétés dépressives de la maladie, qui constituent la forme mélancolique. Elle est caractérisée surtout, au point de vue intellectuel, par de l'hypochondrie, par des idées vagues de persécution, par des frayeurs sans motif, enfin par un penchant au suicide. C'est surtout ici que l'on constate cette tendance aux hallucinations de l'ouïe, qui ne se rencontre guère que dans cette forme de paralysie générale.
Les troubles intellectuels ne suffiraient point peut-être ici pour constituer une forme à part. Mais au point de vue physique, nous rencontrons ici plusieurs des caractères que nous avons déjà signalés dans la lypémanie. On constate chez ces malades une dénutrition marquée, avec perte de poids et amaigrissement rapide; il existe souvent une anorexie qui peut aller jusqu'à l'horreur des aliments, et nécessiter l'emploi de la sonde œsophagienne. 11 se produit parfois une polyurie insipide, avec perte considérable d'urée. Une élévation de la température générale coïncide souvent avec ces phénomènes.
(1) M. Baillarger remplace aujourd'hui cette expression par celle de folie paralytique.
Cet état peut se terminer assez promptement par la mort ; mais la santé physique peut se relever, le malade peut engraisser et tomber dans la démence. Enfin, des rémissions prolongées ont souvent interrompu les progrès de la naaladie.
5° Quant à la forme expansive^ elle correspond au type classique, au délire des grandeurs, à la folie des milliards. C'est ici que nous retrouvons l'être débordant, généreux, bienveillant, prêt à distribuer les richesses dont son imagination le gratifie ; mais en même temps irritable, colérique, débauché, criminel parfois. Il nous paraît inutile d'insister sur les détails du tableau que nous avons déjà tracé.
6° La forme convulsive ou épileptique est caractérisée par la fréquence des accès comitiaux, qui peuvent précéder de plusieurs années l'explosion de la vraie paralysie générale. M. Billod en a rapporté plusieurs observations.
L'un des cas les plus remarquables de cette espèce est celui du comte Ghorinski, le héros d'un procès criminel célèbre : il avait empoisonné sa femme. Consulté comme expert, Morel admit chez ce sujet l'existence d'une épilepsie larvée; et, en effet, le coupable présenta plus tard des accidents épileptiformes ; mais il mourut paralytique général, et l'autopsie déniontra l'existence des lésions de cette maladie.
7° Nous avons parlé de la forme expansive et de la forme dépressive. La paralysie générale peut offrir des exemples du type circulaire, dans lequel ces deux formes se succèdent alternativement.
La première observation de ce genre est due à Brierre de Boismont (18o9). La question a été étudiée depuis par Westphal, Espiau de La Maëstre, Fabre et d'autres observateurs.