‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 4)Chapitre 62 sur 278 · ANÉMIE CÉRÉBRALE · texte numérisé non relu

ANÉMIE CÉRÉBRALE

gienne, ce qui permit de prolonger son existence, qu'une pneumonie \int terminer le 12 avril, après dix mois de maladie.

M. Luys fut appelé à pratiquer l'autopsie, qui révéla un état particulier de la substance corticale ; elle offrait dans son ensemble un aspect blanchâtre, elle était complètement décolorée. Il existait une atrophie irrégulière de quelques circonvolutions, mais le fait le plus caractéristique était l'anémie généralisée de la surface du cerveau, avec des îlots de vascularisation partieUe, des paquets de capillaires distendus par le sang. Il semblerait avoir existé une crampe des vaisseaux.

Les cellules cérébrales étaient infiltrées de granulations jaunâtres hématiques. Les corps striés, les couches optiques, les pédoncules étaient blancs et décolorés.

Ainsi, dans cette seconde observation, l'anémie semble jouer le rôle principal. Privées de leur stimulant habituel, les cellules ganglionnaires ont subi un travail de régression, et le cerveau lui-même s'est atrophié. On ne saurait douter du rapport qui existait entre ces lésions et les symptômes si remarquables que le malade avait présentés pendant la vie.

Nous sommes loin de prétendre que l'excitation est toujours liée à une hyperémie cérébrale et la dépression à une anémie. Une conclusion semblable serait évidemment prématurée. Nous avons voulu seulement montrer par des exemples frappants que le délire des aliénés est souvent la conséquence d'un trouble évident de la circulation cérébrale et qu'il est possible d'en donner la preuve.

Des faits que nous venons de rapporter on peut rapprocher l'athéromasie artérielle si souvent rencontrée chez les aliénés; Monge, le grand mathématicien, qui mourut mé-

lancolique, ofîFrait, au dire de son ami Larrey, qui fit son autopsie, une ossification prononcée des artères cérébrales.

Des altérations moins grossières se rencontrent également dans les vaisseaux capillaires. Ils sont souvent atteints de dégénérescence graisseuse. Leur état variqueux, leurs tortuosités flexueuses ont été signalés par nombre d'observateurs. Sankey a rencontré dans leurs parois une hypertrophie de la tunique moyenne. Enfin on y rencontre des anévr3'smes miliaires et des thromboses qui préparent soit l'hémorrhagie, soit le ramollissement cérébral,

Vousle voyez, messieurs, les troubles circulatoires jouent ici un rôle prépondérant. D'autres lésions peuvent cependant être signalées, elles sont plus permanentes et plus profondes, et c'est leur étude qui doit maintenant nous occuper.

La substance cérébrale peut offrir une hypertrophie apparente avec gonflement, avec effacement des cavités, avec aplatissement des circonvolutions. Souvent chez les sujets atteints de foHe aiguë se terminant rapidement par la mort, cette altération se marie avec une hyperémie, avec un changement de coloration de la masse encéphalique.

Mais une altération bien plus fréquente, c'est l'atrophie. Elle peut porter sur la masse totale de l'encéphale; elle est le plus souvent limitée à des points déterminés, ei; plus spécialement à la surface du cerveau. Les circonvolutions sont quelquefois atrophiées dans leur ensemble ; quelquefois elles sont atteintes d'un simple amincissement de la substance grise. Ces lésions, liées quelquefois au ramollissement, relèvent plus souvent de la sclérose cérébrale. Elles coïncident dans la plupart des cas avec un relâchement des connexions de la pie-mère avec la surface cérébrale. Cette membrane flotte comme un sac sur une circon-

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