‹ Leçons sur les maladies mentales (volume 4)Chapitre 85 sur 278 · SYMPTOMES PHYSIQUES DE LA MANIE · texte numérisé non relu

SYMPTOMES PHYSIQUES DE LA MANIE

développent toute la force qu'ils ont; ils se croient capables de tout briser et se jettent tête baissée contre les obstacles sans aucune hésitation. Mais plusieurs d'entre eux présentent un affaiblissement musculaire réel.

Les maniaques ont souvent la voix rauque dès le début de leur affection; il ne s'agit pas là des effets de la fatigue, mais plutôt d'un trouble de l'innervation du larynx.

Parmi les phénomènes du même genre, il faut noter l'insomnie, signe évident de l'excitation crérébrale. On voit des sujets qui, pendant de longues périodes, ne paraissent pas avoir dormi une minute et qui cependant continuent leurs exercices sans désemparer un seul instant.

Terminons cette description par l'énumération de quelques autres signes physiques qui caractérisent encore la manie. Au début de l'accès, le pouls est précipité, la figure devient vultueuse; plus tard, le pouls redevient calme et la figure rentre dans les conditions normales. La respiration est de même plus fréquente pendant l'accès.

Mais ce sont surtout les troubles de la calorifîcation qui sont faits pour nous surprendre. Ces malades, dont l'état extérieur se rapproche de la fièvre la plus intense, présentent une température normale et même cette température aurait une certaine tendance à descendre un peu au-dessous du chiffre physiologique. D'après Ludwig Meyer, l'abaissement serait d'un demi-degré. Quelquefois, dans l'excitation maniaque, on trouve au contraire une légère élévation de température; d'après Westphal, cette élévation pourrait être del degré; presque toujours alors, il s'agit d'un début de paralysie générale. Gomme vous le voyez, c'est là un élément de diagnostic très précieux. Il nous paraît difficile de poursuivre ces expériences d'une façon continue, et

chez un assez grand nombre de sujets l'agitation des malades s'y oppose.

Les sécrétions sont altérées ; elle offrent en général une abondance et une fétidité remarquables. Les sueurs exhalent cette odeur de souris qui a été donnée comme la caractéristique générale de l'aliénation mentale, et qui n'est pas le résultat de la malpropreté, car elle existe même chez ceux qui reçoivent les soins les plus attentifs.

Au reste, les maniaques ont l'habitude de satisfaire immédiatement et sans aucun scrupule leurs besoins naturels, même pendant qu'on les interroge. C'est là un trouble moral, car d'une manière habituelle ils ne présentent aucune paralysie des sphincters ; les matières ne s'écoulent pas contre leur volonté.

La salive est très abondante et en même temps fétide ; chez certains malades , la sialorrhée marque le début des accès.

Presque toujours, l'haleine est infecte, ce qui s'explique à la fois par les troubles digestifs, par l'état de la bouche et par celui des sécrétions.

Chez les femmes, on voit souvent la menstruation se supprimer ; souvent aussi la santé revient volontiers quand le flux menstruel se rétablit.

Les digestions des maniaques sont rapides, et même ils ont un appétit vorace qui les fait se précipiter sur les aliments et les engloutir à la manière des animaux.

Ils sont en général constipés ; certains d'entre eux présentent de la dyspepsie et même refusent les aliments ; cette répulsion peut aller jusqu'à la sitophobie, et l'on ne sait s'il faut attribuer cette horreur des aliments à Tanorexie, au goût désagréable qu'ils ont dans la bouche, à des hallucinations ou à des idées délirantes.

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