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TRAITEMENT DE LA STUPEUR

qui régissent le traitement de la mélancolie et de la stupeur. Mais c'est surtout à cette dernière maladie que devront s'appliquer les considérations qui vont suivre.

Il faut attribuer ici une haute importance au traitement moral; car, puisque les causes morales ont une influence si profonde sur notre état physique et sur les phénomènes habituels qui se passent dans l'encéphale, il est naturel d'employer ces mêmes moyens pour le rétablissement de la santé. L'importance de ce traitement ne saurait être exagérée, même dans l'état de stupeur. Rappelez-vous d'ailleurs que, chez beaucoup de lypémaniaques, vos encouragements ont une influence que le malade ressent et s'eff"orce de dissimuler.

J'ai connu une malade atteinte de mélancolie, qui résistait aux efforts longtemps prolongés de son médecin . Quand celui-ci était parti, elle se mettait à parler de ce qu'il venait de lui dire, mais en ayant soin de recommander aux personnes qui l'entouraient de ne pas l'avouer au docteur. Il ne faut donc pas toujours mesurer les efl'ets obtenus aux effets apparents ; les stupides eux-mêmes ne sont pas insensibles aux impressions morales, comme on pourrait le croire.

Sous ce rapport, on ne saurait exagérer l'influence salutaire de l'isolement. Chez la plupart des malades, l'entourage a une influence déplorable, et il est souvent la cause déterminante de l'accès. Supprimez cet entourage, et vous aurez déjà réalisé la moitié du traitement. Telle est la première et la principale utilité de la séquestration dans une maison de santé.

Mais, si l'on s'en tenait à des moyens de cet ordre, on ne remplirait qu'à moitié les indications thérapeutiques ; il iiaut donc s'attacher aussi aux moyens hygiéniques ; il faut

donner à l'individu une noarritui-e riclie en matières protéiqiies etl'imposer au besoin par l'introduction de la sonde. On donne alors du bouillon, du vin, et mieux encore des peptones ou des œufs sous forme liquide. Ces détails peuvent sembler minutieux, mais ils n'en ont pas moins une

réelle importance.

Restent les moyens médicaux proprement dits. Au point de vue pharmaceutique, les médicaments qu'il faut placer en première ligne, sont les calmants. En effet, si la stupeur et la mélancolie sont des phénomènes d'arrêt, rien n'est plus important que d'abolir cet obstacle au fonctionnement cérébral ; à cet égard, il est une série de remèdes qili m'ont toujours rendu de très grands services : ce sont les bromures alcalins ; je ne parle pas seulement de la mélancolie, mais aussi de la stupeur. Vous avez là entre les mains un excellent moyen, qui ne me paraît pas suffisamment employé par les médecins aliénistes.

Il est un autre calmant de la plus haute importance : ce sont les bains prolongés, dans lesquels on peut laisser les malades pendant plusieurs heures consécutives. Enfin on peut employer les bains sinapisés (i) et les autres moyens de révulsion cutanée. Les moyens narcotiques proprement dits, l'opium, la morphine, sont contre-indiqués. Le premier indice de succès que vous obtiendrez, sera le retour du sommeil, presque toujours aboli; quand vous aurez fait dormir les malades, vous les aurez mis sur le. chemin delà guérison.

M> r.i l'inbitude pour administrer les bains sinapisés, d'inlrodX d 2 t dÎ^rLmes de farine de moutarde dans un^an

tZ. ts degrés ce^i,rades. On y f ^^^^^^^ ^ nutes. Il faut avoir soin de garnir les parties génitales, pour une irritation insupportable.

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11 faut aussi fortifier les slupides, leur administrer des toniques amers; on leur prescrira le fer dans les cas où l'anémie semble réclamer ce médicament. Enfin il est souvent utile de corroborer ce traitement par l'alcool.

L'emploi des purgatifs' est souvent indiqué, mais nous n'en abuserons pas comme le faisaient les anciens; nous ne donnerons pas de purgatifs drastiques, mais on pourra, aivec beaucoup de ménagemepts, employer l'aloès et les purgatifs de cet ordre.

Il est enfin un dernier point qu'il ne faut jamais perdre de vue, c'est la nécessité de la persévérance, qui est plus indispensable en médecine mentale que partout ailleurs.

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