‹ Lecons sur les maladies mentalesChapitre 115 sur 283 · EXCITATION MANIAQUE · texte numérisé non relu

EXCITATION MANIAQUE

Je crois que l'on doit réserver une place à part à cette forme de l'aliénation mentale et ne pas la confondre avec la manie. Montrer les différences et les analogies qui réunissent ces deux états sera, je l'espère, un moyen nouveau de vous prouver que, dans l'étude de ces formes diverses du délire, ce sont des collections de symptômes et non pas des maladies proprement dites que nous trouvons devant

nous

L'excitation maniaque, comme la manie aiguë, lorsqu'elle résulte d'une prédisposition morbide et non d'un accident imprévu, débute le plus habituellement après un stade de dépression analogue à cette période mélancolique qui caractérise la manie aiguë. Cette période une fois terminée, on voit éclater un état particulier dont nous diviserons les manifestations en deux ordres : les troubles intellectuels et les phénomènes purement physiques.

Qu'est-ce que l'excitation maniaque? Les définitions sont toujours difficiles à formuler ; c'est un écueil sur lequel se brisent les esprits les plus réfléchis et les plus vigoureux, et lorsqu'il s'agit d'un phénomène aussi variable dans ses manifestations que l'excitation maniaqtie, notre embarras est encore plus grand. Je me contenterai donc de vous i-appeler la définition de Falret, qui me paraît convenir à la plus grande partie des cas. Ce qui caractérise cet état intellectuel, cette forme de psychose, c'est la surexcitation générale de toutes les facultés, le désordre des actes, sans rouble manifeste de l'intelligence. Nous allons apprécier les différents termes de cette définition en cherchant à les justifier.

On rencontre, chez les excités maniaques, une surexcitation générale de toutes les facultés de l'intelligence, et surtout une exagération singulière de ses manifestations

2 go DES FOUMBS DU DÉLIUE.

extérieures ; h celte excitation générale se joint une raol.i- • lité d'idée5,qui, cependant, ne va pas jusqu'à l'incolierence. 11 existe en même temps une perturbation morale qui porte les malades à des actesextravagants et quelquefois coupables.

Mais au milieu de ce tumulte intellectuel, il subsiste un certain'degré de logique, qui domine la situation et empêche les malades de tomber dans Vabsurd.te complète. Examinés superficiellement, ils ne semblent pas présenter de délire au premier abord, et souvent on peut s'entretenir longtemps avec eux sans saisir de conceptions délirantes Telle est en pareil cas, l'une des sources les plus fécondes des dissentiments qui éclatent si souvent entre la famille dumalade lei amis qui viennent le visiter, les autorités chargées de l'interroger et le médecin qui s'occupe du traitement Observant le sujet avec une attention soutenue pendant un 0 g espace de temps, l'aliéniste acquiert souvent des preuves manifestes de déUre, qui échappent t des visiteurs moins

exercés et moins attentifs. Le malade, qui se plaint olon- ■ers de son entourage, et surtout de son médecin, parle sot - Z avec une grande élégance, avec beaucoup de recherche ou tout au moins son élocution est très facile ; et c est un te h mm s'écrie-t-on,que l'on vent faire passer pour on 1 ~s souvent frappé de l'étendue de leur espri^e l'originalité de leurs conceptions, de la hardiesse de leurs censées Chez beaucoup de ces malades.l'insp.ration natnr 1 '«citation morbide de l'intellect supplée at, defa t ;M;cation-,on a vu des m^^^^^^^'^^ tois avec une véritable éloquence. Mais, l^'^f^ suivre pendant quelque temps la conversation de ces s ëù on est frappé de la violence des sentiments qu. 'exprim nt; che/ eux,.out semble exagéré; pour eu m d" tout entier se divise en amis et en ennemi,, et la

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