DIAGNOSTIC DE L4 PARALYSIE GÉNÉRALE
Sommaire. — DifncuUûs que prcseale lo diagnostic de la paralysie générale. — Débuts insidieux. — Période initiale. — Troubles de la mol.ilité plus significatifs que ceux de l'intelligence. — Deux grandes classes do maladies qui peuvent emprunter le masque de la paralysie générale. — Vésanies) ; lésions organiques de l'encéphale et névroses convulsives.
Délire ambitieux. — Manie simple. — Délire aigu. — Mélancolie avec stupeur. — Folie circulaire. — Délires impulsifs.
Êpilepsie. — Ghôrée. — Lésions en foyer. — Hémorragie et ramollissement cérébral. — Tumeurs intracrîlniennes. — Syphilis cérébrale. — Encéphalopathie saturnine. — Alcoolisme.
Messieurs,
Lorsqu'on parcourt les salles d'un asile où de nombreux types des diverses formes de la paralysie générale se trouvent réunis, on est tenté de croire que le diagnostic d'une maladie aussi nettement caractérisée doit sauter aux yeux, et que si les praticiens ordinaires, peu habitués à ces difficultés, peuvent hésiter quelquefois dans leurs jugements, le doute ne saurait être permis aux aliénistes de profession.
Il n'en est rien cependant, et tous ceux qu'une longue pratique a rompus aux difficultés du métier connaissent ces doutes pleins d'anxiété, ces hésitations, ces angoisses, que réserve bien souvent à l'observateur consciencieux la période initiale de la paralysie générale. Aux stades plus avancés, quand l'embarras de la parole, le déclin des forces musculaires et l'affaiblissement intellectuel viennent se joindre au délire primitif, il n'est plus permis de douter ; mais souvent les débuts insidieux de la maladie se pro-
longent pendant un long espace de temps, et c'est précisf^ment alors que le diagnostic serait le plus utile, parce que c'est seulement alors qu'il aurait quelque chance d'aboutir à un traitement plus ou moins efficace, s'il est permis de croire qu'il existe un traitement efficace contre une pareille maladie.
C'est donc plus spécialement à la période initiale, c'est au début de la maladie que s'appliqueront les considérations que je viens aujourd'hui vous présenter.
S'il me fallait exprimer dans une formule unique les règles du diagnostic, en matière de paralysie générale, je dirais : C'est aux troubles de la molilité, et non pas à ceux de l'intelligence, qu'il faut s'adresser.
En effet, toutes les formes du délire peuvent coïncider avec les débuts de la paralysie ; le délire peut même manquer d'une manière absolue ; seuls, les troubles de la motilité, quand ils ne manquent pas à l'appel, ne tromperont jamais l'observateur exercé.
Comme toutes les formules absolues, la règle que nous venons de poser souffre de nombreuses exceptions. Elle est pourtant la règle, et il ne faut jamais la perdre de vue.
Mais quittons enfin les généralités pour entrer dans l'étude des détails, dont l'extrême abondance exige une attention soutenue.
Messieurs, il est deux grandes classes, deux catégories distinctes, dans lesquelles il faut ranger les affections si nombreuses qui peuvent emprunter le masque de la paralysie générale.
Dans la première, viennent se placer les vésanies, c'està-dire les troubles intellectuels qui ne s'accompagnent d'aucune altération anatomique appréciable; et c'est ici, vous le comprenez bien, que l'on doit attribuer à l'étude du dé-