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ORGANES GÉNITAUX. ASPECT EXTÉRIEUR

souvent un développement exagéré, et, chez plusieurs individus, la disproportion se manifeste entre les parties du squelette qui constituent les mêmes membres ; l'humérus est trop court pour les avant-bras, le fémur pour les os de la jambe. Les mains et les pieds sont habituellement courts et de forme arrondie.

Sur ce corps mal bâti, la nature a jeté une enveloppe plus disgracieuse encore. La peau est flasque, blafarde, terreuse, rude au toucher, dépourvue de poils et sillonnée de rides nombreuses et profondes, ce qui ajoute à l'ensemble de la physionomie un air singulier de décrépitude.

Le système pileux, nous l'avons déjà dit, est pauvre chez les crétins. Ils sont imberbes, sans poils au pubis, et la surface du corps est entièrement glabre ; par contre, les cheveux sont très abondants, assez rudes, plantés très bas et ordinairement châtains. Ils ne tombent jamais et ne blanchissent pas. La calvitie et la canitie sont inconnues chez les crétins.

L'abdomen est saillant, la colonne vertébrale souvent cambrée. Du reste, le rachitisme, la scoliose et les autres déformations du tronc et des membres se rencontrent très souvent chez ces sujets. 11 faut y joindre une sorte d'œdème pâteux, qu'on a souvent observé chez eux. Nous laissons entièrement de côté la question du myxœdème, qui n'est pas de notre ressort. Nous voulons seulement appeler l'attention sur l'existence d'un véritable œdème chez les crétins proprement dits.

Nous venons de décrire les caractères physiques et psychiques, et, pour ainsi dire, les lésions anatomiques extérieures du crétinisme. Il nous reste à parler maintenant des conditions physiologiques.

L'un des points les plus intéressants à cet égard, c'est l'état des fonctions respiratoires ; chez les crétins, la respiration est pénible, ce qui tient peut-être, chez certains d'entre eux, à la présence du goitre ; mais, nous l'avons déjà dit, l'hypertrophie du corps thyroïde est peu prononcée chez les vrais crétins. Quoi qu'il en soit, leur respiration est lente, sifflante, grognante, et ils ne peuvent pas courir sans être atteints de cyanose.

Lé pouls est lent, la température du corps est souvent un peu inférieure à l'état normal. Ces deux phénomènes sembleraient être liés, au moins en partie, à l'imperfection des fonctions respiratoires.

Le crétin est extrêmement vorace ; il avale sans goûter, à la façon des carnivores. Les fonctions digestives sont très énergiques et la vie végétative paraît assez développée.

Malgré ce bon état des fonctions digestives, les crétins se font remarquer par leur faiblesse musculaire, par leur maladresse et par leur apathie. Sans doute, dans les vallées qu'ils habitent, on leur apprend à courir au-devant des voyageurs en faisant des contorsions grotesques pour obtenir quelques aumônes ; mais à cette activité momentanée succède un état de torpeur qui est leur condition habituelle.

La sensibilité, en général, est assez obtuse et, parmi les sens spéciaux, celui de l'ouïe est le plus exposé à souffrir. En effet, nous l'avons déjà dit, la surdité est fréquente chez les crétins. Quant à la faculté du langage, elle est complètement abolie, et la vie du sujet s'écoule bien souvent dans une sorte de somnolence.

Notons enfin que les maladies auxquelles les crétins paraissent être le plus souvent exposés sont la fièvre typhoïde, la méningite et l'épilepsie.

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