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ÉTAT PHYSIQUE DES MÉLANCOLIQUES

Je ne saurais séparer de ces manifestations morbides un phénomène des plus importants, qui précède souvent tous les autres et marque le début de la maladie : c'est le trouble névropathique par excellence, c'est Vi7iso7nnie. La privation de sommeil, surtout à la première période, est l'un des phénomènes les plus constants de la mélancolie, et lorsque, par exception, le sommeil persiste, il est presque toujours traversé par des rêves, par des cauchemars, par des visions terri flan tes.

Contrairement à ce qui se passe chez un assez grand nombre de fous, les mélancoliques sont presque toujours atteints d'anorexie. Ils éprouvent de la répugnance pour les aliments, ils arrivent facilement à la sitophobie, au dégoût de toute nourriture, et, à ce point de vue, il est plus facile de soigner les malades tombés dans un abattement complet que ceux qui ont conservé assez d'énergie pour lutter contre leur entourage.

Une conséquence naturelle de ce jeûne forcé, c'est l'amaigrissement; la plupart des mélancoliques perdent rapidement une partie considérable de leur poids et subissent une déchéance profonde de toute l'économie.

A côté de ces troubles digestifs, il faut placer un symptôme à peu près constant et qui, au point de vue clinique, offre une valeur presque égale à celle de l'insomnie : c'est la constipation. Extrêmement opiniâtre chez tous les mélancoliques, elle paraît se relier à une paralysie intestinale, et c'est en grande partie à ce phénomène, signalé dès les premiers temps de la médecine, qu'il faut attribuer la coutume des anciens de purger les fous avec de l'ellébore. La méthode évacuante, en effet, constitue l'un des meilleurs traitements de la mélancolie.

Le ralentissement de la nutrition doit évidemment n(

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