EL IDIOTIE
développement qai, mettant un obstacle absolu au progrès de l'esprit, constituent une infirmité psychologique presque toujours consécutive à des malformations congénitales dont les causes anatomiques se manifestent avec une telle évidence, qu'elles s'imposent directement à notre attention.
L'idiotie et le crétinisme représentent les deux grands types sous lesquels on range habituellement les divers membres de cette grande famille des déshérités de l'intelligence. On donne le nom d'imbéciles à des sujets placés dans des conditions identiques, quant au fond, à celles des idiots, mais chez qui le défaut d'organisation de l'intelligence est beaucoup moins accentué.
« L'idiotie, dit Esquirol, n'est pas une maladie. C'est un état dans lequel les facultés intellectuelles ne se sont
jamais manifestées L'homme en démence est privé des
biens dont il jouissait autrefois, c'est un riche devenu pauvre; l'idiot a toujours été dans l'infortune et la misère. "
La justesse de cette déiBnition est universellement reconnue. Bien différent des aliénés proprement dits, l'idiot n'offre point de troubles intellectuels, car chez lui la pensée est absente ; ce n'est point une perversion, ce n'est point une abolition de l'intelligence; c'est une privation plus ou moins absolue des facultés intellectuelles, par suite d'un vice de conformation, d'une atrophie des organes correspondants. Et cependant il existe, entre ces deux états si profondément différents, des rapports étroits de parenté, car la folie chez les parents est une cause fréquente d'idiotie chez les enfants.
Dans cet abaissement profond de l'intelligence, il existe des degrés; on les a diversement établis, mais naturellement ici l'on est forcé d'abandonner une très large place à l'arbi-