ÉTAT DE LA HEAU
s'arrête, et c'est par là que commence révolution des phénomènes. Plus tard, à la période terminale, on voit habituellement la menstruation se rétablir par deux ordres de causes différentes : chez les unes parce que la santé rllemème devient meilleure ; chez les autres, parce que l'accoutumance s'est établie, et que l'organisme a repris le cours de ses fonctions pour ce qui touche à la vie végétative.
Au milieu de ces troidjles divers que présentent les sécrétions, on doit s'attendre à des modifications profondes dans l'étal de l'enveloppe cutanée. Elles font partie de cet habitus extérieur en rapport avec les troubles de la luitrition qui caractérisent si souvent la folie.
Et d'abord la peau, chez les aliénés, offre une tendance à l'ati'ophie; elle est diminuée dans son fonctionnement, la transpiration sudorale tend à se tarir, et, par suite, l'épidorme devient sec et fendillé.
Les annexes du système cutané subissent l'influence de cet état : les ongles deviennent fragiles, se déchirent, se fendillent ; chez un grand nombre d'aliénés, on voit se produire l'atrophie du système pileux ; les cheveux deviennent secs, cassants, rares; chez beaucoup il se développe une calvitie précoce. Ces troubles peuvent également porter sur la coloration des poils. Rien n'est plus fréquent que de voir blanchir les cheveux à la suite d'un accès d'aliénation mentale. Quelquefois les cheveux blanchissent et reprennent alternativement leur coloration normale. Stievens a rapporté l'hi.-toire d'un maniaque intermittent, dont la folie offrait un caractère périodique : les cheveux, chez cet homme, passaient d'iui blanc d'argent à un noir assez prononcé. C'est !à Ufi fait assez singidier et qui peut rencontrer quelque incrédulité. Pourtant, dans l'oi'dre pathologique, Ic'^ fait-^ de ce genre ne sont pas absolument
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inconnus. Dans la maladie d'Addison, dans la mélanodermie lice à une altération des capsules surrénales, ou voit se développer une pigmentation de la peau et du système pileux, et l'on a vu des cheveux blancs redevenir noirs par suite de celte pigmentation générale.
Les aliénés présentent souvent un état analogue. La mélanodermie peut se rencontrer dans un grand nombre de maladies. Il y a chez les tuberculeux une coloration particulière qui paraît coexister avec l'absence d'hématose. Les phthisiques respirent mal ; l'oxydation du sang se fait mal chez eux, et il se dépose dans la peau du pigment et du carbone non consommé. De même les mélancoliques noircissent par la raison qu'ils ne brûlent pas leur carbone. Aussi voit-on souvent la couleur normale revenir chez ces sujets lorsqu'ils marchent vers la guérison.
Des altérations plus profondes peuvent se développer dans d'autres tissus. On rencontre des lésions très-prononcées du système osseux et du système cartilagineux. C'est à ce dernier ordre d'idées qu'il faut sans doute rattacher quelques phénomènes très-remarquables comme les hématomes de l'oreille et d'autres régions ; ces lésions se rencontrent surtout dans la paralysie générale. Je désire attirer principalement votre attention sur les altérations des os.
On sait depuis longtemps que les aliénés, certains d'entre eux du moins, sont très-exposés aux fractures de tous genres. Rien n'est plus facile que de leur casser les côtes. On a souvent accusé la camisole de force et les gardiens, mais ces fractures tiennent en grande partie au mauvais état de la nutrition.
Ou rencontre aussi chez les aliénés l'ostéo-malacie. Un travail sur cette question a été présenté en d8l9 par M. Ringrose Atkins au congrès de l'Association médicale
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britannique, h Cork. Cette question a été étudiée en Allemagne et en Angleterre i)ar divers observateurs, Gudden, Merser, etc. Au point de vue macroscopique, les os deviennent mous, fragiles, faciles à couper; ils tendent à prendre une teinte grisâtre particulière. Cet état paraît coïncider avec une augmentation véritable de leur système vasculaire.
Lorsqu'on étudie au inicrosc'oi)C ces altérations, on constate une tendance à la disparition des éléments caractéristiques du système osseux, qui sont remplacés par de la graisse. C'est donc une dégénérescence graisseuse du squelette en même temps qu'une diniituition de la quantité deu sels calcaires. Ce sont là des phénomènes qui existent également dans l'ostéo-malacie ordinaire, par exemjjle dans celle qui peut se montrer chez les femmes dans l'état puerpéral.
Cette dégénérescence graisseuse se rencontre ailleurs; on la retrouve dans les vaisseaux dont les parois sont altérées et c'est là l'une des causes du purpura et des taches ecchymotiqnes qui sont si fréquentes chez certains aliénés.' Je me contenterai de vous rappeler l'observation d'un malade chez qui le purpura était tellement général, que, vu de loin, c'était un homme bleu.
Il me reste à vous signaler quelques autres troubles fonctionnels. L'état du pouls, les troubles circulatoires, que je \'ous ai déjà signalés, semblent se rattacher à une modification de la circulation capillaire et à la stase veineuse. Les troubles dont je veux vous parler ici se rapportent plutôt à des altérations artérielles.
Leuret et Mitivié ont publié un traité sur l'état du pouls chez les aliénés. Ils l'ont étudié sui tuut au point de vue du rhythme et de la fréquence, mais ces phénomènes sont relégués au second plan par les données que nous fournit
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la sphygmographie. Quelques données principales se détachent des nombreux tracés publiés à cet égard. Wolff a formLdé à la suite de ses recherclies des conclusions qui peuvent se traduire ainsi. En premier lieu, à l'état pathologique normal pour ainsi dire, il existe un rapport entre la courbe des températures et les oscillations du pouls ; le tracé sphygmographique présente des ditférences de niveau en rapport avec l'élévation ou l'abaissement de la température. La caracléristiquo des aliénés, c'est la perte de ce parallélisme entre les battements des vaisseaux, d'une part, elles fonctions de caloi'ification, d'autre part. C'est là un fait qui témoigne d'un trouble profond dans la synergie des fonctions.
En second lieu, dans les cas graves, le dicrotisme accompagné de la lenteur du pouls a été observé bien des fois chez des sujets sains d'esprit, mais frappés d'une altération profonde du système nerveux central. On le rencontre également chez des aliénés présentant des formes graves et qui ne doivent pas guérir. Lorsque vous trouverez chez nos malades un pouls lent et dicrole, l'indixidu aura toute chance de marcher vers la démence,
A côté des altérations du pouls se placent les variations de la température. La folie, disait Esquirol, est une affection sans fièvre ; ainsi nous devons nous attendre à ne pas rencontrer ces variations thermométriques qui accompagnent d'ordinaire les affections aiguës. Quand elle produit des moditications de température, c'est le plus souvent dans le sens de l'abaissement. Chez les mélancoliques, le thermomètre placé dans le rectum peut facilement descendre jusqu'à 35 degrés; mais ce qui paraît plus étrange, c'est qu'un phénomène analogue se produit quelquefois chez des agités.