‹ Leçons sur les maladies nerveuses (volume 2)Chapitre 119 sur 153 · IV. Historique · texte numérisé non relu

IV. Historique

A'. ÉiroLOGiE. — Tumeurs de la base du crâne. — Anévrysme de l'artère vertébrale (Schiiltz). — Lésions de la convexité des hémisphères. Toutes ces causes provoquent des Spasmes que l'habitude finit par transformer en Tics chez les sujets prédisposés.

VI. Séméiologie. — Rapidité de la contraction musculaire dans le Tic et dans le Spasme. — Localisation des secousses musculaires.

VII. DrAGxosTic. — Le Spasme est un acte exclusivement réflexe, d'origine Spinale. — Le Tic est un acte cérébral cortical, c'est une maladie psychique. — Rôle de la Volonté dans la suppression du Tic.

VIII. Torticolis mental. — Spasme clonique des muscles rotateurs de la tète chez des sujets dont la volonté est impuissante à maîtriser ce mouvement. — Inutilité des artifices employés par les malades pour remédier à leur Tic. — Exemples cliniques.

IX. Le Spasme est un réflexe d'occasion. Le Tic est un réflexe d'habitude ^

Messieurs,

Je vous entretiendrai aujourd'hui d'un sujet sur lequel nos patliologies sont presque muettes ; je veux parler des Tics et des Spasmes cloniques limités à la face.

Si j'aborde devant vous cette question mal posée jusqu'ici et encore plus imparfaitement résolue, c'est que j'ai éprouvé moi-même de grandes difficultés à l'entrevoir clairement. Mes efforts tendront à vous la rendre accessible, et si je n'y réussis pas selon mon désir,

1. Leçon du 8 décembre 1893, résumée par MM. II. Meige et H. Vivier, in Journal de Méd. et Chir. pratiques, 25 janvier r895.

VOUS voudrez bien ne pas vous en prendre seulement à moi, mais aussi un peu à la complexité du problème qui est, selon le Professeur Erb, un des plus ardus de la pathologie nerveuse.

Ce sujet, c'est à dessein que j"ai voulu le restreindre: car s'il n'est pas impossible de reconnaître, dans la pratique, des différences tranchées entre les Tics et les Spasmes cloniques envisagés en général, on se trouve arrêté par des obstacles parfois insurmontables lorsqu'on veut diagnostiquer un Tic exclusivement facial. Ainsi, ce qui, au premier aspect, ne semble qu'une simple question de mots, aboutit, en dernière analyse, à des conclusions pronostiques diamétralement opposées, les Tics et les Spasmes avant, à tous égards, une signification très dissemblable.

I. — Tout d'abord, il importe de définir les termes qui reviendront à chaque instant au cours de cette leçon. « Le Tic, dit Littré, est un mouvement convulsif local et habituel de certains muscles, particulièrement de ceux du visage: » Cette définition n'est guère médicale ; elle ne s'applique ni plus ni moins au Spasme qu'au Tic.

Ce qui caractérise les mouvements des Tics, c'est que, malgré leur complexité et leur bizarrerie, ils ne sont pas toujours, comme on le croit trop souvent, déréglés, incoordonnés, contradictoires au premier chef. Ils sont en général, au contraire, systématisés, en ce sens qu'ils reparaissent toujours les mêmes chez le même sujet; « et, de plus, fort souvent au moins, en les exagérant cependant, ils reproduisent certains actes automatiques d'ordre physiologique appliqués à un but. Parmi les Tiqueurs, les uns semblent vouloir expulser par une brusque expiration nasale un corps étranger engagé dans le nez; les autres, par un mouvement d'occlusion rapide des paupières, semblent vouloir protéger leurs yeux contre la pénétration d'un corps étranger; un autre encore se gratte comme pour combattre la sensation d'une démangeaison intense, etc., etc. ^ ».

Les Spasmes cloniques à l'inverse des Tics, sont des mouvements involontaires oii il est impossible de reconnaître la moindre systématisation fonctionnelle. On n'y voit participer que des muscles ou des groupes de muscles dont la synergie active ne tend par vers un but connu. Mais lorsqu'un spasme proprement dit est

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