The journal of nervous and mental disease 1893, n
BRISSAUD, LEÇONS.
compensations circulatoires auxquelles suffisent les artères lenticulo-striées.
Ainsi, tandis que l'écorce d'un des deux hémisphères est irrémédiablement perdue pour la fonction sensitive, l'écorce de l'hémisphère opposé supplée au déficit par le retour du courant sanguin dans la région capsulaire des fibres commissurales. Mais il peut se faire aussi que le ramollissement cortical — et c'est le cas des grands ramollissements — entraine une telle perturbation dans tout le régime vasculaire de l'encéphale que les artères lenticulo-striées soient incapables de suffire à leur double tâche. Alors, Vhémianesthésie est définitive.
Ce qui est certain, c'est que la plupart des ramollissements corticaux de la région motrice occasionnent presque toujours un léger trouble de la sensibilité, sinon durable, du moins passager, et cela, non seulement dans les membres du côté paralysé, mais encore dans les membres du côté sain. Vous vous rendrez compte de ce phénomène sur lequel je ne veux pas m'étendre aujourd'hui, si vous considérez que le ramollissement d'un point quelconque de la région motrice compromet forcément les fibres sensitives de l'autre hémisphère.
Je ne voudrais pas, Messieurs, terminer sans vous dire que les anatomistes et les anatomo-pathologistes sont encore partagés aujourd'hui sur la question de savoir si les fibres sensitives de la capsule gagnent l'écorce cérébrale directement ou si elles font halte dans les corps opto-striés.
Selon Ilosel et Flechsig, le trajet serait direct. Selon Meynert, Forel, Edinger, Obersteiner, Mahaim, il serait interrompu par la couche optique.
Cette dernière opinion semble jusqu'à présent la mieux établie, malgré le désir qu'on aurait de trouver, dans un système de fibres sensitives directes, une analogie avec les fibres directes (corticopédonculaires) du faisceau pyramidal. Mais n'anticipons pas et attendons les faits.
J'ai pris prétexte d'un cas simple pour aborder le sujet le plus litigieux, à l'heure actuelle, de toute la pathologie cérébrale.
Lorsque j'avançais, au début de cette leçon, que les cas d'hémiplégie vulgaire doivent quelquefois nous arrêter, j'espérais vous
DANS LES HÉMIPLÉGIES D'ORIGINE CORTICALE. 563
prouver le bien fondé de mon dire. Je crois n'y avoir pas manqué ; vous aurez du moins profité de cette circonstance pour revoir, dans ses grandes lignes, une question d'anatomie cérébrale dont les applications cliniques sont des plus intéressantes '.
I. Dans la séance du 2 octobre de la Société de Neurologie de New-York, Dana a rapporté un certain nombre de faits qui viendraient à l'appui de l'opinion émise par lui, il y n six ans, à savoir que les régions motrices de l'écoree sonl aussi le siège de représentations des sensations cutanées — ces centres sensilifs étanl plus étendus et plus diffus que les centres moteurs.
L'anesthésie corticale serait caractérisée par une certaine gaucherie des mouvements accompagnée de perte ou de diminution des sensibilités au tact, à la douleur et à la température.— Dans la même séance, Seguin el Alleu Starr onl fait remarquer combien peu nombreuses el peu précises sont les observations d'hémiplégie avec anesthésie d'origine corticale dans lesquelles les troubles de la sensibilité se trouvaient bien analysés.
Dans nombre de cas de ce genre, où l'anesthésie n'a pas été signalée, on doit admettre qu'elle est simplement restée inaperçue. Semaine médicale, 1888. p. 374, et 1894. h. iT.Y