ANATOMIE PATHOLOGIQUE ET .NATURE SYSTÉMATIQUE
moment à ce que je vous disais précédemment, supposer une dégénération des neurones à court trajet ou fibres de cordons qui les accompagnent. M. Strùmpell a eu l'obligeance de me montrer ses préparations, mais je ne conclurai pas pour cela dans un sens ou dans l'autre. Ce qui est incontestable, c'est que la dégénération dans la moelle et dans la capsule occupent très exactement la région du faisceau pyramidal (Fig. 14 et 15).
D'ailleurs, l'histoire clinique de la malade est celle d'une affection éminemment progressive.
Sa rigidité n'est pas survenue dans un délai prévu d'avance, comme s'il se fût agi d'une double contracture hémiplégique secondaire. C'est peu à peu, très lentement, que les phénomènes spasmodiques se sont généralisés.
L'envahissement bulbaire, relativement précoce, a même réalisé sous une forme imprévue le tableau d'une Paralysie labio-glosso-laryngée spasmodique. La physionomie, l'attitude, la raideur, tout enlin dans l'aspect général de cette malade, rappelait ce qui n'appartient qu'à deux
autres maladies : la Paralysie agitante, et la Paralysie pseudobulbaire (Fig. iiï). Ces deux maladies, du reste, ont entre elles des rapports étroits1. La rigidité du tronc, des membres et du visage dans la Maladie de Parkinson équivaut à l'immobilité spasmodique du tronc, des membres et du visage dans les paralysies pseudo-bulbaires. La malade de Strùmpell avait bien, elle aussi, une Paralysie pseudo-bulbaire, puisque les deux l'ais-
Fig. 16. — Sclérose latérale sans amyotropkie
(Faciès de la Paralysie pseudo-bulbaire; attitude île la Maladie de Parkinson (d'après Strùmpell).
\. Voir à ce sujet les leçons 22 et 23
44 SCLEROSE LATERALE AMYOTROPHIQUE.
ceaux pyramidaux étaient sclérosés au-dessus de la décussation du facial.
Je vous ;ii rapporté, Messieurs, ce cas dont l'importance ue saurait vous échapper, parce qu'il présente un contraste frappant et singulièrement utile à la démonstration, entre la Sclérose latérale amyotrophique et la Sclérose latérale pure. 11 est à prévoir qu'on n'eu publiera pas de semblable avant longtemps. Les quelques observations qu'on pourrait, à la rigueur, rapprocher de cellelà seul infiniment plus complexes.
Mais la « poursuite de l'idéal », même en nosographie, est connue un impérieux besoin pour certains esprits clairs, auxquels on reproche de schématiser à l'excès toutes choses, sous prétexte que la nature n'es! pas simple. C'est ce besoin de voir clair et de schématiser qui a inspiré à Gharcot les grandes classifications que vous savez; c'est grâce aux divisions élémentaires qu'il a établies, aux groupes nosograpbiques qu'il a si brutalement tranchés parlois, que nous pouvons aujourd'hui nous orienter avec quelque sécurité dans la recherche du diagnostic.