S I \ F A M 1 1. 1 S M K M Y X Œ I) É U A T EU X
tin malade dont l'histoire a été recueillie par Henry Meige dans le service du professeur Brouardel (Fig. I i;> et 146) appartient également a ce type de l'infantilisme myxœdémateux où l'on remarque « le torse arrondi, le ventre un peu gros, les membres polelés, enveloppés de graisse, la peau line et rosée, le visage, le pubis, les ;iisselles vierges de tout poil, la voix grêle, la verge
minuscule ». Malheureusement, à l'époque où fut observé ce (ail remarquable, les rapports
de l'infantilis avec le myxœdème n'étant pas
encore soupçonnés, nous ignorons si le corps thyroïde avait conservé des proportions normales; mais tout fait croire qu'il était atrophié comme dans les cas précédents1.
L examen impartial de ces faits ne démoiitret-il pas que l'infantilisme n'est, au total, qu'un myxœdème atténué? Cela n'est plus discutable. Seul le mot de myxœdème pourrait, à la rigueur, pris au pied de la lettre, laisser place à quelques malentendus. Tout dernièrement, mon collègue M.Tbibiei'ge communiquai! à la Société médicale des hôpitaux une étude sur les rapports de l'infantilisme avec le myxœdème et à l'appui de ses conclusions, conformes aux miennes', présentait un sujel infantile atteint d'atrophie thyroïdienne et originaire de pays à endémie goitreuse. Or, chez lismemvxœdémateux , , , .
(cas de ïieigc). ce malade, le myxœdème notait pas complet.
et Ton pouvait objecter qu'il ne s'agissait que d'un « infantilisme congénital » sans myxœdème. A quoi M. Thibierge répondait par avance : « Le sujet, à la vérité, n'a du myxœdémateux ni le visage en pleine lune, ni les mains en balloir, ni les pseudo-lipomes sus-claviculaires ; mais il eu a le tcinl pâle, quelque peu cireux: son visage ridé, d'aspect vieillot, atteste ipie le tégumenl de la face a perdu sou élasticité; il rappelle assez — par celle comparaison je ne veux pas forcer, je traduis simplement mie analogie — celui d'un myxœdémateux démyxœdémalisé par la médication thyroïdienne. Ce visage vieillol est glabre
1. IIk.miy Meick. Loc. cit. Jfouv. Icanog. de la Sa/pétriôre, ir i. 1X04.
comme celui d'un myxœdémateux par agénésie thyroïdienne, lin somme tous les grands caractères du syndrome myxœdème sont, ici présents, l'étal myxœdémateux excepté. C'est un myxœdémateux sans myxœdème; je crois qu'il esl impossible d'arriver par l'examen de ce malade à nue conclusion dillerenle. Il esl, peu «le cas. je pense, aussi favorables à la démonstration de l'existence du myxœdème fruste1. »
M. Thibierge adopte donc, lui aussi, l'identité du myxœdème fruste et de l'infantilisme ; et son opinion vaut toujours qu'on en tienne grand compte. A ce propos mon collègue rappelle que celle corrélation l'avait frappé depuis longtemps et qu'il avait déjà en 1891 émis l'hypothèse que certains hommes « à type infantile» étaient à tout prendre des inyxœdénialeux frustes. Quoique dans le travail auquel il fait allusion, M. Thibierge n'ailpas parlé du type infantile, je ne résisterai pas au plaisir d'en citer le passage le plus important; car c'est à M. Thibierge que revient le mérite d'avoir signalé l'existence des myxœdèmes atténués et frustes. Là est toute la question. S'il n'y avait pas de myxœdèmes frustes, il n'y aurait pas d'infantilisme myxœdémateux.
Voici le passage :
« Le myxœdème spontané ne présente-t-il pas des formes allénuées, compatibles avec une longue vie, avec une existence à peu près normale, et n'y a-l-il pas des myxœdèmes spontanés frustes. comme il y a des myxœdèmes opératoires frustes?- Tout le monde connaît, pour les avoir rencontrés dans la rue, des sujets généralement au-dessous de la moyenne, au teint pâle, à la lèvre inférieure un peu pendante, dont le système pileux de la face est réduit au minimum, qui n'ont jamais eu de barbe; il ouest dont l'intelligence esl manifestement au-dessous de la moyenne, qui sonl des « crétins » au lycée et le restent dans la vie; d'autres peuvent avoir une culture intellectuelle très développée; quelques-uns sont d'une fatuité révoltante; la plupart de ces dégénérés d'espèce particulière n'ont pas de descendance. Ne sont-ce pas des myxœdémateux? Nous ne le savons au juste : il ne nous a pas été donné d'examiner médicalement de sujets répondant au type que nous venons d'esquisser et rie rechercher chez eux l'état du corps thyroïde, qui pourrait seul permettre d'émettre un diagnostic ferme*. »
1 Jamaot. Huit, cl mém. de In Soc. méd. '1rs flôp. Séance du '20 mars 1807, p. 125. ■2. TittusMC. Gai. du hôpitaux, ~<\ janvier 1891.
430 INFANTILISME MYXŒDÊMTEOX.
Dans tout cela il n'est pas question d'infantilisme, mais seulement de myxœdème fruste, et il est évident que parmi ces « dégénérés d'espèce particulière » dont parle m. Tiiibieige il (aul compter on certain nombre d'infantiles.
Une très complète Observation de MM. Marfan et Louis Gui. ion (Kig. I M et I 18) relative à un cas de myxœdème survenu chez un
V\g. \M cl 148. — Myxœdème el infantilisme chez un sujet de ir> ans (Qbsei'valion de Marfan el L. Guinon.)
garçon de 7 ans nous fournil un des plus beaux spécimens de l'infantilisme myxœdémateux1. Os auteurs avaient été frappés de la persistance et de l'intégrité des fonctions psychiques dans ce cas où le myxœdème se manifestait dès l'enfance. Du moins les seuls troubles intellectuels que présentait le malade — lenteur de l'idéation, faiblesse de la mémoire — étaient exactement ceux qui s'observent dans le myxœdème des adultes: et MM. Marfan el L. Guinon concluaient que le tableau clinique du myxœdème