‹ Leçons sur les maladies nerveusesChapitre 43 sur 159 · I. T<MM£M>£, I. II. p. lll · texte numérisé non relu

I. T<MM£M>£, I. II. p. lll

lis LA UÉTAMÉRIE DANS LES TROPHOUÉVROSES.

Vous savez qu'il existe des tumeurs, le plus souvent bénignes, certains lip'omes, par exemple, ou certains fibromes qui se distinguent par une double singularité : elles sont multiples et symétriques. A ces deux caractères - il faut l'avouer, exceptionnels, — s'en ajoute parfois un troisième : elles sont réparties sur des étages horizontaux. Comme un hou nombre d'entre elles sonl précoces et comme il en esl même de congénitales (les fibromes molluscoïdes pour ne citer que celles-là), on peut se demander si leur formation n'est pas indépendante de toute inllucnee nerveuse centrale. Car les centres nerveux, pendant le temps que dure le développement, n'exercent qu'un contrôle restreint sur les parties qui doivent lui être ultérieurement soumises (Fig. 71).

Ici quelques explications sont nécessaires.

X. — Après la fécondation de l'ovule, La segmentation des éléments embryonnaires résultant de la division de la première cellule, se règle et se gouverne spontanément; l'apparition des feuillets blastodermiques n'exige aucune direction étrangère; et longtemps cneore, dans chacun des feuillets du blasl'ïbromes métamàrisés. loderme. la multiplication des cellules

s'accomplit de telle sorte que les organes prennent leur forme, acquièrent leur volume, réalisent leur spécificité analomo-physiologique, sans que le système nerveux * intervienne et prenne la moindre part à celte opération si méthodique, si ponctuelle et si sûre d'elle-même. L'action régulatrice du système nerveux ne s'exerce en effet que sur les organes en fonction. Or « chez l'embryon, il n'y a pas encore d'organes en fonction, il y a seulement des organes en formation', la formation des parties est, pour ainsi dire, la fonction générale de l'embryon. Aussi les causes palhogéniques ne peuvent-elles produire que des troubles de formation, de développement, c'est-à-dire aboutir à des malformations, à des arrêts de développement, à des monstruosités, eu un mot. C'est pourquoi la pathologie générale de I cm-

L \ MÉTAMÉIUE DANS LES TROPHONÉ) ROSES.

bnjon n'est nuire chose que l'étude <les anomalies de l'organisation, que la tératologie et la tératogénio1 ».

Vous voyez où ces considérations vont nous conduire. Un certain nombre d'afiections dont l'origine remonte à la période embryonnaire el don1 l'éclosion ne devient évidente qu'à l'âge adulte, peuvent présenter une disposition topographique évoquant l'idée d'une influence métamérique spinale. Or, il est toute une catégorie de maladies de la peau, qui équivalent à de véritables malformations, qui sont des états monstrueux : les nsevi par exemple. Les espèces en sont très nombreuses. Congru/laies, c'està-dire contemporaines delà naissance, ou acquises, c'est-à-dire postérieures à la naissance, elles peuvent dater eflèctivcmcnt de l'époque à laquelle s'est formée la partie qui en est le siège. Mais « la malformation, l'état monstrueux d'une partie n'est pas la conséquence d'une maladie subie par celle partie; cet état monstrueux, ce développement anormal constitue la maladie même; en d'autres termes, chez l'embryon, une cause pathogène ne détermine pas une maladie qui, à son tour, produit une monstruosité; la cause pathogène •produit directement la monstruosité, le défaut ou l'arrêt de formation, el elle ne peut produire autre chose, puisque l'embryon ne traduit sa vie et ses fondions que par des actes de développement, et que les troubles de sa vie et de ses fonctions ne peuvent être que des troubles de développement2 ».

La meilleure preuve que le système nerveux central n'est pas indispensable au développement des autres parties, c'est qu'un vertébré quelconque peut venir au monde, très bien constitué dans son ensemble, ou peu s'en faut, sans avoir de système ncrveux central. Si, comme il arrive souvent, une monstruosité, un naevus, une pigmentation anormale existent chez cet être privé de moelle el de cerveau, il est bien évident que toute influence nerveuse est étrangère au développement de la monstruosité (Fig. ~rl).

il esl même inutile, d'invoquer l'exemple des sujets amyélencéphales pour démontrer l'autonomie des monstruosités; un exemple inverse et moins brutal esl également significatif. Chez les eclromèles, l'absence ou l'atrophie d'un membre ou d'un segraenl de membre n'implique nullement l'absence ou l'atrophie du ren-

1. Matiiias De val. l'athoffi-nii; ^('ik't.-iIo di; IVnilirvnn. 'Vrai lé de pathologie générale il»? Cb. Bouchard, t. [, \>. 150.

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