‹ Leçons sur les modifications du sang sous l'influence des agents médicamenteux et des pratiques thérapeutiquesChapitre 74 sur 126 · GG · texte numérisé non relu

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décembre

(I) Nous désignons ici par la lettre 11’ le rapport entre les globules rouges et les N

hémotoblastes — .

(1) Dans le tableau suivant on remarquera que la valeur des globules (G) n’a pas été déterminée le 7 novembre; l’oreille inciséece jour-là comme d’habilude avec une lancette n’a pas donné lieu à un écoulement de sang suffisant. 11 faut en effet nour que l’examen du sang soit valable que

la petite plaie pralique'e à l’aide d’une lancette à la face interne du pavillon de l’oreille laisse facilement et sans compression échapper quelques gouttes de sang. Lorsqu’on est obligé d’attendre pour recueillir le sano-, celui-ci s’épaissit et se coagule; il faut qu’il soit recueilli au fur et à mesure de sa sortie du vaisseau.

Les signes gravés sur le bois indiquent les jours des saignées.

ÉMISSIONS SANGUINES

Les résultats de celte expérience sont représentés dans le graphique de la figure 20. Les chiffres de la colonne R’ correspondent à des unités.

Exp. XXXVII. Celle-ci a eu pour but de rechercher les effets des saignées modérées faites coup sur coup. Malheureusement il est survenu une hémorragie secondaire; mais le chien ayant survécu, cette expérience est néanmoins devenue, comme vous le verrez plus tard, très intéressante.

Chien griffon, bien portant, du poids de 18 kilogr. Le 12 avril 1880 (matin), saignée de lOOc.c.par la fémorale droite; le soir, saignée de 100 c. c. ; l’animal mange un peu ; leJ3, à 9 heures du matin et à G heures du soir, saignée de 100 c.c. ; le 14, de même à 9 heures et à G heures, saignée de 100 c.c. ; le 15, deux saignées encore à 9 heures et à 6 heures, de 115 c.c. chacune. Le 16, le chien est très faible, il refuse de manger. En trois jours et demi, il a subi 8 émissions sanguines représentant 830 c. c., soit environ le ^ du poids du corps.

Tableau des chiffres représentant l'état anatomique du sang.

DATES

( matin. . . 12 avril. . . !

(soir

13 — matin...

14 — soir ....

7 mai . .

13 juin

Le 19, bien que l’état des plaies soit satisfaisant, il se fait par l’une d’elles un suintement sanguin. Le chien

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Fig. 21.

Les signes gravés sur le bois indiquent les jours des saignées.

ÉMISSIONS SANGUINES

reste néanmoins assez vigoureux. Le 20 et le 21 , on constate encore des taches de sangle long de l’un des membres, mais il n’y a pas de sang répandu dans la niche. Le 22, cette hémorragie accidentelle parait arrêtée, le chien mange bien. Les examens du sang ont été faits avant les saignées.

Nous avons également résumé cette expérience dans un graphique (fig. 21). La colonne vide après le 28 mai représente l’intervalle entre le 28 mai et le 15 juin.

Enfin je vous rapporterai encore une expérience de saignées faites coup sur coup qui n’a été entravée par aucune complication.

Exp. XXXV1IL Chien bouledogue bâtardé, très vigoureux du poids, de 17 k. 500. — Le 3 octobre, après l’examen du sang, on lui pratique une saignée de 220 grammes par la fémorale droite, à 3 h. 45. Température avant la saignée 39° ; une minute après 38°, 5. Le lendemain, à 10 heures du matin, saignée de 150 gr. parle même vaisseau. Poids 16 k. 650 ; temp. avant 38°, 9, après 38°, 4; à 4 heures du soir, saignée nouvelle de 150 gr.; temp. avant 39°, après 38°, 6. Le 5, à 10 heures du matin, saignée de 150 gr. ; texnp. avant 39°, 2, après 39°; à 5 h. 30 du soir, dernière saignée de 120 gr.; temp. avant 39°, après 38°, 7. Le chien ne paraît pas très affaissé.

Toutes les saignées ont pu être effectuées par la même artère. La plaie guérit rapidement et l’animal reste vif et en apparence bien portant pendant toute la durée de l’observation. Cependant le 5 novembre, au moment où l’on suspend les examens du sang, le poids n’est plus que de 15 k. 500.

TABLEAU

Tableau représentant l’état anatomique du sang.

DATES

30 septembre

octobre

2 novembre

Les examens du sang consignés dans ce tableau et les courbes reproduites ici (fig. 22) ont été faits avant les saignées du soir. Au nombre de 5 en 50 heures, celles-ci ont soustrait une quantité de sang représentant environ le du poids du corps, ce qui est considérable.

Le nombre des globules rouges décroît très rapidement et atteint son minimum deux jours après la dernière saignée, soit le 4e jour après la première. Remarquez que le minimum diffère peu du chiffre trouvé avant la dernière saignée (celle de 120 grammes seulement), ce qui montre que, sous ce rapport, ces opérations équivalent à une saignée unique forte. Elles en diffèrent toutefois sensiblement, en ce sens qu’une perte unique s’élevant

HAYEM. — SANG

ÉMISSIONS SANGUINES

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d’emblée à ^ du poids du corps aurait été bien autrement préjudiciable, ce qui prouve une fois de plus la dilution successive et assez rapide du sang au fur et à mesure que les saignées se multiplient, et permet de comprendre pourquoi la dernière spoliation a produit un résultat relativement si peu accusé.

La réparation du sang ne s’est pas fait attendre et, bien qu’elle ait marché d’une manière progressive et assez rapide, elle n’était pas encore complète un mois après la dernière saignée.

Pour résumer ces données expérimentales, on voit que certains résultats généraux peuvent être considérés comme acquis.

Une perte de sang unique faible , ne dépassant pas pour le chien , ou 1,75 pour 100 du poids du corps, ne produit qu’une anémie légère. Cependant lorsqu’elle atteint ce chiffre , elle cause un abaissement du nombre des globules qui persiste pendant 18 à 20 jours.

Les fortes hémorragies sont suivies d’une diminution dans le nombre des globules qui n’arrive pas immédiatement à son maximum. Le sang semble se diluer peu à peu et le chiffre le plus bas est atteint au bout d’un nombre de jours qui varie avec l’importance de l’hémorragie et s’élève à 8 ou 9 jours pour une perte d’environ 3 0/0 du poids du corps. Sur ce point nos résultats sont analogues à ceux qui ont été obtenus par Hünerfauth1 et Buntzen2. Puis la ligne d’ascension s’établit d’une manière irrégulière, assez lentement ; la durée de la réparation varie d’ailleurs nécessairement avec l’abondance de la perte et les conditions dans lesquelles se trouve le sujet de l’expérience.

Les saignées multiples, faites à de courts intervalles,

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ÉMISSIONS SANGUINES

produisent des effets analogues à une saignée unique abondante. Gomme le sang a commencé à se diluer dès la première saignée, le minimum d’abaissement suit de peu d’heures la dernière saignée.

Pour la même raison, il faut tirer ainsi une plus grande quantité de sang pour déterminer une anémie équivalente. Plus les saignées sont rapprochées, plus les effets qu’on en obtient, sous ce rapport, ressemblent à ceux d’une saignée unique forte, la masse de sang mettant plusieurs jours à se reformer et plus aussi, par conséquent, l’anémie produite est intense. C’est ce qu’on voit dans les saignées coup sur coup. Dans l’expérience XXXVIII, une série de saignées ne s’élevant qu’au 21e du poids du corps, détermine une anémie aussi grande que des saignées un peu plus espacées s’élevant jusqu’au 14e de ce poids. (Eæp. XXXVI.)

Quant aux saignées abondantes et espacées, elles donnent les mêmes résultats lorsque les intervalles sont assez rapprochés; il n’en serait pas de même, d’après ce que nous avons vu deux fois chez le chien et maintes fois sur les malades, quand on les espace davantage ; mais sur ce point je n’ai pas de données expérimentales suffisantes pour formuler une loi.

Toutefois, nous pouvons dire qu’on obtient alors un état d’anémie chronique qui est surtout caractérisé par des altérations qualitatives des globules.

Enfin il faut des hémorragies extrêmement abondantes et multipliées pour produire un abaissement considérable des globules chez le chien. On parvient difficilement à se rapprocher de 2 millions sans tuer l’animal. Dès qu’on cesse les saignées, la multiplication des globules ne se fait attendre que quelques jours. Contrairement à Buntzen , j’ai constaté que cette réparation, lente au début, devenait progressivement plus rapide.

Les expériences, faites sur le chien, ne permettent pas,

vous le voyez, de réaliser entièrement les conditions observées chez l’homme. Car chez les malades, les blessés, on peut observer des anémies d’origine hémorragique beaucoup plus accentuées. C’est ainsi que tout récemment j’ai pu suivre, dans mon service de l’hôpital Saint-Antoine, une malade qui vivait avec 850 000 globules , et encore ceux-ci n’avaient-ils plus leur richesse normale. En cherchant à reproduire expérimentalement cet état, à l’aide de saignées multiples et espacées, j’ai fait jusqu’à présent succomber les animaux (1).

J’arrive maintenant à l’étude des variations que les globules blancs éprouvent dans leur nombre. Je serai nécessairement bref sur ce point : il présente moins d’intérêt qu’on ne le croit généralement.

Divers auteurs, Henle Remakz, Moleschott3, ont observé une augmentation sensible dans la proportion des leucocytes après les pertes de sang. M. Malassez4 est arrivé au même résultat, mais il pense devoir attribuer celte leucocytose au traumatisme expérimental.

Quant à moi, dans mes recherches de laboratoire, j’ai obtenu les résultats les plus variables, les plus irréguliers, comme le prouvent nos courbes et nos tableaux. D’ailleurs il importe de faire remarquer qu’un grand nombre des chiens mis en expérience présentaient, avant la saignée, une augmentation très notable des leucocytes, tenant sans doute à un état morbide encore mal déterminé.

Il est certain que le traumatisme, et surtout la suppuration des plaies, déterminent une élévation du chiffre des globules blancs, mais l’état des plaies n’explique pas toujours les variations qu’on observe.

Toutefois , comme les chiens sur lesquels nous opérons présentent normalement de grandes fluctuations dans

(1) On réussirait peut-être en multipliant de faibles saignées veineuses pendant un temps très long et en évitant de lier les vaisseaux.

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