‹ Leçons sur les propriétés des tissus vivants (volume 2)Chapitre 24 sur 159 · CO.NTRADICTELRS DE HALLER · texte numérisé non relu

CO.NTRADICTELRS DE HALLER

(les tissus nerveux, et lui donna le nom de force nerveuse ou sensibilité.

Avec ces deux seules propriétés, irritabilité et sensibilité, Ilaller voulait reconstruire toute la physiologie ; il ne voyait partout que la fibre musculaire irritable et la fibre nerveuse sensible ; c'était donc bien simplifier les choses à certains points de vue, en les compli([uanl à d'autres, car ces mots prenaient souvent des sens difTérents. D'ailleurs celte théorie était exposée à plusieurs objections. Les végétaux et même beaucoup de parties animales sont dépourvues de ces deux propriétés, irritabilité et sensibilité, indiijuées par Haller comme les seules forces de la vie; et cependant comment douter qu'on ait là des êtres vivants? D'un autre côté, les phénomènes de formalion, de nutrition et de sécrétion se produisent par lefTet d'excitations extérieures. Ces parties où se manifestent ces phéîiomcnes sont donc irritables. Double résultat qui s'accorde mal avec les doctrines précédentes.

Les idées et les expériences de FLaller soulevèrent ujie vive controverse qui dura pendant près d'un demi- siècle. Un grand nombre de physiologistes prirent part à cette lutte, qui avait son origine dans rinsufïisance de la doctrine de Haller, pour rendic compte des phénomènes de la vie. Il se produisit encore bien des complications théoriques que nous ne pouvons exposer i<i, car les mémoires écrits sur cette

Ih l'irritabilité.

question ne forment pas moins fie plusieurs volumes. Haller eut ses partisans et ses détracteurs. Les premiers poursuivirent et discutèrent ses expériences pour en prouver l'exactitude : tels sont Fontana, Signa et beaucoup d'autres. Les seconds, comme Lary, Whytt, Cullen, etc., tirent plus d'expériences pour leur propre compte, en cherchant des objections conti'e les idées de Haller. Ils attribuèrent la faculté d'irritabilité non-seulement aux muscles et aux nerfs, mais encore au tissu cellulaire, aux membranes, aux vaisseaux eux-mêmes, qu'ils prétendaient faire contracter sous l'influence des excitants, ce ([ue Haller ne voulut jamais admettre : il était même fort vif sur ce dernier point, contre son habitude. Cependant, s'il vivait de nos jours, il verrait que ce résultat ne contrariait en rien ses idées, puis- (ju'on a découvert, dans la tunique des vaisseaux, des fibres musculaires encore inconnues à cette époque.

Dans les idées de Haller, il fallait admettre que le nerf n'était que l'excitant de la fibre musculaire ; de sorte qu'il enseignait l'indépendance parfaite des deux propriétés constatées par lui, tout en avouant qu'elles pouvaient réagir mutuellement l'une sur l'autre. Whytt , Lary et d'autres attaquèrent cette opinion, ils tendirent à croire que la présence de nerfs dans la partie excitée était une condition indispensable à la manifestation de l'irritabilité, et que si |p musrlp était iiritable. cétaii sculemcut par les

Page 1