COURANT FAIBLE
CouriiiH asceinlanl.
Fermeture du circuit Conlraclion.
Oiivrrliirc Mien.
Couranl descendant
Fermeture du circuit Contraction.
Ouverture liien.
r.(1Un.\NT MOYEN.
Couranl ascendanl.
Fermeture du circuit Contraction.
Ouverture Contraction.
Couranl descendant.
Fermeture du circuit Conlraclion.
Ouverture Contraction.
lUIUTAilU.N KLlXTRlOLk DtS NLKIS. 'JSô
COUnANT FOUT.
Courant ascendant.
l'Vrnieliiie du circuil lîieii.
Ouvertm-.' ContiMclimi.
Coaranl descendant .
Fermelure du circuit Contraction
Ouverture Rien.
On obtient donc toutes ces variations sur un uKMne nerf en modifiant la force du courant, ce qui prouve que tous les changements observés par Uitter tiennent uniquement aux variations d'intensité du courant, sinon ii des variations absolues, du moins à îles variations relatives à l'excitabilité du nerf moteur et à son irritabilité plus ou moins grande. En effet, que le courant soit plus fort ou que le nerf devienne plus irritable, c'est toujours la même chose quant à l'effet produit. Il faut donc distinguer l'état physiologique du nerf moteiu' et son état anormal qui survient quand il meurt.
Si nous prenons un courant faible, soit en luimême, soit relativement à la résistnnce qu'il rencontre dans le nerf moteur, nous aurons toujours, qu'il soit ascendant ou descendant, une contraction il la fermeture du circuit, et rien à l ouverture. En prenant des courants plus forts-, on produit des ])hénomènes différents, mais qui tiennent à des électroysdtions particulières, à des actions physitiues diverses. 11 ne faut jamais employer ces courants troji
t>H() LKLÉMiiNT m:uvi:i;\.
ibrts ([ui sortent des comlitions physiologiques ordinaires, car les courants physiologiques sont toujours faibles à l'état normal. Ces expériences de Ritter, dont nous avons donné les résultats, sont cependant bonnes à conserver, comme représentant des phénomènes très réels et qui correspondent à des faits ({u'on pourrait retrouver pent-étre dans certains <''tats pathologiques.
L'électricité est donc un irritant C(mimun du nerf moteur et du muscle : mais le nerf y est bien plus sensible; un courant très-faible lui sufiit, tandis ([u'il faut pour le nmscle un courant bien plus fort. Ainsi, prenons un courant d'une intensité suftlsantc, et faisons-le passer k travers le muscie. sans qu'il atteigne le nerf : en diminuant de plus en plus l'intensité de ce courant, on tinii-a pai' ne plus obtenir de contraction ; au contraire, en le portant alors sur le nerf, on aura tout de suite une contraction trèsmarquée. Quand uo courant électrique traverse la masse du cor[)s, il peut produire des contractions tout k la fois en excitant directement les muscles, et en excitant les nerfs moteurs (jui excitent k leur tour les muscles. C'est ce qui a fait dire qu'il y avait un lieu d'élection pour l'action de l'électricité. Ce lieu, c'est l'entrée du nerf dans le muscle, parce qu'en portant Ik l'action électrique on excite k la fois le nerf et le muscle. De même, ([uand on n'obtient aucun résultat en faisant passer un certain courant électrique ii travers un muscle encore pourvu de
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son nerf moteur, mais disposé de telle sorte que ce nerf soit placé sur son prolongement, on obtiendra prescjue toujours une contraction en repliant le nert sur le muscle, parce qu'alors l'irritation électrique s'étendra également aux nerfs. Tous ces faits montrent clairement que le nerf moteur est bien plus excitable que le muscle par l'électricité.
Voici une autre expérience. On prend un îtiusdc sur lequel on fait une section presque complèle, et l'on ('carte un peu les deux lèvn.'s de la plaie nuisculaire. — Nous avons déjà dit, en parlant de l'électricilé musculaire, (jue l"exiérieur du muscle est élecli'isé positivement, tandis que l'intérieur est électiisé négativement. — Puis on prépaie un second muscle, — ordinairement le muscle du mollet, — en lui corservant son nerf, et au moyen de ce nerf nous réunissons la surface extérieure du premier nmscle avec l'intérieur de la coupe que nous y avons prati- ([uée. Comme l'une est éieCtrisée positivement et l'autre négativement, il doit nécessairement se produire un courant dans le nerf, et, par suite de cette excitation, une contraction dans le muscle auquel il aboutit. L'expérience de la patfe yalvanoscopique se fait ordinairement sur des muscles de grenouille, maison peut parfaitement la répéter sur les nuiscles du lapin à sang froid que nous vous avons montié précédemment.
Les nerfs inoteuisont, cmmue les nuiscles, des cou-
laiits <''lectri(iues propres, qui ont été étudiés {ïuw iminière toute partieulière par M. du Bois-ReymoïKl à l'aide de l'appareil que nous avons déjà décrit plus haut eu parlant de rélectricité musculaire (fici;. 56). !.e
Fig. 56. — Appareil de M. du Uois-Heyniond pour l'élude des propriélés électriques des muscles et des nerfs.
X. Muscle place entre les dcvi\ coussinets (la fiyure représente iiii iruisclc ; iiiiiis on peut supposer également un nerf placé dans la même j)osilioii^. — G G'. Vases de verre contenant une dissolution de suliate ilc zinc. — P P'. Lames de zinc amalgamé communitiuanl en K a\ec les lils D D' du ijalvanomètre. — S S'. Supports isolants. — M. Gahanométre.
nert estélectrisé positivement à la surlace et négativement à l'intérieur, al)solument comme le muscle à
ÉLKCTRlClTt M-RVHUSE. ÉLECTROÏONISME. 289
l'état normal. Mais ces phénomènes ne se conservent aussi sous celte forme dans le nerf moteur que tant (ju'il reste à son état ordinaire. S'il se trouve dans des conditions anormales, son état électrique change complètement; il prend, pendant la contraction du muscle, un état électrique qui lui est propre, et auquel M. du Bois-Reymondadonnéle nom d'éleclrotonisme. La coïncidence de cet état particulier avec la contraction musculaire pourrait faire croire qu'il serait la cause de l'influence nerveuse : il se produirait alors dans le nerf un état électrique tout spécial qui modifierait par influence l'état électrique du muscle, et, par suite, produirait son irritation. Tel serait le mécanisme de l'influence nerveuse et de la contraction musculaire.
Terminons en disant quelques mots de ce qu'on a souvent appelé la contraction paradoxale. Je suppose qu'on prépare une patte de grenouille, en lui conservant son nerf aussi long que possible. Si l'on irrite avec l'électricité l'extrémité libre du nerf, après avoir pratiqué une section vers le milieu de sa longueur, on n'obtiendra évidemment rien dans le muscle, puisque l'influence nerveuse ne peut plus se transmettre jusqu'à lui. Mais si l'on replace les deux bouts l'un sur l'autre, on produira alors une contraction marquée. Comment cela peut-il se faire, puisque la section complète du nerf doit arrêter toute influence physiologique qui le parcourt? Voici l'explication de ce singulier phénomène. Sous l'in-
Cl.. liEUN.Uil). l'J
•290 l'élément nerveux.
fhience do 1 irritation électrique, il se proiliiil, à l'extrémité excitée du bout du nerf détaché, un état électrotonique que nous pourrions constater à l'extrémité opposée de ce bout en y plaçant un galvanomètre. Mais la partie du nerf restée fixée au muscle, que nous avons mise précisément en cet endroit, joue absolument le même rôle et reçoit le courant électrique comme le ferait le galvanomètre le plus sensible : elle se trouve donc excitée à son tour, et il n'est pas étonnant dès lors qu'elle fasse contracter le muscle avec lequel elle est toujours en rapport.
Ainsi, l'électricité joue un grand rôle dans le nert moteur comme dans le muscle, et il n'est pas impossible que l'influence mutuelle de ces deux éléments anatomiques l'un sur l'autre ne puisse se ramener dans une certaine mesure à des phénomènes électriques.
Le nerf moteur que nous venons d'étudier est l'irritant naturel du muscle ; mais il a lui-même un irritant normal d'une grande importance, c'est le nerf de sensibilité dont nous commencerons l'étude dans la prochaine séance.