CONSTITUTION DE LA MOELLE ÉIMNIÈRE
là ce qui pourrait induire en erreur sur la cause de certains phénomènes de mouvement, car ces phénomènes peuvent également dériver de plusieurs origines fort diverses.
Les mouvements réflexes ne peuvent s'expliquer que par une action du nert de sensibilité sur le nerf moteur sans passer par le cerveau, ce qui implique des connexions anatomiques entre les deux espèces de nerfs. Ces connexions ne peuvent évidemment exister que dans la moelle épinière où les nerfs sensitifs et les nerfs moteurs ont leur commune origine. C'est là, en effet, que nous allons les trouver.
M. Jacubowitch a tait un travail considérable .sur kl constitution anatomique de la moelle épinière; il s'est occupé principalement des cellules qui servent de point de départ aux différents nerfs, ainsi que des rapports que ces cellules ont entre elles, et il a donne divers tableaux qui représentent, d'après les nombreuses observations qu'il a faites, l'aspect de ces cellules, ainsi que de leurs connexions nerveuses, avec un grossissement considérable.
On a distingué d'abord dans la moelle épinière les cellules et les fibres. Puis on admit plusieurs espèces de cellules, d'après le nombre de leurs connexions : les cellules apolaires, qui sont complètement isolées, n'étant réunies à aucune autre par des fibres nerveuses; les cellules unipolaires^ qui n'émettent
oU8 l'élément neuvelx.
({u'unc seule libre, et par conséquent n ont ijuiHie
seule connexion avec d'autres cellules (fig. 02); les
rig. 6'2. — Cellules apolaires et unipolaires (d'après Jacubowitch).
a. Cellules apolaires. — ô. Cellule unipolaire.
cellules bipolaires, qui ont deux fibres, et par suite deux connexions (fig. 03) ; enfin les cellules vmUipo-
rig. 63. — Cellules bipolaires (d'après Jacubowitel)). ç. Une cellule bipolaire a\ec ses deux fdcts nerveux.
laires (lig. 6!i et 65), qui ont un nombre de connexions plus considérable, et servent de point de départ à une quantité quelquefois fort grande de fibres nerveuses. Beaucoup d'anatomistes contestent aujourd'hui l'existence de cellules apolaires et unipolaires ; mais ce point n'est pas encore parfaitement éclairci, à cause des difficultés considérables que présentent
rONSTITlTION DF I.\ MOEIl.E KPIMKRE. S09
des dissections minutieuses dans la moelle épinière et sur des organes aussi délicats. La composition ana-
Fig. 64. — Cellule ganrjiionnaire niullipolaire (d'après I.eydig). (Fort grossissement )
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Fij-. 63. — Un ganglion synipatliique avec CL-llules multipolaires (d'après Leydig). (Fort grossissement.)
âlO l'élément nerveux.
tomique des cellules de la moelle est d'ailleurs celle (1(3 toutes les autres cellules nerveuses, telle que nous l'avons indiquée déjà. Les cellules motrices sont généralement plus grandes que les cellules sensitives (fîg. 66). Il y a aussi des cellules se rattachant
Fig. 66. — Cellules de sentiment et cellules de mouvemont dans la moelle épiniére (d'après Jacubowitcli).
a a'. Deux eoUulos de seiitimont du même cùté de la moelle, eomiminit|uant entre elles, — /;. Une autre eellule de sentiment. — '". GelluK' de mouvement.
au système du grand sympathique et qu'il faut mettre à part (voy. plus loin fig. 71 , p. 315). M. Jacubowitch les considère comme l'origine des différents nerfs de ce système.
La disposition des diverses espèces de cellules dans la moelle est du reste fort compliquée. Mais il faut bien admettre qu'il y a des communications entre les cellules sensitives et les cellules motrices, à moins de supposer que dans les mouvements réflexes, l'action nerveuse se communique, non par continuité, mais