CL, BERNARD
l'irritabilité.
plus loin encore : d’autres idées se firent donc jour.
Krause dit déjà, en 1833 ( Manuel de t anatomie de V homme), que tous les tissus doivent être considérés comme des modifications du tissu cellulaire, idée entrevue depuis longtemps, du reste, par Walter. Dutrochet et Mirbel s’occupent beaucoup de l'histogenèse, c’est-à-dire de l’origine des tissus; ils placent cette origine dans la cellule, et Dutrochet pose déjà cette loi, que la cellule conserve son activité vitale aussi longtemps que ses parois restent solides et que son contenu est encore pur et fluide. En Allemagne, Brown, avec un de ses compatriotes, découvre le noyau de la cellule qu’il considère comme une condition primaire du développement organique. Schultz assimile les globules de sang à des cellules, et, en 1838, R. Wagner compare l’œuf lui-même à une cellule.
C’est alors, en 1839, qu’apparaissent Schleiden et Schwann, qui trouvent toutes ces idées préparées, et généralisent la cellule comme condition élémentaire de l’organisation, Schwann dans les animaux, Schleiden dans les végétaux. Ils montrent que les tissus se développent par des cellules. Alors s’ouvre pour l’histologie une nouvelle ère.
On a cherché à saisir, à travers le développement de l’embryon, la transformation des cellules dans d’autres éléments. On conserve encore les tissus, parce qu’en définitive ce sont des assemblages d’organ s primitifs ; mais aujourd’hui l’histologie s’entend
SCIILEIDEN ET SCHWÀNN. 19
surtout de l’étude des éléments extrêmement ténus qui composent ces tissus, et qu’on appelle même fort souvent éléments histologiques . C'est à cette époque que s’établit la théorie cellulaire, qui considère tous les organes comme une dérivation de la cellule, l’œuf lui-même étant une cellule qui donne naissance à beaucoup d’autres.
Cependant, bien qu’on soit parfaitement d’accord sur le développement des végétaux, comme des animaux, par des cellules, il y a encore bien des dissidences. Ainsi, Schwann admettait que des cellules peuvent prendre naissance dans des liquides qui n’en contiennent pas encore, dans une liqueur albumineuse appelée blastème (üg. 1). Cette idée est vive-
Fig. 1. — Formation de cellules dans un blastème.
ment combattue aujourd’hui en Allemagne par la plupart des physiologistes, qui n’y voient pas autre chose que la génération spontanée. Les cellules ne se développant pas spontanément, elles doivent donc procéder les unes des autres par le fractionnement ; et, en effet, on voit dans l’œuf une cellule primitive se fractionner en deux, puis en quatre parties, et ainsi
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do suite, pour donner naissance à autant de cellules dérivées (fig. 2, 3, ô, 5 et 6).
Fig. 2. — Œuf-cellule (u’après Leydig).
a. Membrane. — b. Contenu. — c. Noyau. — cl. Nucléole. (Fort grossissement.)
Plusieurs stades du processus de segmentation qui rendent sensible la multiplication des cellules par division (d’après Leydig).