MOUVEMENTS RÉFLEXES DANS LA DIGESTION
appuyées par des observations assez bien faites; mais il ne faut pas oublier qu’on agissait principalement sur des gallinacés, ce qui explique l’erreur et fait comprendre comment on s’est tant exagéré l’importance des agents mécaniques. Chez ces animaux, en effet, les mouvements concourant à la digestion prennent une énergie toute particulière, surtout dans le gésier. Mais ce n’est pas une raison pour ne voir que ce phénomène de broiement et oublier tout le reste. Le gésier ne fait que remplacer les dents, et les mouvements qu’on y observe 11e sont qu’un acte préparatoire de la digestion proprement dite, acte qui a pour but de mieux diviser les aliments, afin qu’ils s’imprègnent plus vite des différents sucs digestifs et qu’ils subissent plus complètement leur action. En un mot, ce qui se passe là, ce n’est autre chose qu’une sorte de mastication placée un peu plus profondément dans l’intérieur du corps, et voilà tout. Les liquides, au contraire, jouent toujours un rôle capital et décisif.
Mais tout cela, liquides ou mouvements, tout cela est dû à des actions réflexes, et la digestion tout entière se produit ainsi. En effet, ainsi que nous l’avons déjà dit, quand on place un grain ou un autre aliment dans la bouche d’un animal privé de cerveau, et incapable par conséquent de tout mouvement direct et volontaire, il avale aussitôt ce grain, évidemment par un mouvement réflexe; d’autres mouvements du meme genre, échelonnés
L ELEMENT NERVEUX
tout le long du tube digestif, se succèdent les uns aux autres, en se provoquant mutuellement, et président ainsi aux différentes phases de la digestion qui s’accomplit d’un bout à l’autre sous leur empire exclusif, à peu près aussi régulièrement que si l’animal n’avait pas été privé de son cerveau. L’action volontaire a donc ici une influence bien minime ou nulle, et les premiers de tous ces mouvements réflexes, ceux qui s’accomplissent dans la bouche, sont meme les seuls qu’elle peut parvenir à maîtriser. Les autres lui échappent complètement, et dès que l’aliment est dans le pharynx, il lui est impossible d’empêcher la déglutition, ni à plus forte raison tous les actes ultérieurs.
On a observé dans le canal intestinal des mouvements réflexes parfaitement séparés du système Gérébro-spinal, et résultant de l’irritation directe des intestins. On produit des phénomènes tout à fait semblables dans l’uretère en opérant de la même manière.
Cependant certains mouvements réflexes de la vie organique peuvent passer par le système cérébrospinal; mais il n’en est pas moins certain d’un autre côté que des ganglions du grand sympathique jouent quelquefois le rôle de centre : nous l’avons montré précédemment d’une manière incontestable dour le ganglion sous -maxillaire (1). Certains plexus particuliers peuvent jouir des mêmes propriétés.
(I) Voy. ci-dessus vingt et unième leçon, pag. 344 à 348.