MOYENS DE PRODUIRE LE DIABÈTE SUCRÉ
riant d’une action réductrice, elle fermente, elle donne de l’acide carbonique, en un mot, elle présente tous les caractères des urines diabétiques. Du reste, quand on calcule convenablement la dose de curare de manière à ne donner qu’une quantité trèstaible et tout juste suffisante pour atteindre le but qu’on poursuit, l’animal peut parfaitement éliminer le poison, et survivre ainsi au traitement quon lui a imposé. Le lapin sur lequel nous opérons en est un exemple, car c’est la seconde fois déjà qu’il subit l’action du curare dans ces conditions, et rien ne prouve qu’il doive succomber à cette nouvelle expérience.
Nous avons dit qu’il y avait encore beaucoup d’autres moyens pour rendre un animal diabétique. On y arrivera, par exemple, d’une manière bien simple, en coupant les filets du grand sympathique à leur entrée dans le foie. Mais on peut aussi produire le meme résultat eu agissant sur le centre du système grand sympathique du foie, centre qui est situé dans la moelle allongée, un peu au-dessus de l’origine du nerf pneumogastrique; c’est ce point, en effet, qui préside à la plupart des actions du grand sympathique, et notamment à celles qui se produisent dans les filets nerveux se distribuant au foie. Les influences morales peuvent aussi rendre momentanément diabétique.
Les actions chimiques ne sont, au fond, que des
L ÉLÉMENT NERVEUX
actions de contact entre les molécules des corps douées de propriétés différentes. Mais il ne faudrait pas s’imaginer que le grand sympathique produit eu quoi que ce soit ces phénomènes; son rôle se hornc uniquement à mettre en présence les éléments ca-
pables d’en provoquer la manifestation. Ainsi ce n’est pas lui qui produit le sucre ; il ne crée pas la diastase; il n’est point la source de la chaleur animale, et n’entretient point la composition du sang; il ne forme même pas l’amidon au milieu des cellules du foie. Mais, grâce au mécanisme que nous avons exposé tout à l’heure, il met le sang en contact avec la matière contenue dans le foie et sécrétée par cet organe. C’est aux propriétés de ces corps qu’il faut rapporter la production du phénomène. Cela est si vrai, qu’en opérant sur un animal malade, dont le foie 11e forme plus de sucre, nous aurons beau paralyser ou détruire le grand sympathique et laisser un libre accès au sang, nous ne parviendrons jamais à produire la plus petite parcelle de sucre. Le rôle du système nerveux ressemble donc ici à celui d’un chimiste; quand le chimiste réunit de la potasse et de l’acide sulfurique, le sel qui se forme est une conséquence des propriétés de ces deux corps, mais le chimiste n’entre pour rien dans les causes du phénomène : il a rapproché les éléments, et voilà tout. Eh bien, le grand sympathique ne fait aussi que rapprocher des substances venues de divers points, et ce sont les réactions mutuelles