‹ Leçons sur les propriétés des tissus vivantsChapitre 4 sur 200 · CONDITIONS DE PRODUCTION DES PHÉNOMÈNES · texte numérisé non relu

CONDITIONS DE PRODUCTION DES PHÉNOMÈNES

pes scientifiques sont les mêmes clans la physiologie, qui embrasse les phénomènes de la vie, et dans les sciences physico-chimiques, qui s’occupent des phénomènes manifestés par les corps bruts. Tout ce qui est vrai d’un côté l’est également de l’autre : il n’y a pas deux natures contradictoires qui donneraient lieu à deux ordres de sciences opposés.

En effet, quel que soit le genre de phénomènes auquel les sciences se rapportent, elles ont toutes un but commun et identique, un but qu’elles poursuivent partout dans leurs recherches et qui est le couronnement de tous leurs efforts : ce but final, c'est de ramener les phénomènes à leurs causes prochaines, c’est-à-dire de les rattacher à leurs conditions immédiates d’existence. Ainsi , de même que les sciences physico-chimiques déterminent les circonstances dont le concours est indispensable pour la production de chaque phénomène dans la nature inorganique , de même aussi la physiologie a pour objet propre d’expliquer les phénomènes de la vie en les déduisant d’une manière nécessaire des conditions qui leur donnent naissance.

Les causes ou les conditions de la manifestation de tout phénomène, qu’il se produise dans la nature inanimée ou dans la nature vivante, ces causes sont constamment doubles. Elles se trouvent à la fois dans le corps , brut ou vivant, qui manifeste le phénomène, et dans le milieu, inorganique ou organique, au sein duquel ce phénomène est manifesté.

l’irritabilité.

Supprimez l’une ou l'autre de ces conditions élémentaires, et le phénomène, qu’on est ainsi amené à considérer comme le produit de la rencontre de ces deux causes, le phénomène s’évanouit complètement. Dans l’ordre des sciences physico-chimiques, prenez un corps et supprimez le milieu ambiant, chaleur, lumière, électricité, gaz ou liquides : il ne se manifeste plus aucun phénomène ; supprimez le corps lui-même, et tout disparaîtra également.

La manifestation des phénomènes de la vie est soumise aussi à cette double condition qui se trouve, d’une part dans Y être vivant , c’est-à-dire dans l’organisme manifestant le phénomène, et d’autre part dans le milieu où vit cet être organisé. Si l’on altère ou si Ton détruit l’organisme, sans modifier le milieu, la vie s’arrête aussitôt. Altérez ou supprimez le milieu, en laissant l’organisme intact, et la vie cessera également. Le phénomène vital n’est donc tout entier ni dans l’organisme seul , ni dans le milieu seul : c’est, en quelque sorte, un effet produit par le contact entre l’organisme vivant et le milieu qui l’entoure. Comme on le voit, cela revient exactement aux conditions d’existence des phénomènes dans la nature inorganique, et nous avions raison de dire que les principes qui dirigent le physicien et le chimiste dominent également la physiologie et doivent guider celui qui l’étudie.

La physiologie embrasse donc deux ordres distincts d’études que nous allons examiner successi-

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