ANIMAUX ÉLECTRIQUES. "20 O
passent dans l’organisme, et surtout dans le muscle lui-même. Ce sont ces phénomènes qu’il nous faut maintenant étudier : d’abord les courants électriques qui parcourent incessamment le muscle ; puis les phénomènes de chaleur qui s’y produisent, notamment par suite de la respiration musculaire, qui est une sorte de combustion accomplie dans les tissus intimes des muscles ; et enfin les phénomènes de nutrition , et le phénomène ultime de la vie du muscle, la rigidité cadavérique.
Nous commencerons par l’étude des phénomènes électriques qui sera l’objet de cette leçon.
11 y a d’abord des animaux qui produisent de l’électricité lorsqu’ils sont vivement excités ou menacés de quelque danger, notamment les poissons électriques et surtout la torpille. Mais ce n’est point de cette nature particulière de phénomènes propres à certains animaux que la physiologie générale doit s’occuper, il s’agit ici d’électricité produite par tous les muscles, chez tous les animaux, et non par certains animaux et par certains muscles spéciaux. En un mot, nous parlons des phénomènes électriques qui font partie des manifestations essentielles du système musculaire, et qui paraissent être produits partout par le jeu de ce système.
On a surtout observé la production d’électricité dans les muscles de la grenouille, mais il ne fan-
l’ ÉLÉMENT CONTRACTILE.
drait pas croire que cela soit une particularité propre à cette espèce. Si l’on a toujours choisi la grenouille pour ces études, c’est qu’il est plus difficile d’opérer sur les animaux à sang chaud , parce que leurs muscles perdent plus vite leurs propriétés vitales après la mort de l’individu. Les phénomènes dont nous allons parler existent parfaitement chez ces animaux, mais l’excitabilité des tissus persistant trèspeu de temps, ils s’évanouissent fort rapidement. C'est là la seule cause qui empêche de les constater, et en effet, si l’on transforme un lapin en animal à sang froid, ce qui peut se faire facilement au moyen de certaines lésions au système nerveux, comme nous le verrons plus tard, on obtient alors tous les phénomènes électriques constatés d’ordinaire sur la grenouille. La marmotte réalise naturellement cette singulière transformation pendant son long sommeil de l’hiver, et l’on peut en dire autant des autres animaux hibernants. Tous les phénomènes vitaux acquièrent alors chez eux une remarquable lenteur, et, par suite de cette diminution d’activité, ils se perpétuent bien plus longtemps après la mort, parce que la provision de force qui existe à ce moment s’épuise beaucoup moins vite. L’animal se trouve alors placé dans les mêmes conditions qu’une grenouille ou qu’un animal à sang froid ordinaire, et l’on peut facilement observer sur ses muscles les mêmes phénomènes.
Il nous est donc permis de poser ce principe, à