QUANTITÉS DE GAZ DISSOUTES DANS LE SANG
delà circulation, sa composition, au point de vue des gaz qu’il tient en dissolution, doit être indépendante de ces diverses circonstances, puisqu’il est envoyé du cœur dans un état constant et unique, et qu’il ne rencontre le long de son trajet que le ralentissement de la circulation qui serait susceptible de le modifier sur certains points plutôt que sur d’autres. Mais le sang veineux qui sort du muscle change avec l’état de ce muscle.
Nous avons fait un certain nombre d’expériences sur les muscles droit, antérieur, ou couturier, du chien. Voici le résultat d’une de ces expériences :
Sur 100 centimètres cubes, nous avons trouvé :
1° Sang artériel.
ce
Oxygène 7,31
Acide carbonique 0,81
II0 .Sang veineux.
À. — À l’état normal ou de ton musculaire, c'està-dire le muscle étant en repos, mais soumis à l’in— fluence statique de son nerf :
ce
Oxygène 5,00
Acide carbonique 2,50
B. — À l’état de contraction complète, c’est-adire aussitôt après la contraction obtenue, et toujours sous l’influence du muscle :
cr
Oxygène 4,28
Acide carbonique 4,20
Ai
b ÉLÉMENT CONTRACTlie.
C. — Enfin à l’état de paralysie du muscle obtenue par la section du nerf qui s’v distribue ;
Oxygène 7,20
Acide carbonique 0,o0
Voici les résultats d’une autre expérience, toujours faite sur le muscle de la cuisse d’un chien :
1° Sang artériel.
Oxygène 9,31
Acide carbonique 0,00
llu Sang veineux.
A. — A l'état de repos ou de ton musculaire :
Oxygène 8,21
Acide carbonique 2,01
B. — À l’état de contraction complète, c’est-àdire aussitôt après la contraction obtenue :
Oxygène 3,31
Acide carbonique 3,21
Ces calculs sont toujours faits sur 100 centimètres cubes de sang. Dans cette expérience, on n’a pas analysé, le sang dans le troisième état du muscle, celui de paralysie complète.
Quand le nerf du muscle est coupé, le sang veineux sort de ce muscle en plus grande ipian-
QUANTITÉS DU GAZ DISSOUTES DANS LE SANG. 2*2o
titë et plus rapidement; il est presque rouge comme .dans la syncope, et se rapproche beaucoup par sa couleur du sang artériel, parce que la combustion est alors très-peu active et que le sang circulant plus vite, séjourne moins longtemps dans le tissu musculaire. Les chiffres (jue nous venons de donner prouvent qu’il s’en rapproche aussi par les quantités des divers gaz qu’il tient en dissolution; les différences sont, en effet, peu importantes (7CC,20 d’oxygène au lieu de 7cc,3i, et()cc,5G d’acide carbonique au lieu de 0CC,8\). Le sang sort donc alors du muscle à peu près comme il y est entré. Une observation qui vient confirmer ces résultats, c’est que% chez les paralytiques, le sang veineux est bien plus rouge qu’à l’état normal, pourvu que la paralysie porte à la fois sur les nerfs moteurs et sur les nerfs vasomoteurs, mais non sur les centres nerveux proprement dits, car alors la moelle épinière, jouant le rôle de centre des nerfs sympathiques, peut, si elle est préservée, maintenir le ton musculaire et entretenir par suite le ralentissement circulatoire nécessaire à la combustion respiratoire.
Au contraire, après la contraction, le sang veineux est tout il fait noir, parce que la combustion est très-active et qu’il contient beaucoup d’acide carbonique (4CC,W20 au lieu de 2CC,50 dans un cas , et 3CC,21 au lieu de 2tb,01 dans l’autre) et peu d’oxygène (7icc,2 8 au lieu de 5CC,00 dans le premier cas, et 3CC,31 au lieu de 8CC,21 dans le second). Ces ex-
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périences nous montrent également les modifications qu’éprouve le sang en traversant le muscle et en y subissant la respiration musculaire. Dans la première expérience, la proportion d’oxygène s’est abaissée de 7CC,31 (sur 100 centimètres cubes) à 5e ,00, lorsqu'il sort à l’état de ton musculaire, et à icc,2,8 s’il sort après la contraction ; tandis que la proportion d’acide carbonique s’élevait de 0CO,81 à 2CC,50 dans le premier cas, et 4CC,20 dans le second. L’autre expérience donne des résultats encore plus différents : la quantité d’oxygène baisse de 9CC,31 à occ,3l pour l’état de contraction, tandis que l’acide carbonique, qu’on n’avait pu trouver en aucune quantité dans le sang artériel, se trouve dans le sang veineux avec la proportion de 3CC,21 sur 100 centimètres cubes. Les phénomènes de calorification sont théoriquement en rapport avec les phénomènes chimiques; et c’est ce qui fait admettre que l’exercice musculaire est essentiellement favorable au développement de la chaleur animale.