‹ Lecons sur les proprietes des tissus vivantsChapitre 100 sur 140 · CI.. nEu:<AnD · texte numérisé non relu

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cerveau et les nerfs : la tôte est complètement séparée du corps. Cependant, si l'on pince cette grenouille à une de ses pattes postérieures, elle remue vivement la patte lésée, puis l'autre, et môme le reste du corps. Ce phénomène ne peut pas se produire par suite de la sensation de douleur qui déterminerait un mouvement volontaire, puisque toutes les comlîiunications avec le cerveau, organe indispensable de la volonté, ont été coupées d'une manière définitive par la séparation de la tète. Ces mouvements, qu'on ne peut rapporter à une cause volontaire, ont été appelés mouvements réflexes, parce qu'on a comparé cette action à celle de la lumière qui se réfléchit sur un miroir. En effet, ces mouvements peuvent être considérés comme se réfléchissant sur la moelle épinière. Cherchons donc par quel mécanism.e ils peuvent se produire,

Nous avons déjà dit que le nerf moteur et le nerf sensitif constituaient deux éléments histologiques distincts. En effet, de même que nous avons des poisons qui atteignent mortellement les muscles sans toucher aux nerfs, de même aussi nous en avons qui tuent les nerfs moteurs sans léser les muscles ni les nerfs sensitifs (curare). Mais comme l'élément sensitif domine les autres, son irritation ou sa mort se manifesteront jusque dans le système musculaire, c'est-à'dire sur tous les éléments histologiques qui lui sont inférieurs dans la chaîne des influences successives aboutissant à la contraction musculaire. C'est

CONSTITUTION DE LA MOELLE ÉPINIÈRE. .*i07

là ce qui pourrait induire en erreur sur la cause de certains phénomènes de mouvement, car ces phénomènes peuvent également dériver de plusieurs origines fort diverses.

Les mouvements réflexes ne peuvent s'expliquer que par une action du nert de sensibilité sur le nerf moteur sans passer par le cerveau, ce qui implique des connexions anatomiques entre les deux espèces de nerfs. Ces connexions ne peuvent évidemment exister que dans la moelle épinière où les nerfs sensitifs et les nerfs moteurs ont leur commune origine. C'est là, en effet, que nous allons les trouver.

M. Jacubowitch a fait un travail considérable sur la constitution anatomique de la moelle épinière; il s'est occupé principalement des cellules qui servent de point de départ aux différents nerfs, ainsi que des rapports que ces cellules ont entre elles, et il a donné divers tableaux qui représentent, d'après les nombreuses observations qu'il a faites, l'aspect de ces cellules, ainsi que de leurs connexions nerveuses, avec un grossissement considérable.

On a distingué d'abord dans la moelle épinière les cellules et les fibres. Puis on admit plusieurs espèces de cellules, d'après le nombre de leurs connexions: les cellules rt/)o/atVe5, qui sont complètement isolées, n'étant réunies à aucune autre par des fibres nerveuses; les cellules unipolaires, <pii n'émettent

«jOo l'élément nerveux.

qu'une seule libre, et par conséquent n'ont qu'une

seule connexion avec d'autres cellules (fig. 62); les

Fig. 62. — Cellules apolaires et unipolaires (d'après Jacubowitch).

a. Cellules apolaires. — b. Cellule unipolaire.

cellules bipolaires, qui ont deux fibres, et par suite deux connexions (fig. 63) ; enfin les cellules multipo-

Fig. 63. — Cellules bipolaires (d'après Jacubowitch). c. Une cellule bipolaire avec ses deux filets nerveux.

laires (fig. 64 et 65), qui ont un nombre de connexions plus considérable, et servent de point de départ à une quantité quelquefois fort grande de fibres nerveuses. Beaucoup d'anatomistes contestent aujourd'hui l'existence de cellules apolaires et unipolaires ; mais ce point n'est pas encore parfaitement éclairci, à cause des difficultés considérables que présentent

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