‹ Lecons sur les proprietes des tissus vivantsChapitre 23 sur 140 · DISTINCTION DE DEUX ORDRES DE MILIEUX · texte numérisé non relu

DISTINCTION DE DEUX ORDRES DE MILIEUX

suffire pour la phytologie et la zoologie ; mais au point de vue de la physiologie générale, qui remonte aux éléments organiques des manifestations de la vie, la considération de ce seul milieu ne suffit plus. En effet, pour comprendre la vie de l'organisme dans son ensemble, il faut connaître ses rapports avec le milieu cosmique général, au sein duquel il se développe ; de même, pour concevoir la vie de l'élément anatomique, il faudra aussi connaître le milieu organique dans lequel il est plongé, et qui lui présente seul les conditions diverses de son existence .

Dans tous nos cours de physiologie générale, nous avons donc toujours professé qu'il fallait admettre deux ordres de milieux bien distincts pour les êtres vivants :

1° Les milieux cosmiques ou extérieurs^ entourant l'individu tout entier ;

T Les milieux organiques ou intérieurs, en contact immédiat avec les éléments anatomiques qui composent l'être vivant.

Cette idée, que nous croyons avoir développée le premier, a déjà été adoptée par plusieurs physiologistes, et vous pourrez juger par vous-mêmes combien elle rend plus facile et plus claire l'analyse des phénomènes élémentaires de la vie.

Chez les êtres inférieurs, il n'y a, pour ainsi dire, pas de milieu organique distinct : ainsi les infusoires, dans les liquides où ils sont placés, subissent

l'irritabilité.

immédiatement les influences du milieu extérieur; ils vivent dans l'eau et s'y nourrissent d'une façon extrêmement simple. Ce sont, en quelque sorte, des éléments organiques libres, vivant en contact immédiat avec les milieux extérieurs; ils seraient donc en quelque sorte dépourvus de milieux intérieurs, bien qu'ils aient cependant une organisation assez complexe, et que nous n'allions pas jusqu'à les considérer comme des cellules simples.

Pour tous les végétaux en général, on peut encore se contenter de la considération du milieu extérieur.

Mais à mesure qu'on s'élève dans l'échelle des êtres vivants, l'organisation se complique; les éléments histologiques deviennent plus délicats, et ne peuvent plus vivre directement dans le milieu extérieur. Alors de deux choses l'une: ou ces animaux se créent un milieu intérieur, ou ils prennent d'autres êtres pour milieu, et deviennent parasites : tels sont les infusoires hématozoaires, les helminthes, les vers intestinaux en général, etc. — Ces organismes parasitaires enpruntent donc en quelque sorte à d'autres êtres vivants les milieux qu'ils ne savent pas se créer eux-mêmes. Cette nécessité de milieux spéciaux entraîne chez eux les migrations les plus singulières, migrations analogues à celles des animaux élevés qui changent de climats. Citons l'œstre du cheval, l'anguilluledu froment, la trichine, etc., etc.

Mais ce que nous voulons surtout faire ressortir,

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