‹ Lecons sur les proprietes des tissus vivantsChapitre 27 sur 140 · ANIMISME DE STAHL · texte numérisé non relu

ANIMISME DE STAHL

microscopiques do Leuweiihoeck, fut adoptée par Boerhaave et transportée par lui dans la médecine.

Ainsi, on était bien loin alors des idées de Glisson, que tout le monde avait perdues de vue : c'est seulement beaucoup plus tard qu'on devait y revenir.

Stahl (1708) s'en éloigna encore davantage. Ses connaissances chimiques étaient bien plus développées que celles de ses prédécesseurs, ce qui lui permit d^aire ressortir le premier, avec toute la netteté ^|P!)le, les différences qui séparaient les êtres viiBps, et notamment les animaux, des êtres privés de vie. Il reconnut et signala parfaitement les particularités de structure des êtres organisés en rapport avec leurs facultés spéciales, si éloignées des propriétés de la matière brute. Mais il arriva à une différence radicale, en supposant que les forces physico-chimiques tendent sans cesse à détruire l'organisme vivant. Cette idée de Stahl se perpétua longtemps, et l'on trouve encore la même idée dans Bichat, qui définit la vie l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort. En effet, ce que Bichat entend ici par la mort, ce sont les forces extérieures agissant sur l'organisme et parvenant à le détruire.

Toutefois Stahl ne voulut pas admettre l'irritabilité de Ghsson et regarder l'activité vitale comme inhérente à la matière vivante elle-même. En effet, il ne pouvait, dans cette théorie, attribuer aucune spontanéité à cette matière, pui.squ'elle était mise en

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mouvement par des causes excitantes extérieures, et il devenait dès lors impossible d'expliquer la spontanéité dont jouissent néanmoins l'homme et les animaux. Stalil imagina donc une force vitale extérieure h la matière vivante, c'est-à-dire une sorte de substance immatérielle, Vdme^ qui est la cause fondamentale de la vie et des mouvements qui s'y rattachent ; c'est en elle que résiderait cette résistance particulière aux influences extérieures qui tendent à détruire l'organisme. Quoique Descartes et Van Helmon eussent déjà soutenu des doctrines a^K analogues, Stahl développa et poussa si loin c^P théorie, qu'il doit être regardé comme le fondateur de l'animisme moderne dans la physiologie (I).

Ainsi, suivant Stahl, le corps animal, en cette seule qualité, n'a point la fîaculté de se mouvoir, mais il est mis en mouvement par une substance immatérielle, l'âme, qui n'est localisée dans aucun organe particulier, et qui agit seulement au moyen du système nerveux. Les mouvements musculaires, conscients ou inconscients, sont donc produits par l'àme, et Stahl admettait la même origine pour les mouvements de ton et de relâchement (mouvements nutritifs), ce qui fut pour Frédéric Hoffmann le point de départ de toute une théorie médicale. Toute cause

(1) Nous n'avons pas besoin de dire qu'il n'est ici qupslion do l'âme qu'au point de vue physiologique, et que nous laissons enlièrcmeni de côté l'âme des llicologiens el des pliilosoplies.

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