CL. BERNABD
l'élément contractile.
s'enfaire une idée. Prenons, par exemple, le cœur, cpii peut donner facilement cent vingt pulsations par minute, car il y a des animaux dont le cœur bat bien plus encore : chez les oiseaux, les pulsations sont tellement rapides, qu'on ne peut plus les compter. Cent vingt pulsations par minute, cela fait une pulsation par demi- seconde; mais entre deux pulsations il y a un repos; supposons qu'il prenne la moitié de ce temps, et il ne nous restera plus qu'un quart de seconde par chaque pulsation, au maximum. C'est qu'en effet le phénomène dure bien moins longtemps.
M. Helmholtz, qui s'est beaucoup occupé de toutes ces questions de physique physiologique, a inventé, pour déterminer la vitesse de l'acte musculaire, un appareil qui lui a servi également, avec quelques modifications pour déterminer la vitesse de l'influence nerveuse ou de l'innervation. Le mécanisme de cet appareil, fondé sur un principe donné par M. Pouillet, consiste essentiellement à comparer la rapidité de l'action musculaire à celle de l'électricité.
L'appareil de M. Helmholtz (fig. k?>) se compose de deux piles, l'une A qui fournit le courant électrique destiné à irriter le muscle, et l'autre B, servant eu quelque sorte de chronomètre. Le muscle sur lequel on opère est fixé par une pince à son extrémité supérieure e, extrémité qui reçoit également le fil Ae qui porte l'excitation venant de la pile A qui doit agir sur le muscle ; l'extrémité inférieure pend librenKMit et
CONTIIACTION MUSCULAIRli. 195
porto une aiguille uKitullique d, qui est placée audessus d'un petit vase a rempli de mercure. Dans ce vase aboutissent deux autres fils, l'un a A, établissant la communication avec la pile A, l'autre ciB éta-
Fig. 43. — Appareil de M. Helmholtz pour déterminer la vitesse de l'acte musculaire.
blissant la communication avec la pile B. Enfin l'aiguille d porte un dei^nier fil d b qui s'enroule autour du galvanomètre b et revient ensuite se terminer à la pile B. Pour mettre l'appareil en expérience, ou soulève le vase a jusqu'à ce que l'aiguille d pénètre dans le mercure qu'il contient; les deux circuits électriques, sont alors fermés, et les deux courants passent librement en même temps, l'un A e a A irrite le muscle, l'autre BadbB dévie l'aiguille du galvanomètre b et indique par là même l'instant précis auquel s'est produite l'irritation du muscle, le temps que met l'électricité à parcourir ce circuit étant parfaitement négligeable. Mais bientôt le muscle se contracte et se raccourcit, l'aiguille d qui le suit dans
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ce mouvement de retrait sort alors du mercure et les deux courants se trouvent interrompus : un nouveau mouvement se produit dans l'aiguille du galvanomètre b. En notant l'intervalle des deux mouvements on a le temps qui sépare les deux phénomènes.
Voici les résultats auxquels M. Helmholtz est arrivé. Il distingue trois périodes, la pose, la contraction et le relâchement. Le muscle n entre pas en contraction au moment même où il est irrité; il s'écoule avant le commencement de la contraction un certain temps que l'on nomme la jme. Il en résulte que lorsque l'action de l'irritant est instantanée, comme celle d'une étincelle électrique, par exemple, l'irritation a cessé lorsque la contraction se produit. Dans la seconde période, celle de la contraction, l'accélération n'est pas constante, elle diminue un peu vers le milieu de la période pour se relever ensuite jusqu'au maximum du mouvement de contraction. Dans la troisième période, celle du relâchement, l'allongement de la fibre musculaire présente une accélération régulière. A l'état normal, la contraction dure plus longtemps que le relâchement.
Voici, du reste, comme exemple, une des observations de M. Helmholtz, dont les différentes périodes sont représentées sur une courbe (fig. lik) :
Pose 0",020
Contraction 0",i80
Relâchement 0",105