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ÉTAT ÉLECTRIQUE DES FIBRES MUSCULAIRES

savoir, que l'électricité se produit chez tous les animaux et dans tous les muscles, sans distinguer sous ce rapport ceux de la vie animale et ceux de la vie organique.

Ainsi le cœur est électrisé positivement à sa pointe, négativement à sa base, et par suite il est traversé par les courants qu'engendre nécessairement cette différerice d'état électrique de ses parties.

Voyons maintenant en quoi consistent les phénomènes électriques du muscle à l'état de repos et à l'état de mouvement.

Chaque fibre musculaire possède un courant électrique dirigé de la surface au centre. Un muscle représenterait une sorte d'aimant : car au milieu se trouve une ligne neutre oii la tension électrique est nulle, tandis qu'aux deux extrémités on trouve des courants qui vont en décroissant d'intensité jusqu'au milieu. La surface du muscle est électrisée positivement, son centre négativement. Si nous prenons le muscle entier avec ses deux tendons qui lui servent d'attaches et le prolongent, ces tendons continuent l'électricité négative du centre. Pratiquons maintenant une coupe du muscle transversalement à la direction des fibres, et il est évident que cette coupe sera électrisée négativement.

L'appareil dont on se sert pour ces expériences se compose essentiellement de deux vases remplis d'une dissolution de sulfate de zinc bien neutre; dans chaque vase plonge une lame de zinc amalgamé

L'ia.MlîNT CONTRACTILI-.

])orl;aiit à sa partie supérieure un fil qui communique avec le galvanomètre (fig. /i6). Puis sur le bord de chaque vase on dépose un petit coussinet, qui par

Fig. 46. — Appareil de M. du Bois-I!eymond pour l'élude des propriétés électriques des muscles.

N. Muscle placé ciiti-c deux consslncls : a, surface lougitudinalo du muscle j h, coupe transversale du muscle. — G G'. Vases contenant uiu" (lissolulioji de sulfate de zinc. — P P'. Lames tic zinc amalg:amé communiquant eu K avec les fils D D' du galvanomètre. — S S'. Supports isolants. — M. Galvanomètre.

une de ses extrémités plonge dans le liquide pour établir la communication et reçoit le muscle sur sa face supérieure. On rapproche alors les deux vases

j:TAT F'LKCTRIQUK pendant l.A CONTRACTION. 207 •

(le manière que les coussinets soient vis-à-vis l'un de l'autre, et l'on dispose alors entre les deux coussinets le muscle qu'on veut soumettre à l'expérience, de telle sorte que la coupe de ce muscle porte sur un des coussinets et la surface extérieure sur l'autre. Un galvanomètre modérément sensible suffit du reste, car les phénomènes d'électricité musculaire sont très-marqués. On peut facilement, au moyen de cet appareil, vérifier tout ce que nous avons dit plus haut.

C'est là l'état normal ou de repos. Mais quand on fait contracter un muscle, il se manifeste des phénomènes différents. Au moment môme oii se produit la contraction, l'aiguille du galvanomètre revient en sens inverse de son premier mouvement. On a donné de ce fait deux explications différentes. M. Matteucci dit qu'il se produit, au moment de la contraction, un courant inverse de celui qui existe à l'état de repos, et pour établir l'exactitude de cette théorie, il a montré qu'un muscle qui se contracte peut produire par influence la contraction d'un autre muscle dont le nerf repose sur le muscle en contraction : c'est ce qu'il appelle la contraction induite. M. du Bois-Reymond admet au contraire que Voscillalion négative (c'est ainsi qu'il appelle le brusque revirement de l'aiguille du galvanomètre au moment de la contraction), que cette oscillation est tout simplement due à ce que, au moment de la contraction, le courant électrique est instantanément

208 l'élément contractile.

supprimé clans le niusclc, et l'on comprend bien, en effet, qu'il se produira alors un phénomène qui ressemble à celui que produirait un courant de direction contraire. La force qui écartait l'aiguille du zéro disparaissant tout à coup, cette aiguille tend immédiatement à regagner sa position d'équilibre qui est au zéro ; mais quand elle y est arrivée, elle le dépasse et continue sa marche en vertu de la force acquise, jusqu'à complet épuisement de cette force; puis elle revient sur elle-même et exécute ainsi un certain nombre d'oscillations autour du zéro, suivant le mécanisme si simple des mouvements pendulaires.

M. du Bois-Reymond a établi la validité de son explication, car il a montré qu'en maintenant un muscle en tétanos, c'est-à-dire en état de contraction permanente pendant un temps assez long, l'aiguille du galvanomètre finissait tout de même par s'arrêter au zéro, au lieu de prendre une position d'équilibre située de Tautre côté du zéro, par rapport à celle qu'elle occupait d'abord; ce qui ne manquerait pas d'arriver, si nous avions alors un courant de sens inverse au courant normal. Quant à la contraction du second muscle, obtenue sous l'influence de la contraction du premier par M. Matteucci, elle peut très-bien s'expliquer par la suppression de tout courant aussi bien que par l'établissement d'un courant nouveau de sens inverse au premier. En effet, pour faire contracter un muscle en dehors de toute influence du nerf, il suffit de changer ou de supprimer

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