‹ Lecons sur les proprietes des tissus vivantsChapitre 80 sur 140 · CL. BER.NAIll · texte numérisé non relu

CL. BER.NAIll

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traction, et l'on trouve dans le muscle des matières spéciales qui ne se rencontrent que là et paraissent nécessaires à son action. Ainsi, le suc musculaire qu'on trouve dans tous les muscles est une substance alcaline contenant de l'oxygène libre, de la créatine et de la créatinine, matières analogues à l'urée et provenant de la décomposition de substances azotées; puis de l'acide lactique, de la potasse, du sucre et même une matière glycogène. Le suc musculaire est donc une substance fort complexe ; il y a, du reste, de grandes différences dans sa composition, suivant qu'on le prend à l'état de repos ou à l'état de contraction du muscle. Mais on ne peut constater ces différences pendant la circulation, qui emporte et renouvelle incessamment cette matière. C'est pour la même raison que le foie ne contient presque pas de sucre tant que continue la circulation du sang; pour faire ces études d'une manière convenable, il faut donc arrêter la circulation.

Dans un muscle frais, on rencontre alors tout ce que nous venons de dire, et de plus une matière grasse. Mais, si l'on prend un muscle fatigué, le suc musculaire est de moins en moins alcalin et finit même par devenir acide; enfin la partie soluble du muscle augmente en quantité notable. Ainsi, M. Helmboltz a trouvé, sur 100 parties, 0,73 parties solubles dans l'eau en opérant sur un muscle fatigué, tandis qu'un muscle à l'état normal ne lui donnait que 0,65 parties solubles. Il y a donc dans la partie solide du

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muscle des matières insolubles qui se transforment en matières solubles par suite de la contraction : c'està-dire que le muscle s'use sous l'influence du nerf on se contractant, et il faut qu'il se répare pendant le repos. Or, les muscles forment les dix-neuf vingtièmes du volume total du corps humain. Cette seule observation montre toute l'importance de la gymnastique, qui change la composition du sang, lequel réagit ensuite sur le reste de l'organisme. On peut même dire jusqu'à un certain point, que les influences morales ne sont au fond que des influences physiques ; car la joie, la tristesse, et les autres modifications ou impressions qu'on fait rentrer d'ordinaire dans les influences morales, altèrent dans des sens divers la composition du sang, et c'est exclusivement par cet intermédiaire qu'elles peuvent agir sur l'orga nisme.

Nous avons déjà parlé de la chaleur animale, et montré qu'elle était produite par une combustion qui s'opère partout, mais en plus grande partie dans les muscles, et non dans les poumons, comnie le croyait Lavoisier. Mais il y a eu récemment des travaux qui entrent plus avant dans l'intelligence et l'analyse des phénomènes physiques dont le système musculaire est le siège. On tend aujourd'hui à tout simplifier dans les sciences, à ramener les agents les uns aux autres, et à saisir l'unité réelle, quoique cachée, des phénomènes les plus divers en apparence. C'est ainsi

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qu'on cherche à assimiler la chaleur et le mouvement, ces deux choses se transformant l'une dans l'autre, le mouvement produisant de la chaleur, et la chaleur du mouvement. On est arrivé dans cette voie jusqu'à chercher l'équivalent mécanique de la chaleur, et à déterminer la quantité de chaleur utilisée ou perdue dans les différentes machines. Il faut nécessairement qu'il en soit de même dans le muscle ; une certaine quantité de la chaleur produite par la combustion respiratoire doit disparaître pour se transformer en mouvement. Des expériences sur ce sujet se poursuivent actuellement à Breslau, par M. Heidenhaim: mais le résultat n'en est pas encore connu. Â Paris, M. Béclard a fait aussi quelques expériences relatives à cette question, et il a distingué l'état de contraction statique, c'est-à-dire sans résistance à entraîner, et l'état de contraction dynamique, c'est-à-dire avec résistance à entraîner. Le muscle placé dans ce dernier état produirait moins de chaleur, parce qu'il a plus de résistance à vaincre, et par suite plus de force à déployer.

Séparés du corps vivant, les muscles conservent toutes leurs propriétés pendant un certain temps, jus([u'à ce qu'ils aient consommé le milieu qu'ils ont emporté avec eux et qui leur permet de manifester encore des phénomènes vitaux. Ils vivent donc plus longtemps par un temps froid que par un temps chaud, parce que les phénomènes physico-chimiques se ralentissant sous l'inlluence d'une température

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