‹ Lecons sur les proprietes des tissus vivantsChapitre 92 sur 140 · IRRITATION ÉLECTRIQUE DES ITERES · texte numérisé non relu

IRRITATION ÉLECTRIQUE DES ITERES

ÉLECTRICITÉ IXERVEUSE.

24 nifii 1864.

SOMMAIRE. — L'irritation électrique du nerf moteur exige un ciiangement rapide dans son état électrique. — Effets des divers courants sur les nerfs ; — courant ascendant, courant descendant. — Lois de Ritter : six périodes. — Lois de Nobili : quatre périodes. — Valeur et signification de ces lois. — Classification des effets de l'électricité d'après les différences d'intensité des courants. — Sensibilité des nerfs à l'irrilanl électrique. — Expérience de la patte galvanoscopique. — Courants électriques propres des nerfs. — Électrotonismc. — Contraction paradoxale.

Les expériences que nous avons faites sur divers animaux dans la dernière leçon ont mis complète-

^78 l'ëlémI'Nt nf.rykux.

ment hors de doute que les propriétés physiologiques du nerf moteur se manifestent dans le muscle, soit en le faisant contracter, comme cela a lieu d'ordinaire, soit en suspendant la contraction, comme on peut l'observer aussi fort souvent; et nous avons montré que les deux cas ne présentaient point de différence essentielle.

La première condition pour que le nerf moteur soit irrité, c'est que le changement d'état électrique soit rapide. On pourrait, sans rien produire, y faire passer un courant, d'abord extrêmement faible, qui monterait graduellement jusqu'àdevenir très-intense. Il faut un effet brusque amenant un changement brusque. Le nerf moteur est donc un excellent galvanomètre, et un galvanomètre très-sensible, pour indiquer les changements brusques de direction ou d'intensité, quoique les courants soient très-faibles. Nous pouvons donner facilement des exemples de cette extrême sensibihté.

Prenons d'abord un nerf de grenouille en conservant le muscle M auquel il aboutit (fîg. 54) ; puis re • plions ce nerf sur lui-même, de manière à former une anse complètement fermée en A par le contact des deux parties du nerf. Nous appliquons maintenant à l'extrémité libre B de ce nerf un courant électrique faible qui produit une contraction au moment où il commence à passer; mais ensuite il ne se manifeste plus aucun phénomène, parce que, tant que le courant passe d'une manière régulière, c'est un état phy-

CONDITIONS d'irritation DU NERF MOTEUR. '279

sique constant qui est incompatible avec toute irritation du nerf. Seulement, si nous écartons les deux branches de l'anse de façon qu'elles ne se touchent plus, il se produit une contraction dans le muscle au

Fig. 54. — Expérience pour montrer la sensibilité du nerf moteur aux changements d'état électrique.

moment précis où s'opère cet écartement. C'est qu'en effet le courant jusque-là ne passait pas dans l'anse ; et maintenant, comme les deux branches sont écartées, il est obligé d'y passer, ce qui fait que le circuit esl un peu plus étendu, et, par suite, la résistance brusquement augmentée, bien que dans des proportions souvent très-minimes. Quand on rétablit l'anse en rapprochant les deux branches, il y a encore une contraction ; c'est absolument la même chose que tout à l'heure : la résistance est diminuée avec l'étendue du circuit à parcourir, et dans un cas comme dans l'autre, il y a changement électrique. Ce changement, bien qu'opéré sur des courants très-faibles, suffit néanmoins à produire une contraction .

Il en est de même d'une autre expérience dont

L'i-UiMliNT NiîKVHUX.

nous avons déjà parlé plus haut (1), celle de la contraction métallique (fia:. 55). Voici comment elle

Fig. 55, — Coulraction métallique.

M. Muscle. — N. Nerf. — A et B. Les deux points de contact du nerf avec la surface racrcurielle ; et entre eux deux le cnr])s isolant fini empêche le contact.

fait : on dispose un long nerf encore pourvu de son muscle au-dessus d'une surface mercurielle; on fait toucher cette surface mercurielle par l'extrémité libre A du nerf; puis on lui fait former une anse au-dessus d'un petit corps isolant, tel qu'un morceau de bois ou de verre, de manière que le nerf vienne toucher le mercure en un autre point B de son trajet. Au moment de ce second contact il se produit une contraction énergique dans le muscle; ce qui provient de ce que le courant électrique propre au nerf se transmet plus facilement par le mercure qui est meilleur conducteur et change par

(I) Voyez la onzième leçon, page 209,

IRIUTAÏION liLKCTRIQUE DKS NIÎUFS. 281

couséq lient (riinr nifinièn» l)rusquo l'état (;lectriqu(> (lu nerf.

Les effets électriques variés qu'on obtient sur les nerfs ont été rattachés à des lois déjà découvertes au siècle dernier et connues sous le nom de lois de Rilier, du nom de celui qui. les démontra. — Le sens du courant dans le nerf est déterminé, suivant les conventions ordinaires, en le considérant comme allant du pôle positif au pôle négatif, c'est-à-dire du pôle cuivre au pôle zinc. On appelle courant descendant ou direct, celui qui se dirige vers le muscle, et courant ascendant ou inverse, celui qui s'en éloigne; on admet qu'ils produisent chacun des effets différents soit au monient où ils s'établissent par la fermeture du circuit, soit à celui où ils cessent par l'ouverture de ce même circuit. Enfin, on distinguo six périodes dans les phénomènes qui se produisent entre la séparation du muscle du reste de l'organisme et sa mort définitive. Avouons, du reste, tout de suite que ces lois n'ont pas, à beaucoup près, l'importance qu'on a voulu leur donner autrefois. Voici le tableau dans lequel elles peuvent se résumer :

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