SUR LES GLANDES SALIV AIRES
tatioD des vaisseaux sanguins. Cette action, qui ne diffère en rien de celle des nerfs moteurs en général sur les éléments contractiles ou musculaires, amène cependant à sa suitC; par un enchaînement tout naturel de phé* nomènes, une série de modifications physico-chimiques dans le fluide sanguin. Quand le nerf sympathique constricteur des vaisseaux agit, le contact entre le sang et les éléments de la glande se trouve prolongé; les phénomènes chimiques qui résultent de réchange orga* nique qui se passe entre le sang et les tissus ont eu le temps de s'opérer, et le sang veineux coule très noir. Quand au contraire le nerf tympanico-lingual, qui dilate les vaisseaux, vient à agir, le passage du sang dans la glande est rendu très rapide ; les modifications de vénosité qui se passent au contact du sang et des tissus s'accomplissent autrement, et le sang sort de la veine avec une couleur très rutilante et conservant Taspect du sang artériel. Ainsi nous pouvons toujours saisir entre l'action physiologique primitive du nerf et le phénomène chimique qui s'ensuit un intermédiaire qui modifie mécaniquement la circulation spéciale de l'organe glandulaire.
Enfin j'ajouterai, pour terminer, que, grâce à Tinfluence des deux nerfs dont nous avons indiqué le rôle physiologique, la glande sous-maxillaire se trouve posséder en réalité une circulation individuelle, qui dans ses variations est indépendante de la circulation générale; et ce que je dis ici pour la glande sous-maxillaire peut être avancé, sans doute, pour tous les organes de l'économie. La pression du système artériel et l'impulsion
278 INKLUtNCE DES NERFS
cardiaque sout les conditions mécaniques cuunnunes que la circulation générale dispense à tous les oi^anes. Mais le système nerveux spécial qui anime chaque système capillaire et chaque tissu organique règle, dans chaque partie, le cours du sang en rapport avec les états fonctionnels chimiques particuliers des organes. Ces modifications nerveuses de la circulation capillaire se font sur place et sans qu'aucune perturbation circulatoire soit apportée dans les organes voisins, et à plus forte raison dans la circulation générale. Chaque partie est liée à Tensemble par les conditions communes de la circulation générale; et en môme temps, par le moyen du système nerveux, chaque partie peut avoir une circulation propre et s'individualiser physiologiquement.
Nous allons maintenant vous donner le détail des expériences sur lesquelles sont basées les considérations précédentes.
ï^eprocédé opératoire consistera à enlever aussi complètement que possible la moitié postérieure du muscle digastrique (fîg. 7) ; et, après son ablation, on a une cavité sur les parois de laquelle se trouvent tous les organes sur lesquels on a à agir. Pour cela, on fait une incision qui suit le bord interne de la mâchoire inférieure, commençant vers le tiers antérieur de cette mâchoire, un peu audevant de l'insertion du digastrique. et qui se prolongera en arrière jusque vers l'apophyse transverse de l'atlas.
Après avoir divisé la peau et le peaucier, on détache le muscle digastrique, on le coupe en deux et en travers, puis on enlève sa moitié postérieure. Dans ce dernier temps de l'opération, il faut prendre gaixle, surtout
SUR LES GLANDES SALIVAIRES. iJ79
quand on arrive à la partie profonde, de ne pas blesser l'artère faciale qui passe sur l'os maxillaire, entre le digastrique et le raasséter ; il faut aussi ménager le nerf niylo-hyoïdien et les conduits des glandes sous-maxillaire et sublinguale, qui se trouvent immédiatement en dehors du digastrique.
FlG. 6 (1).
Pour cela, après avoir divisé le muscle digastrique, on le saisit avec des pinces, on l'isole encore des parties voisines, et, en même temps qu'on fait tendre les bords de la plaie avec une érigne, on coupe en travers le muscle il son insertion profonde au temporal. On a eu soin, bien entendu, de lier à mesure les artérioles qui ont pu être blessées.
L'ablation du digastrique laisse une cavité qui présente les organes de la manière suivante (fig. 7) :
(1) Veinea de la glande sous-maxillaire. — g, glande soiis-niaxillaire ; — ;, veine jugulaire externe se divisant en deux branches ; — y et j", veines qui circonscrivent la glande ; — c/, veine glandulaire antérieure ; d', veine glandulaire postérieure.
L'animal étant couché sur la table (fig. 7), celte cavité est limitée en haut et en dehors par la face profonde de la glande sous-maxillaire G, sur laquelle on voit le hile de la glande par lequel pénètrent des filets du sympathique et la corde du tympan. Sur sa face superficielle, la glande n'est recouverte que par le peaucier ; elle est entourée par une bifurcation de la veine jugulaire externe 1 V Jl*, dans laquelle viennent se jeter les veines glandulaires D, ordinairement au nombre de deux, Tune aotérieure^ et Tautre postérieure, très variables d'ailleurs dans leur disposition. Ordinairement Tune de ces veines prédomine de ^aucoup sur les autres.
La glande sous-maxillaire reçoit deux artères. L'une vient de l'artère faciale, et se dirige en arrière pour entrer dans le hile de la glande. Elle est assez facile à découvrir sur le vivant : il suffit pour cela d'écarter les conduits salivaires et la glande sublinguale en F, en arrière du bord du muscle mylo-hyoïdien, pour trouver cette artère, sur laquelle on peut expérimenter. L'autre artère pénètre par la partie supérieure de la glande, et, pour la trouver, il faut séparer le bord supérieur de la glande sous-maxillaire de la parotide; alors on rencontre ce rameau artériel qui émane de l'artère temporale, et qui est accompagné également par des filets du grand sympathique (voy. fig. 8).
La paroi interne et profonde de la cavité de la plaie présente : en arrière, la carotide externe t V^ qu'on aperçoit immédiatement croisée par le nerf hypoglosse, puis Tartère linguale qui en émane; et un peu plus haut, on aperçoit l'artère faciale, d'où se sépare plus loin, en F,
(1) Plaie pour agir sur le via^mt ^ur la glande sous-maxillaire. — Lemuscîe digaslrlque est enlevé dans sa moitié postérieure ; — M, moitié antérieure du muscle, relevé par une érîgne ; — M', insertion de i*extrémité postérieure du muscle, enlevé pour permettre de voir l'artère carotide tt et les filets sympathiques, etc. ;— G, g^iande sous-maxillaire soulevée par une érigne pour montrer sa face profonde ; — H, conduits sallvaire» de la sous-maxillaire et de la sublinguale; — J, tronc de la veine jogu-
Tarière glandulaire inférieure. De chaque côté de l'artère carotide externe sont des filets du grand sympathique t V que l'on peut facilement isoler, et qu'il convient de rechercher, en avant et en arrière de l'artère, immédiatement au-dessus du point où elle est croisée par l'hypoglosse.
En avant, le fond de la plaie est formé par les fibres transversales du mylo-hyoïdien S, sur lequel se ramifient les divisions du nerf de ce nom dont on peut voir l'origine en dehors en Z, près de l'os maxillaire. On voit en même temps ce nerf croiser la direction de l'artère faciale et s'anastomoser avec les filets sympathiques qui accompagnent cette artère (fig. 8).
Alors, pour découvrir la corde du tympan et les conduits salivaires, il faut diviser en travers les fibres du muscle mylo-hyoïdien S, et immédiatement au-dessous on trouve les conduits salivaires H, et en avant le nerf lingual L, qui passe au-dessus en croisant leur direction. En soulevant avec une érigne le bord interne du muscle mylo-hyoïdien divisé S', on peut remonter le long du lingual et voir la corde du tympan T, qui se détache en arrière en formant une courbure à convexité inférieure;
luire externe ; — J', branche de la veine jugulaire passant en arrière de lu glande ; — J", branche coupée de la jugulaire et passant au-devant de la glande; — D, rameau veineux sortant de la glande sous-maxillaire; ~ t^i\ arlère carotide externe accompagnée par deux filets du nerf sy uipalhique ; — F, origine de l'artère inférieure de la glande ; — P, nerf hypoglosse; — L, nerf lingual ; — 1\ corde du tympan allant se disuibuer à la glande sous-maxillaire ; — SS', muscle mylo-hyoïdien coupé pour découvrir le nerf lingual et les conduits salivaires situés au-des-. sous ; — U, muscle masséter, angle de la mâchoire inférieure ; — /i, origine du nerf mylo-hyoïdien dont les rameaux sont cachés par les muscles digastriquc et mylohyoïdien relèves.
après quoi elle se dirige vers le hile delà glande, en suivant parallèlement le bord supérieur du conduit salivaire. Là, dans le hile de la glande, la corde du tympan forme, avec les filets sympathiques qui y entrent, une espèce de plexus qui m'a paru quelquefois présenter un aspect ganglionnaire. Au moment où la corde du tympan se sépare du nerf lingual, on aperçoit quelquefois un ganglion très peu développé de ganglion sousmaxillaire . qu'il est le plus ordinairement presque impossible de voir; son rôle n'est pas 1res apparent, car, en coupant la corde du tympan à une certaine distance de son émergence du lingual, c'est-à-dire audessous du ganglion, ou bien en coupant la corde du tympan en faisant la section du nerf lingual lui-même, parconséquentau-dessusdu ganglion, on n'observe pasde différence quand ensuite on vient à galvaniser le bout du nerf pris soit au-dessus, soit au-dessous du ganglion. Avec ce même procédé opératoire, on peut encore atteindre le ganglion cervical supérieur du grand sympathique. Pour cela, il faut diviser le nerf hypoglosse P au moment où il vient à croiser l'artère carotide externe, puis on en soulève le bout central; au-dessous, on trouve la carotide externe, en dedans de laquelle passe le nerf pneumogastrique. On soulève ce nerf, et l'on aperçoit en dedans et au-dessous de lui un cordon nerveux blanc, qui n'est autre chose que le cordon sympathique, qui là se sépare du nerf pneumogastrique pour aller se jeter dans le ganglion cervical supérieur. En suivant ce filet, on atteint bientôt le ganglion, et l'on peut agir à volonté sur les différents filets qui en émanent ou y arrivent.
(1) Nerfs de la glande sous-maxillaire chez le chien. — G, glande sous^maxiilaire d*où émane le conduit K, accompagné d*abord par le»
lobules de la glande sublinguale, qui offre plus loin son conduit dislincl; — C, arlère carotide primitive; — L, artère linguale; — 0, artère glandulaire, branche de la faciale qui naît de la carotide externe ;
— H H', nerf hypoglosse coupé pour laisser voir le ganglion cervical supérieur, qui est plus profondément ; — V, nerf pneumogastrique ;
— P, filet sympathique se continuant en haut avec le ganglion cervical supérieur, et accolé plus bas au nerf pneumo-gastrique ; — D, filet de la première paire cervicale s^anastomosant avec le ganglion cervical supérieur ; -^ RR, glosso-pharyngien ; — I, filets antérieurs du ganglion cervical supérieur, formant le plexus intercarotidien qui accompagne Tartère carotide externe ; — P, un petit filet allant plus haut dans la glande sons-maxillaire en accompagnant d'abord Tartère inférieure O; et une autre artère glandulaire supérieure P;— Q, filets sympathiques de la même source, accompagnant Tarière faciale et donnant des anastomoses au nerf mylo-hyoïdlen de la cinquième paire; — M, lieu d'émergence du nerf myio-hyofdien ; — U, nerf lingual, d'où émerge en arrière la corde du tympan T, qui va se distribuer dans la glande sous-maxillaire, en s'anastomosant avec des filets du sympathique ; — S, tranche externe du nerf spinal ou accessoire de Wlllis.
Voici maintenant les expériences faites sur la glande sous-maxillaire.
Exp, — Sur une grande chienne noire en pleine digestion et très remuante (ayant servi déjà à une expérience sur Vautre glande salivaire) , on mit à nu la glande sous-maxillaire gauche par un procédé consistant à enlever tout le digastrique. On chercha le conduit salivaire et l'on y mit un tube ; on isola la corde du tympan, on passa un fil dessous. On y chercha ensuite le sympathique du cou, on le sépara du pneumogastrique et on le coupa (il fut insensible à la section). Enfin, on chercha la veine de la glande sous-maxillaire, et on lia toutes les autres veines voisines, de manière que le sang de la glande fût seul à couler dans la veine jugulaire; de sorte que le sang de la glande sortait par un bout de veine delà longueur d'un pouce environ.
286 SÉCRÉTION SALIVAÏRE.
Les choses étant dans cet état, on constata que le sang de la glande coulait assez abondamment avec une couleur médiocrement noire.
On lia alors et Ton coupa la corde du tympan ; quelques moments après on vit le sang sortir plus noir et moins abondamment qu'il ne le faisait avant cette section. On galvanisa légèrement le sympathique du cou (galvanisation non douloureuse) ; on vit bientôt Técoulement du sang diminuer et même s'arrêter complètement. Sans toucher à la veine, on galvanisa la corde du tympan ; aussitôt le sang sortit d'abord très noir, puis plus rouge (preuve qu'il n'y avait pas de caillot). En même temps il y eut une salivation abondante ; le sang qui sortait de la veine présentait des pulsations extrêmement minimes. Cette galvanisation alternative du sympathique du cou et de la corde du tympan fut répétée cinq fois avec les mêmes résultats.
On isola alors les filets sympathiques ({ui suivent la carotide externe en partant du ganglion cervical supérieur. Lorsqu'ils furent coupés, le sang de la glande sortit plus rouge et plus abondant. La galvanisation delà corde du tympan faite à ce moment augmenta encore la rutilance du sang et l'abondance de l'écoulement; on vit apparaître des pulsations plus fortes qu'elles n'étaient avant la section des filets carotidiens sympathiques.
La ligature des filets carotidiens fit pousser des cris à l'animal; la galvanisation forte de ses deux bouts, mais surtout du bout central qui se rend au ganglion, détermina également de la douleur.
Après la section d'un des deux filets carotidiens
(l'interne, le plus gros), la galvanisation du sympathique du cou arrêta encore l'écoulement sanguin. Après la section du deuxième filet carotidieu, cette même galvanisation n'arrêtait plus aussi bien, il est vrai; mais la galvanisation du filet carotidien interne n'arrêtait plus non plus. C'est qu'à ce moment les nerfs étaient très fatigués, et la galvanisation de la corde du tympan, si active auparavant, déterminait à peine l'écoulement de la salive.
Exp. — Sur un jeune chien, à jeun depuis vingtquatre heures, on enleva les deux tiers postérieurs du digastriqueen ménageantle mylo-hyoïdien;puison mit à découvert le conduit salivaire en divisant le muscle mylo-hyoïdien, et l'on y introduisit un petit tube d'argent ; on passa un fil au-dessous de la corde du tympan à son émergence du lingual. Ensuite on découvrit la veine de la glande sous-maxillaire, et l'on fit les expériences suivantes :
1^* Après avoir coupé la veine, on constata que le sang sortait en petite quantité et avec une couleur noire bien caractérisée. L'écoulement de la salive par le tube n'avait |>as lieu.
Alors on prit la corde du tympan, on la lia. Au moment de la ligature, quelques gouttes de salive s'échappèrent; puis on galvanisa le bout périphérique de la corde du tympan coupée, et aussitôt un écoulement abondant de salive eut lieu en même temps que le sang qui sortait par la veine était devenu rutilant; au bout de quelques secondes, en continuant la galvanisation, les pulsations apparurent dans la veine,
pulsations qui cessèrent bientôt lorsqu'on eut cessé la galvanisation. Alors le sang reprit peu à peu sa couleur foncée, en même temps qu'il coulait moins activement.
Alors on prit immédiatement au-dessus du point où l'hypoglosse croise Tartère carotide externe, le filet du sympathique. On le lia, puis on le coupa ; et aussitôt le sang s'écoula plus abondamment par la veine glandulaire, en mêftie temps qu'il devint vermeil. On constata pendant quelques instants cette suractivité de la circulation avec la couleur vermeille qui était devenue permanente. Cependant le sang coulait en bavant, et l'on ne voyait pasdu tout de pulsations dans la veine. Il n'y avait pas non plus d'écoulement de la salive par le tube d'ar^ gent.
Alors on galvanisa le bout périphérique de la corde du tympan, et peu à peu l'écoulement du sang augmenta davantage, et bientôt des pulsations très nettes se manifestèrent dans la veine, qui semblait se redresser; et ces pulsations continuèrent et semblèrent même un peu augmenter à l'instant où l'on cessa la galvanisation. Alors on galvanisa le bout supérieur ou périphé* rique du grand sympathique, et l'on vit peu à peu l'écoulement diminuer par la veine glandulaire. Après quelques instants de galvanisation, il était complètement arrêté. (Pendant la galvanisation du sympathique, il s'écoulait par le tube d'argent un peu de salive très visqueuse.) Après avoir cessé la galvanisation, l'arrêt du sang persista quelque temps, puis il recommença à couler avec une couleur foncée, qui disparut peu à peu pour reprendre sa première apparence rutilante. Après
cela on galvanisa encore une fois la côrde du tympan, et l'on obtint des pulsations comme fl a déjà été dit. Lorsqu'on excitait les nerfs qui vonlà la glande salivaire, celte excitation, comme cela a lieu pour les organes de la vie végétative, ne produisait son effet que quelque temps après qu'elle avait commencé à agir, et cet effet se prolongeait quelque temps après que l'excitant avait cessé d'être appliqué. Ce caractère sépare les organes de la vie de nutrition de ceux de la vie de relation ; ces derniers réagissent instantanément à l'application des excitants, et leur réaction disparaît aussitôt avec l'excitani.
Mais ici il a semblé qu'après la section des sympathiques, l'excitation produite par la galvanisation de la corde du tympan se prolongeait beaucoup plus longtemps, de sorte que les pulsations s'éteignaient plus lentement; le sang restait rouge et ne reprenait plus sa couleur noire, comme cela a lieu en général quand le sympathique est intact. Ce chien était, bien que jeune, remarquable par son impassibilité. Quoique le mylohyoïdieueût été bien conservé et qu'aucune anastomose n'eût été détruite, le nerf sympathique du cou et la corde du tympan purent être coupés et galvanisés sans que l'animal manifestât aucune douleur. En raison de cette circonstance, les phénomènes étaient très nets.
Nous avons vu ailleurs que lorsque les chiens sont très sensibles et s'agitent beaucoup, il y a un écoulement de salive presque continuel; les nerfs, chez ces chiens, sont très sensibles, et les différences dans les phénomènes de la circulation deviennent moins tranchées.
Indépendamment de la nature particulière de l'ani-
B. LlQUlD. DB L'ORGAN. — II. 19
mal, l'état à jeuo dans lequel il se trouvait, était peutêtre pour quelque chose dans son moindre degré de sensibilité. Ce qui parut bien évident chez ce chien, et eij rapport s^s doute avec son état d'abstinence, c'est que les pulsations (Jp la veine, quoique bien évidentes, étaient moins fortes et ne donnaient pas de jets à distance, comme cela se voit en général chez les animaux plus sensibles et en digestion.
Ecop. — Sur un chien vigoureux, mais à jeun, on découvrit comme à l'ordinaire le muscle digastrique ; on le coupa en deux , et Ton enleva sa moitié postérieure. Puis on disséqua avpc soin le nerf linguiî.},la cprdedu tympan, etc. Après quoi on introduisit un tube d'argent dans le ponduit salivaire, et l'on mit du vinaigre dans la bouche de l'animal : aussitôt il y eut écoulement de salive par le tube. On isola la veine de la glande et on la coupa : on vit que le sang qui s'en écoulait avait une couleur foncée pendant que la glande était en repos. Alors on coupa la corde du tympan à son émergence du nerf lingual ; on remit du vinaigre jdan^la bouche de Tanimal, et l'on vit que rien ne s'écoulait plus par le tube placé dans le conduit salivaire, <5gio|que l'animal fîj des mouvements de déglutition.
Alors on galvanisa le bout péripjiérique de la corde du tympan, et Ton vit le sang couler ensuite plus abon- (Janîment et devenir rouge , puis les pulsations apparaître d'une manière très nette quoiqu'elles ne fussent pas très fortes , puis ces pulsations continuer pendant un certain temps après qu'on avait cessé la galvanisation.
Oo répéta plusieurs fois Texpérience avec le même résultat.
On coupa alors le sympathique au cou, au-dessus de rhypc^Iosse ; le sang devint plus abondant et plus rouge dans la veine glandulaire, quoiqu'il n'y eût pas d'écou* lement de salive par le conduit.
On galvanisa le bout supérieur du sympathique coupé» et Ton vit Técoulement du sang diminuer peu à peu dan$ la veine salivaire; puis s'arrêter de telle façon qu'il n'y avait plus qu'un faible suintement de sang qui était toujours resté rouge.
Quand on cessa la galvanisation, l'arrêt du sang persista quelques secondes, puis sou écoulement augmenta peu à peu en donnant du sang noir qui avait été retenu dans la glande par l'action du sympathique.
Après ces expériences, on introduisit un peu de curare dans la veine jugulaire de ce chien. Bientôt il en ressentit les effets ; et il y eut des mouvement$ fréquents dans les peauciers et dans différentes parties du corps (comme cela a lieu lorsqu'on donne de faibles doses de curare), puis la respiration s'arrêtatout à fait> et le sang devint noir dans toutes les veines et dans toutes les artères. Alors on fît une ouverture à la tra* chée, et l'on y introduisit la buse d'un soufflet de manière qu'elle ne la remplît pas complètement et pût laisser sortir l'air en même temps qu'il en entrait du nouveau. On pratiqua ainsi la respiration artificielle, et bientôt le sang devint rouge dans les artères et il resta noir dans les veines des membres, ainsi qu'on put 3'en convaincre en découvrant la veine crurale.
Alors on mit à découvert, par une incision faite à l'abdomen, la veine rénale gauche; et l'on constata que la veine était rutilante comme une artère et turgide.
On mit un tube dans l'uretère : bientôt on vit l'urine couler avec ses caractères ordinaires. On voyait, à côté de la veine rénale, des veines mésentériques et des veines lombaires contenant un sang parfaitement noir. Sous l'influence de l'insufflation artificielle, l'animal avait recouvré la sensibilité de l'œil, et il y avait quelques mouvements dans les muscles de la face et de quelques parties du corps. Alors on cessa l'insufflation; peu à peu le sang, redevint noir et l'on constata qu'il devenait noir très rapidement dans la veine rénale.
Lorsqu'on cessa l'insufflation, des mouvements convulsifs survinrent dans les membres et dans différentes parties du corps; puis ces mouvements cessèrent, la sensibilité de l'œil disparut, l'urine ne coula plus, mais le cœur battait toujours.
Alors on recommença l'insufflation et tous les phénomènes précédemment notés reparurent. Puis on la cessa encore et l'on abandonna l'expérience.
Eœp. (6 mars 1858). — On fit mourir un chien par hémorrhagie de l'artère axillaire. Le sang fut battu, défibriné , puis introduit dans un irrigateur Éguisier. La canule de l'irrigateur fut engagée dans la carotide externe, en ayant soin de lier les branches autres que l'artériole qui va à la glande sous-maxillaire, préalablement mise à découvert. On avait coupé le nerf lingual.
Le sang mjecté, en sortant de la glande, était rouge et en petite quantité. Quand on augmentait la pression dans
riDstrument, le sang paraissait sortir en plus gra,nde quantité, et quelquefois alors avec une couleur qui semblait un peu plus noire. L'excitation du bout périphérique du nerf lingual ne fît pas couler de salive ; cependant le conduit excréteur paraissait distendu.
Eœp. — Sur un chien de berger qui avait déjà quelque temps auparavant subi une expérience sur la glande sous-maxillaire, on mit à découvert la glande opposée par le procédé ordinaire, en enlevant le digastrique avec précaution, et l'on isola une veine glandulaire volumineuse qui sortait à la partie postérieure de la glande. Dans cet état de choses, lorsque aucun nerf n'avait encore été touché, le sang de la veine glandulaire était noir. On prépara ensuite successivement avec un grand soin le nerf mylo-hyoïdien, la corde du tympan, le conduit salivaire et le nerf sympathique qui accompagne l'artère. On passaavec une aiguille un fil au-dessous de chacun de ces nerfs; on mit un tube dans le conduit salivaire, et l'on constata qu'à ce moment rien ne coulait de la glande : le sang de la veine était toujours noir. Alors on instilla dans la bouche un peu de vinaigre, ce qui amena un écoulement abondant de salive et en même temps un changement de couleur dans le sang de la veine, qui se montra plus rouge. Bientôt après le sang prit une teinte plus foncée et récoulement salivaire s'arrêta.
Alors on fit la ligature du nerf mylo-hyoïdien immédiatement au-dessus du point où il se bifurque pour donner le filet au digastrique et le filet terminal du mylo-hyoïdien. Au moment où le nerf croise la direc-
Û9k SÉCRÉTION ET CfflCULATION SALIVAIRES.
tion de Tarière faciale et celle des conduits sativaires, on aperçoit un filet qui se détache de ce nerf et se dirige du côté de la glande sous-maxillaire en s'anaslomosant avec un filet du grand sympathique qui accompagne l'artère.
La ligature de ce nerf mylo- hyoïdien fut excessiveffieni douloureuse, et, au moment même de la constriction du nerf, on ne nota rien de bien remarquable dans la couleur du sang de la veine ni dans l'écoulement salivai rc.
Après cela on instilla encore du vinaigre sur la langue de ranimai, et il sembla assez clair que la couleur du sang devint plus rutilant et l'écoulement salivaire plus abondant qu'avant la ligature du nerf. De plus, l'écoulement salivaire tendait à se perpétuer et ne cessait pas d'une manière tout à fait complète. Alors on dénuda Fartèré faciale au moment où elle passe sur l'os maxillaire, au delà du point où elle fournit la branche qui va à la glande, et Ton isola deux petits filets nerveux sympathiques qui accompagnaient cette artère. On passa au-dessous d'eux un fil, puis on les lia, puis on les galvanisa dans leurs deux bouts, sans que Fon observât pendant ce moment-là de résultats bien nets sur la glande. Ce qu'if y eut de particulier, c'est que ces filets étaient fout à fait insensibtes, tandis que dans l'état ordinaire et sur d'autres chiens, on les avait trouvés très sensibles. Cela tient très vraisemblablement à la ligature du nerf mylo-hyordieo, qui se comporterait là comme un nerf donnant en qaelque sorte une sensibilité récurreûté au sfympatàique qui acconipâgne Fartère, et
E»ÉHIEKCES. 2Ô&
peut-être à la glande sous-matfllaire elle-même. Après ces diverses àpératioiïs, peut-être la circulation de la glande paraissarl-elle un peu plus active que dans l'état primitif; ce qui donnerait à penser (|u'!l vieiït des filets sympathiques qui descendent le long de l'artère vers la glande. Aiors on fit la ligature du nerf grand sympathique, qui accompagne en avant l'artère carotide externe. La ligature de ce nerfdonna lieu à une sensation douloureuse très légère, et après cela on mit dû vinaigre dans la bouche de l'animal, et la salivation fut très abondante ; la coloration du sang devint également très rouge dans la veine et resta rouge après que l'excitation fut passée, en même temps l'écoulement de la salive trèà aqueuse se prolongea pendant fort longtemps.
Alors, après avoir coupé le nerf sympathique au côu, on en galvanisa le bout supérieur, qui produisit un arrêt à peu près complet dans la circulation de la glande, qui continuait seulement à laisser suinter quelques gouttes de sang rouge par la veiwe préalablement coupée. Aussitôt qu'on cessait la galvan^alion du nerf, k éircu^ latiofl reprenait bientôt son activité, et le sang éoufort alors avec une couleur d'abord «oire, qui bientôt prettsrt iHre teinte claire, puis rutilante. La galvanisation du bout supérieur du sympathique se m^onfra parfaite* meut insensible. Cda provient évidemment de la liga*ture da nerf myto-hyoïdien : ear sur d'autres animatrx OB avait bien constaté cette sorte de sensibilité récurrOTté du bout péripfcériqwe dif gratod sympathique ; toutefois te bout inférieur m èentral de ce nerf possédait ée la sensîbitrté .
Alors tous les nerfs delà glande sous-maxillaire étaient coupés, sauf la corde du tympan. On mit du vinaigre dans la gueule de l'animal, la salive s'écoula abondamment. Puis on laissa un peu reposer l'animal, et Ton fit la ligature de la corde du tympan, qui ne manifesta aucune douleur. Au moment de cette ligature, la salive s^écoula assez abondamment. Alors on galvanisa la corde du tympan : il y eut un peu de douleur, produite sans doute par l'irradiation de l'électricité sur les parties voisines. A ce moment la salive coula très abondamment, et en même temps la veine donnait du sang rouge, qui coulait très abondamment et qui bientôt produisit un jet saccadé jaillissant à plusieurs centimètres de distance. Puis bientôt ce jet s'arrêta ; les pulsations cessèrent, néanmoins le sang resta rouge dans la veine. Alors on énucléa la glande autant que possible, en coupant l'artère postérieure, pour ne laisser que celle qui entrait par le hile.
Alors on avait bien isolé une seule veine glandulaire dans laquelle le sang restait rouge et une seule artère. On profita de l'occasion pour prendre du sang de la veine pendant qu'on galvanisait le nerf de la glande et qu'on recueillait en même temps la salive. Pendant cette galvanisation, le sang ne coula plus en jet bien évident par la veine , peut-être parce qu'on avait détruit une des deux artères de la glande et diminué la quantité de sang que cet oi^ane contenait. Alors on galvanisa le bout supérieur du nerf sympathique, et l'on vit que la circulation diminuait peut-être un peu plus facilement dans la glande que dans les expériences précédentes, avant
qu'on eût coupé Tartère postérieure ; ce qui ferait supposer que peut-être les filets qui agissent sur les vaisseaux de la glande suivaient en partie cette artère postérieure qui avait été coupée.
Mais à ce moment on observa ce fait singulier, que la galvanisation du sympathique amenait un écoulement de salive très abondant, et cette salive était tellement visqueuse, qu'elle ne tombait plus par gouttes, mais par un filet abondant, visqueux et continu. Quand on arrêtait la galvanisation, cet écoulement cessait, et si après quelques instants de repos, on galvanisait la corde du tympan, on avait un écoulement par gouttes et présentant la viscosité ordinaire de la salive sous-maxillaire. Ce qui montre évidemment que le nerf sympathique qui agit en arrêtant la circulation ne peut pas ajouter d'eau à la salive, tandis que la corde du tympan qui active la circulation augmente peu la quantité d'eau qui passe dans la salive.
On a répété plusieurs fois cette dernière expérience avec le même résultat.
On acheva alors de séparer la glande des tissus environnants en détachant les conduits salivaires et une portion de la glande sublinguale. De sorte que la glande ne tenait plus en réalité au corps que par la petite artériole qui entre dans son hile. On avait encore eu soin de la décortiquer et d'enlever tous les filets nerveux qui pouvaient l'accompagner. De sorte qu'il était permis de regarder la glande comme aussi complètement paralysée que possible.
Alors la circulation était devenue excessivement faible
dans la glande. Cependant, si l'on galvanisait la corde du tympan, on voyait encore la circulation s'accélérer, ce qui prouve bien évidemment que l'action de la corde du tympan est un phénomène actif.
A ce moment il n'y avait pins écoulement de salive, lorsque la glande était tout à fait paralysée; mais cela pouvait tenir à ce que la circulation était gênée dans la petite artériole de la glande, et ce qui le prouve, c'est qu'on coupa cette artère et qu'il en sortit à peine dfl sang en bavant. Il fallut diviser le tronc de la faciale qui lui donne naissance pour avoir du sang. Alors le sang s'échappa par jets, et Fon en recueillit une petite capsule pour comparer sa quantité d'eau à celle du sang veineux qui avait été recueilli pendant la sécrétion.