LYMPHE
expériences, et qui, ayant eu le pneumogastrique coupé du côté droit soixante et onze jours auparavant, présentait encore du côté de l'œil les phénomènes caractéristiques de cette opération.
L'animal étant au commencement de la digestion, on fit les expériences suivantes :
i* L'animal étant chloroformisé et insensible, on découvrit du côté droit l'artère carotide et le pneumogastrique ; on prit le tronc lymphatique situé au-devant de la carotide, et l'on introduisit dans son bout supérieur un petit tube à fistule salivaire, pour recueillir de la lymphe.
"if On recueillit la lymphe qui coulait goutte à goutte, et l'on crut remarquer que pendant la chloroformisation l'écoulement de la lymphe était plus actif. Pendant qu'on galvanisait le bout supérieur du pneumogastrique droit, au-dessous du point où il avait été anciennement coupé, l'écoulement de la lymphe semblait s'arrêter, pour devenir plus actif quand on cessait la galvanisation. Cet eflet avait lieu, quoique la galvanisation du nerf ne fait pas dilater la pupille ni saillir l'œil, comme cela eût eu lieu, si le nerf n'eût pas été coupé antérieurement.
9r Alors on injecta dans la veine jugulaire, du côté du cœur, une dissolution contenant du sucre de canne, de l'iodure de potassium et du prussiate de potasse.
On éthérisa ensuite de nouveau l'animal, et Ton remarqua encore que l'écoulement de la lymphe était accéléré pendant cette opération.
A* On examina ensuite comparativement la lymphe recueillie avant l'injection dans le sang des substances
EXPËRt£!«GES. ftll
indiquées, et la lymphe recueillie après cette injection. On constata que la lymphe recueillie avant se coagulait bien et contenait un peu de glucose, mais ne renfermait pas de sucre de canne ni d'iodure de potassium, ni prus* siate de potasse.
Après l'injection, la lymphe coagulait également bien et renfermait du sucre de raisin, du sucre de canne en petite quantité, de Tiodure de potassium, mais pas sensiblement de prussiate de potasse.
Eœp. — Sur un chien à jeun déjà affaibli par beaucoup d'opérations, on découvrit du côté droit le tronc lymphatique, au-devant de la carotide, et Ton y introduisit un petit tube. On constata :
1" Que la lymphe coulait goutte à goutte lorsque l'animal était calme; il en coulait alors de quatre à six gouttes par minute. Lorsqu'il faisait des mouvements de déglutition, par suite d'une application de vinaigre sur la langue, l'écoulement de la lymphe était accéléré et était de huit à dix gouttes par minute.
Quand on souleva fortement le paquet vasculaire et nerveux du cou, Técoulement de la lymphe fut gêné.
Lorsqu'on malaxait le cou , l'écoulement était accéléré, de même que lorsqu'on bouchait le nez à l'animal pour lui faire faire des efforts. En un mot, toutes les causes qui pouvaient augmenter la circulation veineuse semblaient accélérer la circulation lymphatique. C'est ainsi qu'en soulevant la tête de l'animal, la lymphe coulait plus vite que lorsque la tête est pendante.
â*" On injecta alors dans la veine jugulaire droite^ du côté du cœur et lentement, 80 grammes d'eau froide
il 3 LTMPHB.
tenant en dissolution & grammes de sucre de canne, 0s%5 de prussiate jauue de potasse, 0b%5 d'iodure de potassium; et tout de suite après Tinjection on commença à recueillir la lymphe qui s'écoula pendant la demi* heure qui suivit l'injection. On avait également recueilli du sang de la veine jugulaire avant Tinjeciion , et Ion en recueillit une demi-heure après.
3° On compara alors le sang et la lymphe recueillis avant et après l'injection.
La lymphe d'avant l'injection était légèrement jaunâtre, ne s'était pas coagulée deux heures après, était alcaline, et ne donnait pas de réduction par le liquide cupro-potassique.
La lymphe recueillie après l'injection était à peine coagulée après deux heures. Elle ne donna pas de réduction par le liquide cupro-potassique, et après l'avoir fait bouillir avec Tacide sulfurique, on n'y dénota pas d'une manière évidente la présence du sucre de canne. 1^ présence du prussiate de potasse, et celle de Tiodure de potassium n'étaient pas appréciables, en opérant pour l'iodure de potassium avec l'amidon et le chlore, et pour le prussiate de potasse avec le persulfate de fer, en ayant eu soin d'aciduler la liqueur avec de l'acide acétique étendu.
Mais ensuite on se servit, au lieu de chlore, d'acide azotique nitreux, et l'on découvrit une coloration bleue qui dénotait d'une manière évidente la présence de l'iodure de potassium; ce qui prouve que ce réactif est plus sensible que le chlore.
Le sang recueilli avant l'injection ne renfermait pas
EXt>ÉRIENCËS. àlâ
de sucre. Celui recueilli après l'injection ne renfermait ni sucre de canne, ni sucre de raisin, ni prussiatede potasse, ni iodure de potassium. Ce qui prouve que ces substances s'étaient éliminées, sinon en totalité, mais assez cependant pour que la quantité qui restait fût inappréciable. Si la lymphe ne renfermait que des quantités douteuses de ces substances, c'est que la lenteur de l'écoulement, n'étant pas en rapport avec la rapidité de l'élimination, ne permettait pas qu'on en recueillît une quantité suflSsaûte pour y dénoter d'une nianière bien évidente la présence d'une substance éliminée par cette voie.
4" On coupa alors le pneumogastrique du côté droit, et l'on remarqua aussitôt que Foreille de ce côté devint chaude et injectée, tandis que celle du côté opposé ne présentait pas les mêmes phénomènes. L'œil était plus petit et présentait les déformations signalées.
On remarqua qu'aussitôt après la section du nerf, l'écoulement cessa complètement par le tube.
On galvanisa ensuite l'animal ; l'écoulement ne reparut pas, ce qui fit penser qu'une obstruction existait dans le tube. A l'autopsie de l'animal, on trouva qu'en effet le tube était bouché par. un caillot, et qu'audessus le vaisseau lymphatique était gorgé de lymphe.
Dans l'urine de l'animal on constata la présence de l'iodure de potassium, du prussiate de potasse, puis du sucre de canne ; c'est-à-dire que l'urine ne réduisait le liquide cupro-potassique qu'après avoir préalablement bouilli avec l'acide sulfurique et avoir été saturée ensuite par la craie.
4i& LIQUIDES P^ANIMAUX DIVBtS.
EoDf. (9 novembre 1852), - Trois cbiens av^eat été mis à rabstinence pendant quatre jours.
V chien. - Pèse A379 grammes. Il reçoit aprèa les quatre jours de diète 260 grammes d'eau ordinaire par jour; on l'ingère avec une isonde. Il présente 19 respi* rations et 90 pulsations par minute.
2' chien. -^ Pèse 4910 grammes. Il reçoit ton» les jours 270 grammes d'eau tenant en dissolution 20 gram* mes de gélatine. Il présente alors 20 respirations et 160 pulsations par minute,
.Vcftfen, r^ Pèse ft86& grammes; reçoit par jour 270 grammes d'eau, plus 20 grammes d'amidon. Il présente, au bout des quatre jours d'abstinence, S/» respirations et 8/i pulsations par minute,
Les deux premiers obiens, celui qui reçoit de l'eau et celui qui reçoit la gélatine, sont plus jeunes.
On conservâtes animaux jusqu'au 13 « alors on les qw^rifia, et Ton examina leurs liquides.
1" Chien à l'eau : Lorsqu'on le sacrifia, il avait 80 respirations et 80 pulsations par minute, Il fut sacrifié par la ligature de la trachée.
On recueillit succwivementlesang de la veine porte, des veines hépatiques, le liquide cépbalo-racbidien, Le lendemain on examina les sangs, qui étaient tons coa^ gulés et donnaient du sérum-
Le sérum des veines sus-hépatiques seul réduisait directement par le liquide bleu, Le chyle est légèrement opMin dans le canal tboracique. L'urine est neutre et ne contient pas de sucre; la décoction du foie est jaunâtre et limpide.
2" Chien à Ift gélatine : Respiration, tti; pulsations, iOû. Le chien est sacrifié par la ligature de la trachée. Son ehyleest opalin; Turtne est légèrement acide; la déceetion du foie est opaline,
â* Chien à Tamidon : Respiration, 30 ; pulsations, 8/i. Ce chien est sacrifié aussi par la ligature de \b^ tracée. On constate que le chyle est transparent; la décoction du foie est opaline; les urines sont acides.
jBa?/).— Petit chien King's-Charlesà jeun. Ilprend 18%3 de prussiate de potasse dans une tasse de lait. Après vingt-cinq minutes, Tanimal est sacrifié par la section du bulbe rachidien. Aussitôt après la mort, on ouvre le ventre sans ouvrir la poitrine, et l'on recueille le sang de la veine porte; puis on examine les vaisseaux obylifères qui sont extrêmement ténus, à peine visibles, et ne contiennent que de la lymphe légèrement opaline.
On mouille les vaisseaux lymphatiques avec du persulfate de fer très acide, et on les coupo afin de dénoncer la présence du bleu de Prusse; mais on n'obtient pas de coloration bleue. Ensuite on ouvre le tborai^ , et l'on prend le canal tboraciquequi pontient de la lymphe opaline, dans laquelle on ne conutato pas non plus la présence du prussiate de potasse d'une manière éyi^ dente. On constate ensuite que dans les bfissinets la présence du prussiate de potasse peut être fiMiilement démontrée, quoique en petite quantité'
On examine ensuite l'estomac et Tintestin. t'pstomac contient le liquide que l'animal a bu; Vintestin grôle e^i vide et pâle, comme cela a lieu cbei los animaux à jeun . L'intestin grêle ne contient point de liquide, excepté un