‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofule considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritisChapitre 3 sur 131 · VJ PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

VJ PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION

Dans nos leçons de 1855, j'ai fait voir la nécessité d'abandonner les doctrines organopathiques pour revenir aux principes de la médecine antique, c'est-à-dire ù la médecine d'observation.

J'ai enseigné que les lésions de la peau n'étaient pas des maladies, qu'elles constituaient simplement des affections ou des symptômes de maladies.

J'ai tiré de là cette conséquence que Tétude isolée des affections de la peau n'était qu'une partie de la séméiotique cutanée, et exigeait, pour être bien comprise, la connaissance antérieure de la médecine générale et de la nosographie.

De plus, j'ai attiré l'attention de mes auditeurs sur ce fait capital trop longtemps oublié, à savoir que les lésions de la peau, comme celles de tout autre organe, peuvent être produites par des causes extérieures ou survenir sous Tinfluence d'une cause interne, d'où la division très naturelle des affections cutanées en deux classes : la première comprenant toutes les éruptions de cause externe, la seconde toutes les éruptions de cause interne.

Dans la première classe se trouve un groupe d'affections confondues jusque-là avec les affections de cause interne : je veux parler des affections cutanées parasitaires, qui ont fait l'objet de mon cours, à l'hôpital Saint-Louis, l'été dernier.

Ces éruptions dermophy tiques^ si variées, si curieuses dans les formes multi|)liées sous lesquelles elles se présentent à l'œil de l'observateur, méritaient par la spécialité de leur cause, par leur caraclère contagieux et par leur thérapeutique, véritable triomphe de la médecine, de former une famille à part. Grâce à Dieu! aujourd'hui cette fa-

PtlÉFACE bE LA PREMIÈRE ÉDITION. Vij

mille est établie sur des bases solides; nous n'avons plus à craindre réparpillement des genres qui la composent.

Les éruptions de cause interne sont des difformités ou des affections pathologiques.

Aux éruptions congénitales se rapportent les nœvi^ Yichihyose^ qui n'est qu'un vice de cx)nformation du tégument externe.

Les éruptions palhologiques, nombreuses et variées, sont les exanthèmes et les impétigines de Frank.

Ces dernières forment la grande classe des dermatoses diathésiques et constitutionnelles, si répandues dans le monde et si communes à rhôpital Saint- Louis.

Vulgairement désignées sous le nom de dartres^ les impétigines de Frank ont été distinguées d'après la forme anatomique élémentaire, et transformées en maladies par les wilianistes, qui en ont donné la description sous les noms d'eczéma, de lichen, d'impétigo, etc.

Pour moi, ces dartres ne sont que des symptômes; elles ne sont que la traduction, sur les membranes tégumentaires d'états morbides, à retours périodiques, qui ne deviennent continus qu'après un temps souvent fort long ; mais, de même que toutes les maladies périodiques (l'épiiepsie par exemple), ils n'en sont pas moins des unités pathologiques, toujours identiques, bien que parfois le malade, dans l'intervalle des ac^^ès ou des poussées^ semble jouir en apparence d'une santé parfaite.

Si dissemblables qu'elles soient par la forme élémentaire, les daiires se rattachent prescpie toutes à quatre principes ou plutôt à quatre maladies : la scrofule, la syphilis, Therpétisme et l'arthritis ; d'où quatre catégories d'éruptions

Viij PRÉFACB DR LA t^REHIÊRE ÉDITION.

constitutionnelles : scrofuleuses, syphilitiques, dartreuses et arthritiques.

J'ai fait connaître les caractères propres de chacune de % ces variétés, j'en ai indiqué les signes différentiels.

Quand la dartre est simple, c'est-à-dire quand elle est le produit exclusif d'une seule diathèse, le diagnostic est facile ; malheureusement, on a souvent affaire à des éruptions cutanées complexes, et, comme je l'ai dit ailleurs, lorsqu'il faut faire la part des influences mécaniques, la part du parasitisme et des combinaisons diathésiques , l'homme de l'art le plus exercé, le plus initié à la connaissance des affections de la peau, peut éprouver de très sérieuses difficultés, dont il ne triomphera qu'à force de patience et d'attention.

1" mars 1858.

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