‹ Leçons théoriques et cliniques sur la scrofule considérée en elle-même et dans ses rapports avec la syphilis, la dartre et l'arthritisChapitre 41 sur 131 · PARTIE SÉUrOTIQrE, 7S · texte numérisé non relu

PARTIE SÉUrOTIQrE, 7S

Les affections syphilitiques viennent plus souvent par poussées générales, assez habituellement accompagnées de douleurs plus ou moins vagues et profondes, offrant ce caractère particulier de s'exaspérer pendant la nuit.

Elles sont destructives des tissus, et laissent après elles des cicatrices et des stigmates qui mettent sur la voie du dia* imostîc.

Elles sont fixes, ne se déplacent pas, n'alternent pas les unes avec les autres.

Elles affectent des sièges spéciaux sur tous les systèmes o& on les rencontre, se montrant d'abord sur les membranes tégumentaires, d'où elles se répandent sur le système lym« phaliqae (ganglions et cordons), et plus tard sur l'appareil locomoteur et les viscères. \

En6n, outre les produits ordinaires de toute inflammation qu'elles font naître, elles donnent lieu encore à deux produits spéciaux : la gomme et le tissu fîbro-plastique.

S s. ^ Scrofole.

Ses accidents ne sont pas inoculables.

Elle attaque de préférence le jeune âge. La cause occasionnelle n'est pas spécifique ; on la trouve dans les révolutions physiologiques des âges, dans l'action des agents physiques, dans les causes mécaniques, etc.

Les affections scrofuleuses n'ont pas la double tendance que Ion observe dans les affections syphilitiques : on ne saurait les partager en résolutives et ulcératives. Toutes, elles tendent à produire l'hypertrophie et l'ulcération des tissus.

Biles sont généralement indolores, surviennent sour-

dément, et augmentent gradaellement , accompagnées de réaclion incomplète, de phénomènes subinflammatoires.

Comme les affections syphilitiques, elles sont destractives, rongeantes, perforantes, et laissent après elles des stigmates ineffaçables, qui mettent aussi sur la voie du diagnostic.

Gomme les affections syphilitiques, elles sont fixes, ne se déplacent pas, n'alternent pas les unes avec les autres.

Elles affectent aussi des sièges spéciaux sur les systèmes o& on les rencontre. On les voit apparaître tout d'abord sur les membranes tégumentaires; elles se répandent de là sur les lymphatiques, où elles déterminent l'engorgement, l'agglomération, de ces ganglions, des tumeurs souvent énormes, dures, bosselées, caractères qui les distinguent en général des gangliites syphilitiques. Plus tard aussi, les affections scrofuleuses se déclarent sur l'appareil locomoteur et sur les viscères.

Enfin, outre les produits inflammatoires communs, les affections scrofuleuses développent encore deux produits spéciaux, le tissu fibro-plaslique et le tubercule, qui cependant ne leur sont pas exclusivement propres, puisque le tissu fibro-plastique leur est commun avec les affections syphilitiques et le tubercule avec les affections de la phthisie essentielle.

3 s. — INirtrc.

Ses accidents ne sont pas inoculables.

Les affections dartreuses sont plus communes chez Taduite que chez les enfants. La cause occasionnelle échappe le plus souvent à l'observation.

PÀRTIB SiHIOTIQUE. 75

Elles sont en général superBcielles, légères, mobiles; se déplacent facilemenl; se transportent avec la plus grande facilité, soit d'une région à une aulre région d'un même système organique, soit d*un système à un autre, avec ou sans transformation de la modalité pathogénique. — La dartre a la peau est une inflammation : cette inflammation se supprime brusquement, et le dartreux est pris d'une névralgie, d'un catarrhe ou d'une hydropisie. La métastase appartient essentiellement aux affections dartreuses et arthritiques.

Elles ne sont pas destructives des tissus qui en sont le siège, et ne laissent après elles que des maculatures, et non des cicatrices indélébiles.

Elles ont un siège spécial, débutent sur les léguments, qu'elles parcourent par toutes sortes de sinuosités avant de s*y fixer d'une manière déûnilive ; elles quittent la peau, à diverses reprises, pour se montrer sur le tégument interne, sur les systèmes nerveux, séreux, synovial, et se fixent enfin ou sur les viscères seulement, ou simultanément sur la peau et sur les viscères.

Nous ne savons pas si les affections dartreuses donnent lieu à un produit morbide spécial; mais, en tout cas, nous ne le connaissons pas encore.

Les anciens, qui admettaient un virus dartreux, croyaient que ce virus pouvait se traduire au dehors sous la forme de presque toutes les maladies : ils reconnaissaient des pleurésies et pneumonies dartreuses. Je ne saurais bien certainement partager une pareille manière de voir, qui n'avait d*autre fondement qu'une hypothèse absurde *, mais l'observation m'a conduit à admettre la nature dartreuse de l'asthme sec, et aussi de certaines bronchites capillaires, désignées au-

76 ORS MALAIHES CONRTITUTIONÎÏKIXFS EN GÉNÉRAL.

Irefois sous le nom de pérîpneumoine fausse (peripnoumonia noiha): enfin de certaines lésions du foie encore peu connues, mais dont Télude pourra peut-être, dans un avenir prochain, permettre d'assigner les véritables caractères de la lésion viscérale propre à la dartre.

§ 4. — anhrlttii.

Pas d*inoculabiiilé.

N*atlaque pas la première enfance, ou du moins ne Taltaque que très rarement.

La cause occasionnelle des affections se trouve presque toujours dans les influences météorologiques.

Les inflammations de nature arthritique se rapprochent des inflammations franches, des phlegmasies. Elles sont essentiellement résolutives, aussi bien les inflammations des jointures que celles de la peau ou des viscères ; elles ne sont ni suppuratives, comme les inflammations scrofuleuses, ni séro-albumineuses et épithéliales, comme les inflammations dartreuses.

Les affections arthritiques, comme les dartreuses, sont mobiles, se déplacent facilement, voyagent de la peau et des muqueuses sur les séreuses et les synoviales.

Elles ne sont ni destructives des tissus ni perforantes, comme les affections syphilitiques et scrofuleuses.

Les affections arthritiques, comme les affections dartreuses, soit sur la peau, soit sur les nerfs, s'accompagnent de douleurs plus ou moins vives-, mais le caractère de la souffrance n'est pas le même dans les deux ordres d'aflections.

Elles affectent aussi un siège spécial sur les membranes tégumenlaires.; elles voyagent des muscles et des articula-

PARTIS SÊMlOtlQt'E. 77

lions sur les muqueuses et la peau, reviennent aux articulalions pour s'y fixer définilivement; puis elles attaquent les viscères, le cœur et ie poumon en particulier.

Enfin elles donnent lieu à un produit morbide spécial, le tophus.

Les mabdies constitutionnelles peuvent être confondues enlre elles ou avec les diatbèses qui s'en rapprochent par la comimmauté des produits morbides (diatbèses tuberculeuse, eaocéreuse, etc.). On peut aussi les confondre avec la plupart des maladies qui présentent dans leurs manifestations pathologiques, anatomiques ousymptomatiques, des points de contact avec elles, comme les phlegmasies, les hémorrhagies, les hydropisies, les catarrhes, etc.; et il faut avouer que, dans bien des cas, Terreur est difficile à éviter.

Ainsi, vous nous voyez, chaque jour, hésiter en présence d*une affection, soit de la peau, soit de systèmes plus pro«fondément situés, des os ou des viscères : TafFection est-elle scrofuleuse ou syphilitique, dartreuse ou arthritique? Nous restons dans le doute.

Ge qui rend bien souvent le diagnostic obscur, c'est la réunion, sur le même sujet, de plusieurs maladies constitutionnelles. Les complications sont difficiles à reconnaître, parée que, dans toutes les maladies constitutionnelles, il y a des affections du môme système organique, presque identi- <|ttes dans leurs manifestations symptomatiques, et dont les caractères spéciaux échappent même à Texamen le mieux lait, le plus approfondi.

Prenez pour exemple un sujet atteint de scrofule, qui a eu de la scrofule primitive, des gourmes et de rophlhahnio, qui est encore actuelleirfent sous Tempire d'une poussée gan-

78 DES MALADIES CONSTITUTlONMBLbBS EN GÉNÉRAL.

glionnaire en suppuration ; sMl survient sur le tronc une éruption squameuse ou pustuleuse, vous pourrez avoir af* faire à une lésion tardive de la première période de la scrofule, ou bien a une éruption de nature syphilitique ou dartreuse....En Tabsence de caractères spéciaux bien déterminés, il vous sera difficile de vous prononcer. C'est alors que, pour établir votre diagnostic, vous serez réduits à interroger la vie du malade, à vous informer des maladies qui ont régné dans la famille, atin de rattacher, s'il est possible^ cette éruption nouvelle aux affections anciennes. Toute maladie constitutionnelle représente une progression arithmétique ; l'affection actuelle est le terme connu : il faut partir de ce terme pour aller à la recherche des termes inconnus.

N'oubliez pas que beaucoup d'enfants reçoivent en héritage ; de l'un des parents, la scrofule; de l'autre, la syphilis; de l'un des parents, la goutte, et de l'autre, la dartre, et que, sous l'influence variable des agents physiques, les vices intérieurs, les diathèses^ éclatent ou simultanément ou successivement *, que les affections morbides qui en résultent marchent ensemble ou séparément, sévissant indistinctement sur tous les appareils organiques ; qu'aucune modalité pathogénique n'appartient en propre a telle ou telle maladie conslilutionnclle, et vous comprendrez pourquoi le diagnostic est si souvent hérissé de difficultés.

Vous distinguerez les affections propres de telle maladie constitutionnelle sur un système organique par leurs raj)ports avec les autres affections de la même maladie. C'est ainsi, par exemple, que l'éruption cutanée, de nature arthritique, alternera avec les rhumatalgies, tandis qu'une dartre essentielle sur un rhumatisant n'aura aucune influence sur

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